NEUVIÈME;STATION JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS
Comment est mort celui qui était mon appui et ma force !, et après vous, Ô Jésus ! tout mon bonheur en cette vie | Comment a-t-il disparu comme l’ombre, défailli comme l’eau qui s'écoule, ou comme un roseau qui se brise sous la main |... Ainsi devait-il donc succomber et renverser dans sa chûte tout le présent, l’avenir, dissiper jusqu'aux illusions de mon existence! O vanité des vanités humaines !
uon, Seigneur, tout n'est ici-bas que vanité ! ? ë
Fallait-il séparer, ô bon maître ! ce que votre amour et tant de liens sacrés avaient uni! et ainsi donc l'amère mort défait et divise toutes choses! 5 Fallait.il détruire
1 Ou bien : l'objet de toute ma tendresse.
2 Vanitas vanitatum et omnia vanitas |!
Eccles., ch. 12, v. 8.
3 Siccine separat amara mors? I Liv. des Rois, ch. 15, v. 32.
ce qui existait par votre volonté sainte, et semblait n'avoir de but que votre gloire!
Ah ! vous vous plaisez à confondre toutes les pensées de l’homme, Seigneur, à bouleverser les positions les plus belles, à répandre l’amertume sur les plus douces et les plus heureuses, à imprimer sur toutes, le ca chet du néant et surtout celui de vos douleurs et de votre croix ! parce que la pros périté nous corrompt et nous éloigne de vous, Ô Jésus! parce que les situations les plus pures ont toujours des taches à vos yeux, tant que le malheur et l’affliction n'ont point passé sur elles ; parce que notre cœur s'attache par mille liens à cette terre, alors même qu’il en parait le plus dégagé ; et que vous voulez, à Dieu ! que nous n’aimions et ne servions que vous seull
Pater, Ave, Gloria Patri.