INTRODUCTION
Il est , aux confins de deux mondes , une cité qui jouit en ce moment d'un beau privilège , d'un insigne honneur : celui d'attirer les regards de la France et de l'Europe tout entière. Cette cité c'est Constantinople , la Byzance des anciens , la Stamboul des Turcs modernes ; Constantinople dont le nom seul fait battre de diverses émotions le cœur du Chrétien et du Français.
Au Chrétien , que de souvenirs de l'histoire de l'Eglise ne rappelle-t-il pas, depuis le grand empereur, fondateur de cette capitale , qui , fermant l'ère sanglante des persécutions , fit asseoir avec lui le christianisme sur le trône I Constantinople , siège de l'empire d'Orient , c'est la ville des saints évêques, des patriarches, des illustres et éloquents docteurs ou confesseurs de la foi; c'est la ville des conciles — Après Jérusalem et Rome , quelle autre cité a , pendant plusieurs siècles , joué un plus grand rôle dans les annales du monde chrétien?
Au Français , le nom de Constantinople rappelle une ville dont le souvenir se trouve mêlé aux plus hau s faits de son histoire , à ces faits si prodigieux , que nos anciens chroniqueurs les appelaieut les gestes de Dieu par les Francs (Gesta Dei per Francos). La France n'a point oublié que son drapeau, vainqueur aux plus lointains rivages, a flotté jadis sur ces remparts. L'empire latin , fondé par les chevaliers