‹ Constantinople et l'Égypte: avec un frontispice et une carte géographiqueChapitre 12 sur 39 · LES JUIFS · texte numérisé non relu

LES JUIFS

que quelques bijoui, quelques meubles, et quelques piastres turques.

Le véritable motif de la sentence terrible qui vint l'at* teindre est encore inconnu. On l'attribue à la convoitise du gouvernement despotique qui ordonna, à là parte At'^ maïdan, le massacre de cent Quarante odlas des jania^ saires.

Techapsi fut regretté non-seulement par ses toteli'» gionnaires, mais encore par les Turcs et les chrétiens. Après sa mort, les Juifs tombèrent dans un avilissement dont ils ne pourront sortir, tant que leurs lois religieuses seront aussi âbsolumenthostilesà la civilisationmodeme.

Les Juifs sont, de toutes les nations^ celle qui aa soutient et s'entr'aide le inieuXé Profondément séparée comme elle l'est, par sa religion^ de toutes les autres nations qui peuplent Constaûtinc^le^ isolée au milieu d elles, en butte à toutes lôs vexations imaginables, elle se trouve forcée de se soutenir et de n'abandonner au-** cua des membres qui lui appartiennent. Ainsii quelle que soit la faute commise par uù d'entré eux, tous ses coreligionnaires prennent sa défense aux yeux du mo^de^ sauf à user de leur droit et à lui infliger un châtiment secret au milieu de sa tribu < S'il arrive qu'un Juif soit condamné à la peine capitale, la Communauté est tou** jours prête à faire toute espèce de sacrifiées pour lui obtenir une commutation de peine»

Les Juifs sont donc entre eux auimés d'un esprit de solidarité remarquable. Leur communauté répand d'a«« boudantes aumônesi et tous les particuliers an fimt au»

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tant. 11 suit de là qu'aucun mendiant juif ne s'adresse, pour demander l'aumône, à des personnes d'une autre croyance, et^ en la demandant à ses coreligionnaires^ il le fait avec fierté et même une certaine insolence ; cette fierté en haillons offre quelque chose d'étrange. Les aumônes presque incessantes que les plus aisés sont tenus de faire leur a suggéré un moyen ingénieux pour y satisfaire sans en sentir trop le poids. Ils ont subdivisé la valeur de la monnaie la plus petite ayant cours dans la capitale. Cette valeur est le para^ qui représente les deux tiers d'un centime. Moyennant de petits morceaux de cuivre portant l'empreinte d'un bacal, ils font laumône avec deux neuvièmes de centime. Le bon marché des choses de première nécessité permet aux pauvres de vivre d'une générosité si économique.

Ce qui rend chez les Juifs les pauvres et les mendiants assez nombreux, c'est le grand nombre de mariages dans lesquels ils s'engagent dès leur enfance; engagement qu'ils regardent comme une obligation. C'est dans le but d'éloigner le libertinage, que, chez eux, les jeunes gens contractent le mariage à seize ou dix-sept ans. On ne doit donc pas s'étonner si les quartiers habités par les Juifs fourmillent d'enfants. Si la peste, de temps à autre» ne venait décimer leurs rangs, cette nation se multiplierait à Tinfini.

Il existe aussi d'autres raisons qui empêchent les Juifs de prospérer. Ils se sont défendu l'exercice de certaines professions et de certains métiers. Presque tous ambitionnent la condition de marchand^ de changeur

LES JUIFS. m

de monnaies et de courtier : ils ont en aversion les tra^ YEUX de la terre et répugnent aux périls et aux fatigues de la mer.

On les voit rarement émigrer. Us aiment mieux languir dans la nusère et dans la paresse, et demander le para au passant juif, que d'aller travailler dans des pays où leurs bras trouveraient à s'occuper.

La communauté juive, dans l'intention d'éviter tous ces inconvénients, pourvut, il y a quelques années^ aux moyens de faire transporter, à ses frais, en Syrie un bon nombre de familles. Une mesure si sage ne trouva aucun obstacle de la part du gouvernement, et les émigrants, non*seulement firent la traversée abondamment munis de tout ce qui leur était nécessaire, mais ils eurent encore le bonheur de voir leur subsistance assurée pour plusieurs années, dans leur nouvelle patrie.

L'instruction, chez les Juifs de Gonstantinople, n'est ni profonde ni variée. L'étude a peu de charmes pour eux, et lis se soucient peu d'acquérir des connaissances littéraires et scientifiques. L'instruction élémentaire est cependant répandue et entretenue dans un grand nombre de leurs écoles. On voit rarement, même les familles les plus opulentes, envoyer leurs enfants en Europe pour y faire leur éducation. Les Juifs sont tellement attachés à leurs vieilles habitudes, que le moindre changement est regardé comme une dérogation à la loi de Moïse. Leur Bible est écrite en hébreu • Cette langue est la première qu'ils apprennent dans leurs écoles. Ils cherchent à faire des prosélytes, et c'est dans ce but qu'ils ont enlevé

lit COy STANTLNOPLE.

quelquefois des enfants d'autres religions pour les élever dans la leur.

Les Juifs de Constantinople ne connaissent plus la descendance des tribus. Ils pensent qu'à l'époque de Tinvasion de Samarie il y eut parmi elles une confusion qui atteignit au dernier degré» à la conquête faite par Titus. Les Goraïtes hébreux de la Crimée qui fréquentent Constantinople pour affaires de commerce, et qui n admettent que le Pentateuque, sont seuls regardés par les autres comme des hérétiques.

Quoique les Juifs n'aient qu'une seule femme, ils considèrent la polygamie comme admise par leurs lois. On a cité beaucoup d'exemples de polygamie dans le pachalik de Bagdad et en Arabie.

Indépendamment des impôts qu'ils paient au gouvernement ottoman comme sujets de l'Empire, la tribu en prélève d'autres encore dans son sein. La perception de ces contributions^ ainsi que leur dépôt» est confiée à des personnes respectables et d'une probité reconnue. Ce sont des contributions sur la viande, l'huile, qu'on emploie pour faire l'aumône aux plus nécessiteux, pour délivrer quelques-uns de l'esclavage, et pour couvrir certaines dépenses qui peuvent intéresser la nation entière.

Les maisons du bas peuple sont d'une saleté révoltante. Les femmes» dans leur ménage, exercent un pouvoir absolu» et on ne trouve pas en elles la docilité des femmes turques. Elles sont toujours prêtes à s'abandonner a la joie et aux plaisirs* Leur allégresse est toujours

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