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peut contenir dans son sein des centaines de bâtiments alignés.
Si Ton ne trouve pas sur le territoire de la Marrnorizza la riche végétation du Liban, la nature, à côté des caractères les plus sauvages, a en plusieurs endroits, sur les coteaux qui rembellissènt» les dehors les plus séduisants. Nous y remarquâmes l'animation curieuse, originale, qu'apportaient une armée de terre et une armée de mer stationnant dans cet endroit. Ici, des torrents qui se précipitent des cimes rocailleuses et hardies, déroulant dans le lointain des bandes argentées d'eau qui scintillent, comme un diamant à mille facettes, de tous les rayons du soleil qui les traversent; là, une forêt de mâts et de cordages qui suit les mouvements des eaux; plus loin, des bateaux nombreux allant et venant sans cesse, des nacelles de toutes dimensions, des embarcations gouvernées de mille manières; des kaïques, petites barques turques qui vont avec une grande agilité vendre des fruits à bord des bâtiments. Pendant qu'on voit des marins qui s'empressent à faire bouillir du goudron, on en voit d'autres qui, les mains suspendues en dehors des bâtiments, travaillent à les calfater et à nettoyer la raie de la carène; les uns déploient les voiles au soleil pour les sécher, les autres s'occupent à raccommoder leur linge et leur habillement.
Sur le rivage, des tentes abritent du soleil des soldats qui fourbissent leurs armes, font le pansage et disposent le feu de leurs fours de campagne ides pierres
ÊGYPTK.
DU dè9ftri|[]uai$i]vlesablei monté^^ld» nxm 9uf les autres) pour faire leur repas quotidien.
€e tnouYément; cette dctivité^ ces différantes oecu* |)ati6n^ d'une larn^ée sur une plage da la MédilffrraDée, offrent tout l^iotérêt que pourrait désirer l'imagination d'im artiste. A la tom'bée du jour, quand la nuit j^tetid oes voiles, quand les tambours et les fifres ne se fon4 plus entendra, f|naad les lumières s eteigaedt dans Je ç^tnp et à bord des yaisseaui, quand le canon amiral a donné le Bignal du repos absolu un autre bruit M^cèdeà se* lui qui ¥ienit de finir. Ce sont les hurlements d^ b^te^ (é* rooeeqai pareourent lea rivages pour dévorer les restes 4fe nourriture que les toldats et les marine y ont laissa.
ilie|>ayB dé la iMarmorizsa n et^t qu'un gi^oupe de <iabanes sans ordre» màlprbpres H mal bâties. ÂutreE^, U étak- défendu par un petit château qui poeupe upe tcès-4»elle position; mais aujourd'hui t» ne soni pUis que des i^nines. La population est turque ; elle ne ^ftit c[n6 fuâièr,, et observer airéc une indifféreûoe marqu^Çf un iilence ealme^ ioomme les Turcs SieùJl^ savant i^ ^rder;
liés autofntés du pai^s feont l'aga et deux derviches. L'a^ remplit les lonûtions de ^uverneur; les dervji^hes, qnt «ont considîÉréB comme de$ aavianta, jouiâ^efut de la p\vè% hauite donstdératiKMî. Toutes kure /pa;Toles> tous leurs actes, tous leurs caprices sont regardes ooiuiiie Teffi^ d'une inspiration divii ne, en aorte qu'il leur est tpè8t4iacilev ôfaez uo peuple ignorant eurtout» de ea<^her tmt]QN4Âl^^ laTeldgion kuravidité ei même leurs vio0s.
lIETOim m ÎTALOS. f^
Ait DMobi^ (}eB fburberiiBs qu'Us omptoi«i)t pmt m imposer aux crédules, on doit remarquer oelle$ dont ils «e sarvent en médecine. Us font des ordonnances qui bessblent avoir utie pr<ipriéi<^ mîraculQUse poAr goérir les malades. Ces 0rdoiinanc6s sont de pkffLits i})0)rice!(ux de papier imbibé d-nb liquide saturé d*éiiiétîqae. et sur lequel i Is meCtôi/t leur signa tu re ^pf èe T^Voir tniMécher . Ih prescrivent au^ malades de les tnetU?e ^daHs deus Qu trois onees d*eau fi de les avaber. Laiguérisoo, si gu^ri* sèn il y a, est attribuée au nom que le derviebe ;a éf^rit, ear les pan vres diables qui y croient sottilâln de pen$er iqne le morceau de pafkter qu'ils ont s^valé e^t ivi-mêtne ttnemédeeine.
Tandis qne les^rss'éomlaienttlaos l'inalcjLi^a dans laquelle nous vivions^ nous apprifoes qne lés T\xt9^ ^e livmient à de barbares excès iqd Syrie^ ^t qi^e \^ babit&nts qui avaient cimtribué à les metiare en po9069§ira (le leur terre étaieoit {>rëls à se revolter.
Le coimntidare Napier, 'sn^r lequd j^epoMtit tou4^ Ja mpbnsaibilité de 1 expédition, pniit îmmpdiftte^Mt dies mesures pouk* que te fruit de lai caifnrpagQe doni H UVait 4ié le bras et la itète iie iût paiscosopromi^ p^ l'inintéUigence et la brutalité ^ie ceux qu'il étfût ymu ^- ««ou*pir. î
Mes lecteurs ne me saurontpas ihani/^îè gpéii)'?Rjsuis «âr, ^ lenr donner sur le commodore Dltipi^r (jjnelqnes détails qui montreront que labélébrii» qu'il s'est acquise est justement méritée.
Napier^ par i'éteçdue dfO ^on çspfit^ son e^péfiwce
militaire^ 8à fermeté, était le seul qui pût mener l'expédition d'Egypte à bonne (in.
Laborieux, infatigable autant qu'on peutTètre, il est à cheval dès la pointe du jour. Imperturbable en face du péril, il pénètre tout seul dans le camp ennemi^ en examine les positions, et en calcule les forces avec la même tranquillité d'esprit que s'il faisait ce travail dans son cabinet. Il gravit les montagnes, parcourt les déûlés, visite chaque grotte, tient compte des plus petits chemins, comme un oflicier d'état-major chargé de dresser la carte d'un pays. Au besoin, il se met à la tète d'une compagnie de montagnards, les place en embuscade, et tout-à-coup fond avec eux sur les ennemis. Le coup de main fait, il regagne le camp, rentre sous sa tente, écrit des ordres aux scheiks et aux officiers, tout en s'entretenant de diplomatie, de politique et d'administration avec ceux qui l'entourent. Bientôt après, il quitte la plume, et, coiffe d'un chapeau de paille à larges bords, vêtu d'une redingote bleue, une canne à la main, il se rend aux fortifications, examine les terre-plains, ordonne défaire des retranchements, et au besoin travaille avec les soldats qu'il commande. Il n'attache d'importance aux décorations qu'autant qu'elles sont le prix du mérite et de la valeur. Plus d'une fois on l'a entendu dire qu'il vaut mieux une heure de gloire qu'un siècle de vie.
Quelques officiers lui ayant fait observer qu'il était impossible de conserver la flotte sur les côtes de la Syrie l'hiver, il répondit que les bâtiments ayant été construits, ou popr^ 86 rompre, ou pour se perdre^ un marin de-
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vait toujours se tenir prêt à toute espèce d'événements.
Le Commodore Napier a contribué plus que personne à soumettre la Syrie. La guerre dans cette contrée se fait d'une manière toute différente que celle d'Europe, et les obstacles à vaincre pour les Européens y sont de nature à désespérer et à dérouter un général qui ne les aurait pas étudiés avant de commencer la moindre de ses opérations. Dans l'expédition de la Syrie, le commodore Napier ne se laissa jamais rebuter par aucun obstacle. Il étudia le pays, le caractère des habitants et les circonstances qui pouvaient lui être favorables, avee une prudence et une audace au-dessus de tout éloge. Pen « dant que son escadre était dans la rade d'Alexandrie, il s'avançait déguisé, et ordinairement sans suite , dans l'intérieur des villages, gravissait les montagnes, et entrait dans les cabanes des montagnards pour les interroger sur leurs dispositions. Dans les courts loisirs que iui laissaient les nombreuses et importantes affaires qu'il avait à traiter, il s'entretenait avec îes cheiks à l'ombre de leurs terrasses pour pénétrer leurs sentiments et s'instruire sur le caractère et les intentions des populations qu'ils administraient.
Ce fut par ces excursions qu'il sut que les Maronites, une grande partie des Ansariens, des Métualis et des Druses étaient prêts à se révolter, et qu'ils n'attendaient, pour mettre leur projet à exécution, que d'être appuyés par un corps d'armée européen, quel qu'il fût.
A la suite de cette conduite si soutenue, si glorieuse pour un chef militaire , le commodore Napier quitta
i7d EGYPTE.
Beyrouth vers la fin de novembre^ suivi de six vaisseaux, et se présenta devant Alexandrie pour faire d'autres propositions au vic&'roi) qui accepta enfin les conditions que le Sultan et les puissances alliées lui imposaient» c'est-^ a-dire d^ restituer la flotte turque et d'abandonner la Syrie» en ne conservant béréditairemeot TÉgypte qu'en qualité de pacba tributaire de la Porte. Ces conditions acceptées après le départ de la Guerrieraj la flotte ar<* riva dans le port de Marmorizza, et de là passa à Constantinople, tandis qu'un envoyé égyptien invitait Ibrahim à se retirer de la Syrie.
L'expédition d'Egypte ayant atteint le résultat qu'on s'était propofté^ un ordre du 20 janviw 18il nous rap<pela à Trieste, En mettant à la voile, tious fûmes salués par toutes les batteries des alliés et accompagnés par mille déiûonstrations de sympathie et de joie.
Le 4 3 février 9 nous prîmes mouillage à Trieste. Lape* pulation entière^ qui s'était pressée sur les quais, nous accueillit au milieu des acclamations les plus chaudes, en nous félicitant de la glorieuse réussite de nos armes. Une illumination générËile fut improvisée » et on nous fêta par toutes sortes de réjouissances.
Encore un mot iur Méhémet«^Âli. En résumé, une tentative gigantesque a été essayée par lui, celle de civi* User TEgypte sur le mode européen ; mais, n'étant pas fondée sur une expérience suffisante, elle a, comme un avortement terrible^ produit de violentes souffrances e un immense épuisement. Debout sur les ruines d'une œuvre qui semblait se préparer depuis des siècles. Me*-
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hémet-Ali a» selon toute apparence, accompli désonnais sa tâche. Le bien qu'il a fait le place dans un jour éclatant; il a largement recueilli sa récompense. Le bien qu'il eût pu faire a parlé aussi hautement, et l'exigence du monde civilisé est d'autant plus sévère qu'il a pris part aux luttes et engagé son honneur à la chute ou au succès du grand Pacha.
Quelques années de repos ont calmé les passions haineuses. S'il en existe encore, la mort qui a frappé Méhémet-Ali doit y faire un juste contre-poids. Devenue impartiale par l'équilibre d'intérêts contraires, l'Europe, en mesurant les moyens et le but, les efforts et les résultats, les obstacles et la réussite, comprend qu'une position éloignée a trompé l'optique des spectateurs, et que, faute d'être initiée au véritable état des choses, quelques actions lui ont paru sublimes ou odieuses, lorsqu'en effet elles n'étaient que des actions irréfléchies ou des nécessités subies à grand regret peut-être ; elle voit que mille ambitions étrangères de peuples et d'hommes se sont abritées sous ce régime, en troublant fréquemment à leur profit personnel et en entravant toujours sa marche régulière; et elle juge que si, dans ce retentissement et cet éclat, il s'est trouvé beaucoup d echos et de reflets, il y avait pourtant au fond une voix et une lumière ; c'est pourquoi elle dit : « Méhémet-Ali n'est point une grande gloire^ mais c'est une belle célébrité! »