Constitution de l'industrie et organisation pacifique du commerce et du
Déjà depuis plusieurs jburf, cfiaque^oir pendant quet^ ques heures prises sur mon sommeil, je m'occupais à< rédiger ce projet d'organisation, que depuis long4emps je méditais, lorsqu'est survenue Tépouvantable collision d'avril , avec ses six journées de meurtre et de dévastation : c'est même au loisir forcé que ce terrible évébe^ ment m'a procuré, qu'il doit d'être prêt, car je l'ai achevé au bruit de la fusillade.
Plus le combat devenait sanglant, plus il me semblait, que quelque chose d'irrésistible, de providentiel me poussait à cette oeuvre de paix et d'harmonie; alors que l'incendie promenait ses ravages, que le canon retentis- ~ sait avec plus de fracas, il me semblait que chaque page écrite sous cette douloureuse inspiration devaitprévenir le renouvellement de semblables horreurs^
Et en effet, me disais-je, de quelquet:ôté que^e tourne la victoire, quel résultatdéfinitif aura4-elle : aucun.
Qu'est-ce que novembre a prodliit pour le travailleur f Rien , si ce n'est une confiance présomptueuse et une victoire embarrassante queproduira^ivrîlpourîepouvoir; rien autre qu'une fausse sécurité suivie trop tôt peut-être de nouveaux désordres^ de nouveaux désappointemens.
Chacun son tour pour le succès, mais tout succès dan»^ ce genre n'est-il pas pour le peuple une défaite réelle^.
Ainsi il en sera toujours de remploi de la force aveugle, quelque soit la main qui se serve de son joug pesant. On Ta dit mille fois le glaive tue et ne guérit jamais. La société est malade cependant, elle ne peut être tuée car elle est immortelle^ guérissons4a donc au plutôt, et rappelons-nous toiqours que la vengeance appelle la ven< geance, que la violence se nourrit elle-même, se. perpétue de ses propres forces, en répandant sur les hommes qui sont tous frères , Taversion , le ressentiment^ la haine, véritables poisons sociaux.
Travailleurs qui lirez cet écrit, vous ne pourrez douter de mon attachement à votre cause. Ecoutez ma voix •amie qui vous conjure instamment d'abandonner pour toujours , les moyens de violence, la lutte à main armée : trop de maux retombent sur le peuple qui en fait usage. Croyez-moi, reportez toute votre énergie vers le travail et ce qui pourra le rendre assuré et fructueux sur ce terrein pacifique , le triomphe vous attend.
Mais encore une fois , plus de combat, plus de sang , vous seriez toujours des victimes, dussiez-vous rester vainqueurs.
Et vous propriétaires, capitalistes, négocians, aidez liussi, je vous en prie, le développement d'un germe qui plus tard vous servira d'abri contre les orages ; jsi ^oppression du travailleur se prolonge rappelez-vous que la même cause reproduit inévitablement le même efet.
En présence de tous les désastres qui ont assombri l'aspeclt de notre cité, au nom de toutes les victimes que la guerre civile a confondues dans une même tombe, rallions tous nos efforts pour uneœuvred'barmonisation»
WMM 9gco<ca^9o— 88<ttgt M iBi<8<iii W
CONSnXUTIOM
Le 21 février itH , j'ai dit par une lettre écrite aux mutuellîstes Lyonnais :
« Tous les instans de ma vie seront employés à récla- ^ mer et établir un ordre social nouveau, qui garantisse « au producteur de toute richesse , une part plus équi- « tablé dans le bénéfice social , c'est-à-dire une organi- « Uition pacifique de Vindustrie. »
C'est un engagement immense que j'ai osé prendre ea face du public et au milieu même de mes concitoyens. Cependant j'ai promis, Je voudrais bien tenir parole !
C'est dans cette intention que je viens me faire M conseiller du travailleur, et lui dire avec toute l'effusion d'un homme qui ressent vivement ses douleurs , ce que j'ai imaginé de plus immédiatement praticable pour arri* ver à un résultat d'amélioration.
Et pourtant, je sais tout ce qu'aura de difficile Vexécution de l'œuvre que je viens proposer. Je m'attends aussi à la haine qui sûrement va s'amasser sur moi ; sur moi,
qui ne saurais YhdSi personne > et qui voudrais épargner tant d'angoisses à ceux qui vont me croire leur ennemi. Mais je leur pardonne d'avance, car je sais tout ce qu'il y a de contrariant pour beaucoup d'hommes, à changer quelque chose dans leurs^ penséea habituelles. Toute routine est si pénible à quitter ! Que ne sera-ce donc pas lorsqu'on leur demandera de se refaire une opinion différente 4e celle qu'ils ont cru vraie jusqu'à présent, et encort #ur un sqjet tel que l'industrie^ qui se lie d'une manière si intime avec l'individualité.
J'avouerai même qu'au point de vue où je me place en écrivant ceci, je ne compte avoir l'approbation que d'un nombre très-limité de personnes accoutumées à réfléchir. Pour ne pas être déçu dans un espoir qui me rendrait trop heureux, je me dis que l'ouvrier lui-même, pour qui je travaille plus particulièrement, ne me comprendra qu'à peine ou> pour mieux dire, ne me lira pas»
Mais qu'importe, advieqne que pourra! mon devoir est de dire ce que je crois bon et utile : je le dirai.
Au milieu d'upe société qui confond l'indépendance avec la liberté, où tout le monde voudrait commander et où personne ne veut obéir; où chacun voudrait être riche pour ne rien faire, parce que généralement celui qui travaille est pauvre « |e crois nécessaire d'indiquée le plus brièvement qu'il me sera possible, sauf à y revenir pl^s tard^ ce qui, selon moi, doit npua faire sortir d^ cercle vicieux où pous tournons f aos-cesse, tombant d'un mal plus petit dans un mal plus grand, à chaque effort que nous faifons pour nous ^Qustraire à ce qui nous opprime.
Qu'op ve a'atieode pas de ma part à de l'opposition au ipDUYernement , ou à du rodomoat^e politiqne. Peu» moi il ne s'i^git paa de flatter ni de blesser personne, mai»
c'est un {Mramier pas vers TaveAir que je voudraU aider k faire. .
« PuUié-je |)ar mes efforts apaiser Teffervesceiice des élémens déâor^oisateurs qui surgissent de toute part , et conjurer les tempêtes qui menacent d'abimer notre beau pays*
Après ce qne je YÎeos de dire, qu'on ne me demande pas à quel parti j'appartiens. On doit reconnaître déjà que je ne suis d'aucun : j'ajouterai même que dans ma pensée, je les trouve tous placés en dehors de la question à résoudre.
C'est aussi par celte raison que oHm* langage ne sera pas amer, car je ne viens pas donner un dernier coup aux ruines qui nous abritent encore , je ne viens pas dire ce qu'il ne faudrait pas , et me taire sur ce qu'il faudrait mais je viens de mon propre élan, avec résolution et bonne volonté, affirmer en criant de toute la force de ma voix, ce que je crois urgent de faire demain , aujourd'hui môme, pour donner satisfaction k tous les intérêts : et cela après avoir puisé k toutes les sources où j'ai pu atteindre, après m'être éclairé de toutes les lumières dont les rayons me sont parvenus.
Je le répète, je ne suis d'aucun parti politique, j'ai partout des amis, partout des affections, mais je ne suis lié à aucune société exclusive, je n'ai pas de serment k garder, je suis moi... dévoué tout entier à la grande famille humaine.
Le grand nombre de troubles, de raouvemens désordonnés, qui cnt eu lieu Sur différens points, et surtout ceux qui se sont passés à Lyon en novembre 1831, février et avril liHy sont trop graves par eux-mêmes et
ont trop retenti dans le monde civilisé, pour ne pas avoir fait refléchir Thomme préoccupé du bonheiiur de ses semblables, afin de découvrir les moyens qui pourraient prévenir d'aussi déplorables événemens.
Aussi chacun s'étant mi» à interpréter à sa manière ces émotions populaires, tandis que les uns affirmaient que les divers partis politiques se servaient du peuple à son insu, comme d'une macfhine à révolutions, d'autres attribuaient directement à sa démoralisation et à sa jalousie des classes riches , les soudaines et imposantes msmifestations de ses besoins.
Les uns et les autres cependant se trompaient en même temps qu'ils disaient vrai; leur erreur, c'est qu'ils ont pris les symptômes pour le mal, ils ont voulu porter un jugement général, alors qu'il ne fallait que constater des faits partiels, isolés, qu'ils ont eu le tort de considérer comme absolus, exclusifs. Ce qu'on ne sait pas assex, c'est qu'il y a de tout dans le peuple : considéré collectivement, c'est l'être le plus admirablement varié; ses connaissances sont spéciales et forcément circonscrites dans un cercle d'idées plus ou moins grand, mais toujours exigu ^ sauf de rares exceptions. Ses penchans et ses facultés^ ses besoins et sa position, tout cela est d'une magnifique direnûté : tout est multiple en lui. Et sa voix lorsqu'on l'écoute Tindique assez, tant ses accents sont incohérents et dissemblables.
Et c'est pourquoi le peuple est obligé pour mettre de l'ensemble dans son action sociale, d'instituer un chef investi de sa confiance et du pouvoir de le diriger.
Et c'est ce pouvoir et cette confiance que se disputent les partis, qui divisent la société en autant de camps ennemis les uns des autres ; car tous ne savent que renverser ou maintenir, aucun ne s'occupe sérieusement
d'édifier; tous n'ont pour nçioyen principal que la force brutale, aucun ne compte sur la persuasion comme moyen unique et suffisant .
£t cependant ehacun élève la voix au lailieu de cette Babel moderne, c'est un chaos de propositions contradictoires, un déluge de joumaux,mne profusion de discours écrits ou parlés; chacun assure que sob avis est le meilleur possible, et pourtant tous assignent au mal une cause différente;^ et ne sont pas plus d'accord sur le remède à appliquer.
Il y aurait sur les partis un livre énorme à faire , où Ton pourrait montrer les {détentions et le néant de chacun* J'avais pensé un moment à mettre en regard les trois ou quatre principaux ^ mais en y songeant mieux j'y ai renoncé, dans la crainte d'être entrahié à froisser mal à propos et sans le vouloir, beaucoup d'individualités , ce qui aurait été mal, car dans ma conviction j'admets que tous les partis, sinon tous les individus, sont de bonne foi.
Et d'ailleurs je n'aurais rien pu dire de nouveau, car ils sont tous assez habiles en matière de critique 1 Or pour savoir à quoi s'en tenir sur le bon et le mauvais côté de chacun, il ne faut que les consulter eux-mêmes alternativement.
Je préfère donc passer de suite à l'examen d'une opinion nouvelle , tout-à-fait en dehors de la politique, qui commence à se propager, surtout au sein des travailleurs. Forte de logique et de calcul, elle est ou sera partagée bientôt par tous les hommes dont l'esprit peut embrasser les questions générales dans leurs pluji hautes considérations y par tous ceux qui savent sonder la profondeur dçs causes et en prévoir les effets.
Ceux-là^ marquant du doigt la plaie, disent déjà avec le calme delà conviction :
Le peuple a besoin d'une amélioration physique, im^raie et intellectuelle.
£t depuis long-temps le peuple est trompé sur les causes qui empêchent son amélioration sous ces trois aspects.
On avait pensé que cela dépendait de ceux qui étaient à la tête du gouvernement, et On a changé les chefs du gouvernement.
On en a mis la faute sur quelques articles de la législation, on a corrigé, amendé, refait les codes et la Charte.
Maintenant on parle encore de renversemens politique, de coalitions entre travailleurs; d'autres croyant se rapprocher davantage de la vérité, exigent une diminution dans les dépenses de Tétat bu proposent Timpôt progressif. Ce sont tout autant d'eit>eurs ou de palliatifs» inSufi^aus, qui directement ne peuvent produire aucun bien , qui font prendre le change sur les moyens définitifs, et n'ont qu'une valeur négative, comme dissolvans delà vieille société en bâtant par l'écroulement de l'ancieh édifice l'élévation du nouveau.
Avant d'aller plus Imn il est nécessaire de développer cette assertion^ qu'une diminution d'impôt ou bien* rétablissement très-peu praticable de l'impôt progressif, n'aurait aucun résultat d'amélioration un peu prolongée, tant de personnes partagent l'opinion contraire, que je dois employer quelques lignes aies désabuser.
Quel est l'effet universel de la concurrence commerciale, par rapport au salaire du travailleur ? C'est de diminuer le plus possible les frais de production ; c'est de rendre^ dans quelque pays que ce soit, le salaire de louvrier tout au plus suffisant pour ses besoins les plus indispensables : cela est si vrai que si on compare le
bi6n-ètr« du travailleur de Londres ^ où Timpôt est énorme, avec celui de Paris ou de Lyon, où Timpâtest moindre, ou bien encore avec celui de la campagne ou d'un pays qui n'ait presque pas d'impôt, comme la Suisse, on reconnaîtra que partout le salaire est relatif au prix des denrées de première nécessité, et que soit dans un pays où il y a de forts iinpôts, soit dans celui où il y en a moins, soit dans celui où il n'y en a pas, la position du travailleur est identiquement la même. Il eat aussi misérable dans un pays que dans Tautre : ceci est l'effet inévitable de la concurrence illimitée.
Je suis donc fondé à dire qu^ si l'impôt payé au gouvernement est déplacé ou même diminué, la Cimeurrence commerciale rétaUira bientôt l'équilibre précédent ^ et le sort da travailleur ne s^a pas a^ouélicuré , ou ne. le sera que peaclant peu de %B«ips etd'uae manière ins^siUe ; ce A9 sont ilont réellement que des palUatifs insuffiSMs ^ AuUfHfteDt défimtili; des moyens qui a'ont par conséquent qu'une valeur tout-à-fait mesquine et passagère.
Mais écoutez cette voix d'abord faible et timide, qui s'accroît en puissance à chaque crise commereiale , et commence à dominer les cris des partis politiques : Ecoutes t
La v^UMe cause du m(daisen%atéeiel dt^ peuple , pro*, uieni du déiordre a^ee Uifuil s^opire la produciwn eila dktrilmtwn des rkhe$$0$j fruë de 90m travail. Le remide c'eH une arganiâatimi fNici^ue de f industrie et du eowi-^ merce. '
Voilà des sentences brèves: de mots, mais fiécoadesde pensées : dan» leur laconisme elles vésmnant toyle la» question ; elles iaf&[uent dans quel esprit domni^ être conçues les iAstitutions, afin qn'dles puissent satisfaire les réelamatioiie destrayaiUeues, et sont destinée»ti. de-.-
venir elles-mêmes le principe d^une législation nouvelle.
Quant à moi je viens me ranger à* côté de tous ceux qui pensent ainsi , et je romps publiquement avec les partisans de la libre coneurrence , que je dis écrasante pour la partie la plus laborieuse des populations.
Je ne crains pas de l'affirmer : inutilement chercherat-on ailleurs que dans une réforme industrielle complète et radicale^ le moyen d'apaiser les légitimes plaintes des ouvriers, jamais on ne découvrira que des moyens insignifians, je dirai même le plus souvent contraires Hu but qu'on croira atteindre. Tout au plus ce seront des replâtrages^ des étais vermoulus qui reculeront de quelques jours la chute complète de l'édifice en ruine, mais qui n'eiçpécheront pas ses craquemens^ d'effrayer ceux qui, doués de prévoyance, se sentent à tout instant menacés d'être ensevelis sous ses débris. On a beaucoup parlé de Pépée de Damoclès, mais elle était loin d'être aussiterrible qu'une incessante appréhension de l'émeute populaire.
Cependant il est un fait qui doit préoccuper tous les esprits, un fait contre lequel on se débattrait en vain, c'est que les classes laborieuses connaissent leurs forces, ont conscience de leur importance et sentent leurs besoins. Je le dis, car c'est la vérité. Le travailleur des villes est las de voir son existence dépendre d'une crise commerciale, qui souvent est le funeste ethi d'une opération d'agiotage ou de la spéculation de quelques capitalistes ; il ne veut plus d'une vie passée en grande partie 4ans une oisiveté forcée ; il ne peut pins se contenter d'une perspective de vieillesse, te traînant dans un hospice de charité, où encore n'y a-t-il par place pour tons; il le sait bien maintenant, sa vie toute de fatigae luimérite une autre retraite que celle produit de l'aumône.
Je sais que ce sont des vérités importunes et qui pourraient soulever dans la discussion des questions inflammables; j'avoue quemoiméme, avec mon caractère de conciliation, je ne les aborderais pas si je n'apportais en même temps, ce qui en les transformant doit les empêcher d*ètre irritantes. A cette condition il me sera permis de m'arréter un peu sur la situation du travailleur ; car je suis décidé à avoir raison contre ceux qui le connaissant mal, ne craignent pas de le calomnier.
Combien n'y a-t-il pas de personnes qui se plaisent à répéter à tout instant, que si l'ouvrier est midheureux c'est par sa faute , et qui tout en l'accusant de se créer mille besoins factices, le taxent encore de paresse^ d'imprévoyance > de dissipation ;s'appuyant sur quelques exceptions d'ouvriers parvenus, ils yous répondent presque dédaigpeusétnent : que tous les ouvriers n'imitent-ils les bons exemples de ceux-là.
n faudrait comprendre que ceci est une bien mauvaise manière de raisonner, car elle peut Fendre des homnsei naturellement humains, tout-44ait insensibles aux maux de leurs semblables. Elle tend à endurcir le coBur de ceux qui seuls, peuvent les aider à sortir de la situation douloureuse où ils se trouvent abandonnés , et je dois en passant justifier le peuple des calomnies de ses détracteurs.
Ne savons-nous pas tous, que les hommes sont inégaux sous quelque aspect qu'on les considère ; n'ont-ils pas tous des qualités différentes, et qui seraient contr^H dictoires dans le même individu. L'un est ardent, pétulant, emporté, n'allant que par boutade et s^uis pouvoir se maîtriser; un autre est calme^ patient, réfléchi, agissant d'une manière continue. Dans l'un u^e graiule force d'ame se trouve alliée à une débilité corporelle ^
tandis qiit cbtx %m autre une force physique remurcpia- Ue est unie à un csractëré faible , ^aos fixité^ focile à tnfiueocer, à entraîner, il en est ainsi de loates les manières tféire de rbomme civilisé.
fit gârdoi^s^ions de notis plaindre de c^y ne demandens pas l'impossible, en désirant des qualités égaW et des circonstances pardlles pour tous. Une société ainsi composée dHndiiridus qui se ressembleraient fous, serait par trop triste et monotone. Sachons plutôt combiner des instilutions qui poissent fnroduire une beoreuse harmonie f et acceptons les hommes tels qi^ils sont.
Je reprends la question sous un autre point de vue :
Oui il est v^ que dans la société actuelle un certain nombre d'onvners, aidés par les ehrconstaoces, par^ vienmnt à se tirer d'affieiire à force de travail et d'intel^ Kgence, mais il faot 4ire aussi que c'est à la condition qu'un nombre égal éprouve un Surcroît de privaiious. Quant à la masse ello existe miséraMement au |our le jNMir ; une partie composée plus spécialemeUI de fem-^ mes, sotjtffire sans se plaindre et traîne avec résignafioft une vie languissante , en proie aux midadies qu'engendre la misère; une autre partie est , pour ainsi dite, en révoHe continuelle contre un or^e industriel qui Topprime ; elle paye peu ou point de loyers aux propriétaires ; abuse du crédit que lui font les bouchers et bou« laogers , et passe prématurément en mèèàM quelques jours d'abondance avec des années de besoins. Tant qu'il nf^y aura pas de prévoy^tnce sociale pour le travailleur, malgré les lois répressives, et quelles que soient la compression poMtique ou les chances de stfceés, il se trouver» toujours dans cette démîére classe, des hommes prêifS pour l'émeate.
Mais ceci encore une fois , n'est pas une raison pour
^ 17 demander l'absurde, et vouloir que les travailleurs soient tous moulés sur le même modèle, de les vouloir tous également modérés, sobres et laborieux, car en admettant même cela comme possible , quel serait le résultat? On Ta vu tout-à-rheure quelque excès qu'on suppose, soit dans leur travail, soit dans leur sobriété , le prix des salaires baisserait d'autant, et l'effet inévitable produit par la coûcurrence commerciale, serait en définitive une indigence égale.
D'où je conclus que dans Tordre insdustriel tel qu'il existe, il faut les plaintes des malheureux, les réclamations des mécontens, l'adresse de ceux qui parmi les ouvriers sont doués de savoir-faire pourmaintenir les prix des salaires à une certaine élévation , dont la somme totale établisse un revenu annuel, qui permette à la masse de ne pas mourir trop promptement de. besoin.
£t pour qu'on ne m'accuse pas d'exagération et de partialité aveugle dans mes observations, je vais les rendre plus claires par un calcul bien simple, qui précisera le revenu de l'ouvrier en soie de Lyon, de manière à couvaiuçre toute personne de bonne foi ^ que sa position est vrsdment intolérable.
Le document qui me servira de base^st un discout-s à l'occasion des événemens d'avril, que M. Prunelle a prononcé huit jours après à la Chambré des députés , dans lequel il dit qu'à Lyon : « 90,000 ouvriers et plus ^ sont u eoiployés à la fabrication des soies; ces 90,000 .ou- <c vrîers reçoivent en salaire une somme annuelle de 35 « k 35 millions. »
La fonction de maire que remplissait à Lyon M. Prunelle, j>ecmet de croire qu'il y a de l'exactitude âf^ns cette évaluation du salaire annuel ; voyons donc quelle «st la parJ: de chacun. En divisant les 33 et 35 millions
par 90,000 el en négligeant le plus, qui pourrait bieip être encore de quelques milliers d'ouvriers, on trouve pour revenu annuel, 366 fr. 66 c. minimum, et 388 fr. 88 c. maximum ^ ce qui fait 1 fr. à 1 fr. 6 c. par jour. II faut savoir maintenant que le chef d'atelier a besoin d'appartemens vastes, dont le loyer est à un prix élevé, qu'on peut bien évaluer à 75 fr. par métier, ce qui fait 20 cent, à déduire sur sa journée d'un franc, il faut donc qu'avec les 80 cent, restant , il fasse des avances de nourriture à des apprentis» qu'il monte et entretienne son ménage et les ustensiles de son atelier, qu'il supporte des charges de famille et des dépenses extraordinaires pour maladie.
. Ne faudrait-il pas de la part de l'ouvrier, une sobriété presque surnaturelle pour suffire à tous ses besoins dans une ville où tout est cher, et une prévoyance extraordinaire , pour ne pas s'écarter quelque fois de la dépense journalière que permet ce trop modique revenu, qui encore n'est pas régulier^ car il est gagné à travers bien des semaines d'oisiveté forcée, et, Touvrier en convient lui-même , c'est lorsqu'il ne fait rien qu'il dépense le plus. On ne pourra pas dire non plus qu'il ne tient qu'à lui de travailler davantage : il n'est pas en son pouvoir qu'il y ait plus de commandes d'étoffes de soie.
Je le demande maintenant, que deviennent toutes ces allégations fausses et calomnieuses contre la population ouvrière, qiii circulent «i facilement dans le monde , et qui sont accueillies si complaisamment par ceux qui n'ont jamais connu le besoin.
Je n'insisterai pas davantage sur d'aussi pénibles détails*, SI je m'y suis arrêté un instant, c'était pour faire comprendre au public que la société constituée ainsi et
composée d'élémens semblables, n'offre aucune g^araotie de sécurité pour personne, et qu'aussi long-temps que se fera sentir l'effet oppressif de la concurrence commerciale , il y aura renouvellement inévitable de troubles et de bouleversements
C'est pourquoi, je ne saurais trop le répéter, la siluar tion des populations laborieuses est insupportable, il faut à tout prix et au plutôt qu'elle soit améliorée.
Mais pour penser à satisfaire les besoins réels du peuple, n'attendons pas que le peu d'ordre qui subsisteen^ core , soit totalement détruit et que la machime s^ociale soit tout^-fait détraquée ; n'attendons pas que les iressorts qui la font mouvoir se brisant tout-^-ooup n« vieo- ■nent compliquer le désordre d'une manière inextricable. Hâtons-nous, hâtons-nous, car si janiais l'anarchie devait régner de nouveau, si des factions réactionnaires devaient encore s'arracher tour^à-tour le sceptre de la terreur, combien elle serait coupable cette inâifférei»ee bourgeoise pour les maux du travailleur ^ combien «aussi elle serait punie4
Oh ! alors^ malheur à tous t. . . Qui pourrait^ire d'£^yancc <*e qui arriverait lorsque tout serait remis en qi^tioa par des hommes aigris , défians , égarés. Au milieu de passions frémissantes, quelle digue serait assQX f^rte pour empêcher le bien et le mal d'être confondus ? Tout ce ^ui maintenimt se croit fort et respecté, ne se trouverait-il pas frappé d'impuissance? et ne serait-il pas à craindre qu'au travers d'immenses malheurs, le niveiau sanglant des révolutions, frappant aveuglément sur l'industrie et atteignant le riche comme le pauvre^ n'éUib^isse bientôt sur les populations gémissantes , l'égalité de la jnisère et de la faim.
A l'œuvre donc, hommes avancés dont l'intelligence a
marebé av«al« siéde, ne vous laissez pas arrêter par ces dditx mots : illusiûn et utopie^ que des gens à la vue eourte et au èœur koîtd vous jetterontpour toute réponse. Dans vos efforts améliorateurs, si vous ne perdez ja« . mais de vue Tharmonisation de tous les intérêts, avec de la constance tout vous deviendra facile et les obstacles a'abaisseront
Et quoi 1 j'entends de tout côté demander Tordre à gtm^s cris. On en aurait mis partout jusque dans les choses les plus contraires à Thumanité, jusque dans la guerre^ industrie de destruction , à Taide des plus savantea combinaisons on sait faire lAouvoir sous le plomb ifioptei d^s masses inconcevables de soldats, pour dévasi»ê de riches campagnes et foudroyer dans un instant de populeuses cités. Et à entendre dire ceuic^à même qui réclament Torcke avec le plus dlnstance : Fiâdustrie qui nouràt, revêt, abrite le genre humain, devrait étemeUement marcher privée de toute direction unitaire , sans avâfe guide que Tégoïsme individuel. Elle serait à perpétuité livrée au hasard de la fortune aveugle dans ses dons, éi 0» caprice de Tadroit spéeililateur dont elle se- Tait là proie. L*art de Mre entre-t^er les peuples par le fer et le leu , sérail arrivé à l'apogée de la splendeur, et Tart de le faire vivre en travaillant serait non -seulement inconnu, mais encore impossible à découvrir. On serait parvenu à obliger des hommes dont le câeur est bon et qui ne se connaissent pas, à se mitrailler réciproquement ians {^tié comme sans haine, au risque peur chacun de perdre la vie à cet infâme travail, et on désespère de les porter volontairement à un travail producteur de jouissances nécessaires au maintien de leur esiistente. Non , je ne puis que flétrir d'aussi désolantes maximes : je le dis à kaute voix cette croyance est impie»
ff
Je Pai ditt je ne ferai pal d'opposition f. maïs tiû no' voyant aborder dea qoèstioaséuiaiTOîsiiieB de la polîlt^ que , OB a peut-^tre douté de mes iateatiotiSi. Oé a tort ^ et je le répète, je ne touche j- ni ne veux toudier en a«« cune manière à Tordre do cbote politique, et pour ne lûfiser aucun doute en cela^ voiei ee que j'a|outerBi : Le* travsàUeur s'est trompé jusqu'à présent , I^squ*il a voulu s'en prendre au gouvernement^ et lui attribuer la eause de ses misères» Depuis Juillet iSBOy il doit être convaincu que les gouvernemens constitués à l'antique^ ne peuvent que se resseii^ler tous. Un trAoe sermt renversé dix fois eft dix ans , que loin d'avoir obtenu quelqu'avaatage , le travailleur n'aurait lait qu'ajonler des charges plus fortes à celles qu'il supportait avant elMiqoe révolution; il aurait cAufé dix pertubations commerciales, dont la conséquence serait une àngmeiitaâoa énorme de l'impôt àCcid»laai qci'U pajt àl'eisivété, tentes les fois qu'il survient une in Ven^uption forcée dans lei^> travaux.
D'ailleurs pow s'en prendre au gouvememwit airee quelque apparence de justice> il faudifaïf que ropialon publique futê^ée, qu'il y eût tin^ accord sut le fMiiède qui doit guérir les dduleurs^u peuple*, etqnesaBSrlkisoa valable le pouvoir refusa- de l'applique^ ( rtms jusqu'ici tien de semblaMe n'a eu Ueu^^ le- pouvoir ^ il est Vrai, s'est borné crainte de plos^ mal faire, à maintenir le pré« sent tel quel. Mais vraiment quç voulait-oft do«e qU*U fît, privé de boussole peur l^venhr et voguant à travers mtUe embarras , ^ue lui suscitent taUt de réclama* lions passionnées,, contradictoires, et au EeUd sans va* leur réoHe pom^ l'intérêt public.
Sans en avoir lui-même le sentîment et la conception,!! s'aperçoit bien que les idées d'organisation industrielle n'ont pas encore assez étendu sur les masses , leur saiutaire croyance, et que le peuple parmi lequel il y a encore tant d'ignorance , n en est pas moins opiniâtre ckns ses erreurs.
C'est ce qui fait que je suis persuadé que s'il avait pu et voulu organiser l'industrie et le commerce^ il eût rencontré de la. part du travailleur lui-même de grandes résistances et d'amères critiques, il y eût échoué, mais il ne pouvait pas même y penser^ car je le répète lui-même n'est pas encore prêt.
Donc en circonscrivant leprojet que j'offre à mes concitoyens, dans Findustrie exclusivement, je puis dire que je nfétai^is sur un terrain nouveau qui touche par trèspeu de points et toujours indirectement au pouvoir militaire existant; pour s'en convaincre on n'a qu'à faire la remarque suivante :
La mission du chef politique de l'état, quelle est elle en Frabcé et pour ainsi dire partout? C'est, si je ne me trompe , d'employer le budjet et la force publique qui lui est confiée, à faire exécuter les lois qui garantissent à chacun le libre usage de sa propriété ; d'empêcher et, au besoin^ de punir toute atteinte violente qui y serait faite ; il en est de même des collisions qui pourraient avoir lieu entre les factions et qu'il est de son essence de réprimer. Un de ses principaux devoirs et le but primitif dé son institution, c'est surtout la défense du territoire et la conservation de l'honneur national, soit par l'attaque soit>par la défense, cette mission est belle et glorieuse, aussi le peuple accorde honneur et reconnaissance à qui sait la remplir dignement.
On le voit , le pouvoir actuel est essentiellement mili^ taire dans son but comme dans son principe.
Mais que par la lutte de la concurrence, des familles, soient ruinées ; que rétablissement de nouvelles machines, compromette Texistence des travailleurs ; qu'un dé* placement industriel ait lieu dans un intérêt individuel ; que des milliers de bras se trouvent forcément oisifs , à côté d'immenses matériaux de production : le pouvoir s'y intéresse. Mais à en juger par ce qui s'est passé jusqu'à présent, le pouvoir ne sait, ne veut et ne peut rien y faire; il n'est pas institué pour régler de semblables choses. Si les populations se plaignent de leur misère, il répond : je ne peux que gémir. Si l'ouvrier demande du travail ou réclame son intervention dans la fixation des salaires , il répond avec raison que toutes ces choses ne le regardent pas, pourvu que les lois soient observées , et que le débat ne se passe pas sur la place publique. II est donc évident que le pouvoir est volontairement neutre en cette matière et c'est pourquoi tout en désirant ardemment qu'il s'empare des idées que je publie^ pour les mettre en pratique et y imprimer ce que lui seul peut faire , un mouvement rapide et un développement général, je ne m'adresse cependant pas à lui spécialement, mais bien à la masse des insdustriels , aux travail, leurs de tous rangs pour tâcher de leur faire comprendre à tous, l'avantage qui existerait pour chacun dans lorganisatîon industrielle dont je vais immédiatement m'occuper.
J'ai donné à cet écrit le nom de Constitution thdùs* trielle , non pas que j'aie eu la présomption de publier quelque chose d'entier d'achevé, bien loin de là j'ai voulu seulement indiquer dans quelle direction j'ai écrit ceci 9 et le but auquel je tends. Je n'ignore pas que rien de complet ne peut s'improviser en cette mantère, ce n'est qu'à mesure que les besoins se font sentir, que lés insti-
tulions^ les réglemens^ les lois peuvent se rédiger. Ce sera donc si on veut, un premier article, un germe de la constitution industrielle.
Avant toute opération organisatrice il iaut préparer deux moyens d'action , qui sont absolument indispensables^ savoir :
Un chef industriel qui prendra le titre de PrimogiratU et des capitaux.
Occupons-nous premièrement du chef ou primogérant .
Toutes les fois qu'une action sociale ou autre qu'une œuvre quelconque à accomplir, nécessitera le concours d'un nombre plus ou moins grand d'invidu^t on devra pour réussir^ reconnaître et nommer un chef chargé de faire aboutir tous les efforts, toutes les volontés à la prompte exécution de l'œuvre commune.
Agir différemment serait établir la confusion là où il faut de l'ordre.
Tout se commencerait, rien ne s'achèverait; les meilleurs projets resteraient saos exécution, neutralisés par d'autres propositions contraires. Les forces publiques au lieu de converger au même point, se croiseraient en s'entrechoquant et finirsdent par se lasser et se détruire réciproquement, sans autre résultat que des froissemens individuels ; les travailleurs s'entendrpnt donc le plutôt possible pour reconnaître un chef industriel, un primogérant.
Pour cela il y a plusieurs moyens» : tous sont bons. Ce n'est pas à la forme par laquelle le peuple donnera son assentiment qu'il faut s'attacher actuellement, tacite ou foriççl. ^L'important c'est qu'il y ait assurance de spn concours, c'est qu'il y ait confiance réciproque.
' Cependant l'élection directe devra être préférée, ii toutefois elle est possible, ce que je n'ose affirmer, c'està-dire si le gouvernement n'y porte pas obstacle, et s'il n'y a pas de trop grandes difficultés dans l'exécutioii elle-même , vu llsolement où chaque intéressé se trouve, ce qui doit nécessairement empêcher le grand nombre d'arriver à la connaissance du plus digne.
Si l'élection directe a lieu, elle devra s'opérer dfe manière qu'il y ait le plus grand nombre possible de travailleurs qui y prenne part, il sera aussi convenable si l'élection se fait à Lyon, que ce soit la société des mutuellistes ^ qui veuille bien s'en charger, comme étant à Lyon le seul corps composé d'industriels , qui soit Organisé de manière k pouvoir mettre dé l'ensemble dans une telle opération ; d'ailleurs par la position qu'ils ont prise par leur nombre et leur esprit généralement pacifique, ils représentent de fait là masse des travailleurs^
Mais comme il ne faut pas d'exclusion , ceci ne devra pas empêcher chaque société industrielle indépendante des mutuellistes , de recueillir de son côté des votes dont les procès verbaux seraient ensuite remis à un bureau central chargé du dépouillement général.
Si pourtant les sociétés industrielles se trouvaient dissoutes ou empêchées^ ou que par un excès dé suceptibilité, l'autorité s'opposa à l'élection publique, alors les travailleurs qui sentiraient avoir quelque influence
* Ceei é\»it écpii ayant U 9 avril et avant la proipulgation de la loi sur les associations; ignorant les cbangemens (}ui seront rendus nécessaires parles éyénemeps survenus depuis* Je livre à la publicité ce projet de constitution industrielle sans y rjen changer , et tel qu^il était préparé sans prévoir aucune circonstance nouvelle ; je laisse au bon sens public le soin de modifier ce qui serait devenu inexécutable.
sur leurs confrères ^ devraient prendre Tinitiative et recueillir parmi leurs connaissances, les suffrages pour cdui qu'ils croiraient le plus digne d*ètre le dépositaire de la confiance des travailleurs.
Dans tpus les cas , et quelque soit le mode employé pour ce concours de capacité, il faudra se tenir en garde contre les médiocrités présomptueuses, et se rappeler que rhomme, de mérite est ordinairement modeste , et attend qu'on le recherche au lieu de se faire solliciteur.
Pour faire choix d'un primogérant en connaissance de. cause» il faut d'avance savoir qu'elle sera son œuvre et la localité convenable à son exécution, afin de chercher l'homme qui aura les qualités nécessaires pour accomplir cette œuvre, autrement on agirait d'une manière inconsidérée, et on mériterait d'échouer contre les difficultés ^ ce qui serait le résultat infaillible.
Voyons donc ce qu'il y a à faire dans l'état actuel, et le point par où il faut commeucer.
Tout le monde sera bien d'accord qu'il faut au travailleur, une équitable répartition dans le bénéfice social , dans la somme des richesses qui ont été produites par son travail ; que l'important surtout est de faire que le travail ne manque jamais aux bras qui en demandent^ afin que l'abondance dans la production, amène nécessairement l'abondance dans la répartition. On comprendra encore que ceci ne peut-être obtenu que par une organisation complète du commerce et du travail.
Ce sont de ces propositions qui portent avec elles rèvidence, et que personne ne voudra combattre publiquement.
Partant de ces données^ voyons quelle est Tespèce d'industrie qui par son importance et par sa position plus misérable y réclame la préférence dans Tapl^ication du principe d'organisation. C'est ainsi que d'induction en induction , nous «riverons au point précis qui a le plus besoin d'amélioration , et qui o£Ere par con* séquent le plus de chances de réussite.
Car il n'est pas donné k l'homme d'entreprendre tout à lafois, il faut toujours agir d'une manière proportionnée aux moyens d'exécution^ et savoir choisir le temps , les lieux et les hommes.
H y a différons genres d'industrie bien distincts , entre autres l'industrie agricole et l'industrie manufacturière ; \*en laisse plusieurs de côté , dont on n'a pas k s'occuper encore.
L'industrie agricole a • comme l'industrie manufactu-' rière, besoin d'immenses améliorations, soit dans le mode du travail, soit dans le développement de l'intelligence de ses travailleurs. Cependaptces besoins ne sont pas aussi vivement sentis que dans l'industrie manufacturière , et en voici les motifs :
D'abord vu le morcellement du sol^ il n'y a pas entre le simple cultivateur journalier et le cultivateur propriétaire , cette inégalité choquante soit dans le travail , soit dans les jouissances de la vie ; inégalité qui par sa disproportion constitue l'aristocratie oisive.
Les uns et les autres fatiguent à peu près également : là il n'y a point de fonction réputée avilissante, la fille du riche propriétaire ne dédaigne pas les travaux dômes* tiques qu'elle partage volontiers avec les servantes à gages.
^oique la concurrence qui existe déjà entre les producteurs agricoles soit parfois oppressive^ elle n'amène
ÎS
pat Butei souT^C que dans rio^hmlrie maïuifaeturi jirer r ce trop plein, cette fiMisae sorifcoDdaiice de prodalt»^ qui n'a pas d'écoulement, qui nfetroure pas de consom- BMtenrs , parteque lei produits a^priceles étant de pre*< mière nécessité, sont par conséquent aobetés^de préférence aux produits des manuSxctuves. P»r cette même raison les producteurs agricoles ne sont pas autant su-jets aux pertes ruioeoses occasionnées par la spéculation dans l'industrie manufacturière*
Les matériaux de traTail ne leur manquent notf plus jamais, donc leur situation n'est pa# aussi précaire que dans Iqs villes , ils né sont pas autant menacés dans^ leur existence-, pour ses babitané la eampagne a toujours di» paia ou quelque chose d^quivalent, il n'est donc pas surprenant qu'ils ne sentent pas au même degrés la nécessité d'une organisation dans leur industrie, Ils n'en ont même pas la première idée.
Mais comme on le prévoit il n'en est pas ainsi dans le genre manufacturier.
Si on veut se donner la peine de pénétrer au fond de toutes les réclamations pacifiques ou violentes qui émanent soît des corporations industrielles, soit des divers partis que renferment les villes, on sera convaincu que ce sont tout autant de protestations contre le désordre industriel: Rien ne garantit le droit au travail, et ce n'est pas assez qu'il soit fatiguant, excessif et le plus souvent malpropre, et ennuyeux pour le travailleur, il faut encore le rechercher souvent à Tégal de la plu» agréable jouissance, et encore les efforts dans ce sens, ne réussissent-ils pas toujours; ils sont bailleurs par leur fréquence, la cause d'une perte de temps extrêmement précieux.
Je ne provoque point de réflexions à ce si^, diecuï^ en sentira la raison et les fera lui-même.
El H h pre^eiU on rechecefae quelle est }a bvâttch« d'ioâustrie manufocturiére, qui est l&plus opiNrinrte par U concurreoce^ les énergiques réclamations des «MitueU listes et des autres travailleurs en soierie^ indiqueront assea quelle est la spécialité par laquelle il faut com-^ mencer Tceuvre d'organisation.
CroyejK-moi, le temps est Venu et les lyonnais sont pr^s.
Une fois fixé sur la localité et sur la spécialllé, il ne rçste plus qu'à examiner par quel cété et dans quelle direction il faut commencer l'œuvre organique, savoir : si c'est par Tatelier ou bien parle commerce, si c'est par la production ou biea par la consommation.
Comme la cause primitive du malaise des claases laborieuses , provient en grande partie de la manière vicieuse, socialement parlant, d'après laquelle s'opère la distribution des richesses. Le point de départ 4evra être établi sur le terrein du négoce, et au point de contact avec la production, avec l'ateUer.
Je sais bien que beaucoiap d'amélioratiom sont nécessaires dans l'atelier, soit pour rendre le travail attrayant, moins excessif, et cependant plus productif; lorsqu'il en sera temps j'aurai aussi des conseils à donner à ce sujet, qui auront pour but l'établissement d'ateliers, cfaaptten», usines, tellement variés dans leurs réglemens et ad»iinistn^ons , que. tous 1^ caraqtèrea, tous les âges , toutes ^4es positions, y trouv^ont convenance et saiis£actkm .^ et où l'intérêt damaitape et de l'ouvrier seront natureUetnent d'accord*
Mais pour le moment, je le répète , il neiaut s'occuper d'organiser l'industrie que dans ses rapports avec le
commerce, parce que quoique chose difficile, elle est plus praticable encore que l'autre moyen ^ et ses résul-^ tais seront bien autrement rapides et importans que ne le seraient ceux obtenus yar des ateliers gênés dans leur développement^ et dépendant de la concurrence du négoce. Néanmoins ea principe , Tœuvre du primogérant , le but constant de tous se6 efforts, sera la conquête de Vindustrie en général y soit dans ses rapports avec lapro^ duction des richesses ou le travail , comme dans ceux de la distribution de ces mêmes richesses ^ ou le négoce.
Or tout est à régler à ce sujet.
Cette conquête devra se faire eu mettant progressivement et sans secousse , l'ordre et Féquité sociale à la place du hasard et de la rapine individuelle ; c'est dire qu'elle devra se faire au profit du travailleur de tout rang , pacifiquement et sans violer les droits acquis.
Indépendamment de Texpérience des affaires et des connaissances spéciales dans Tindustrie locale, le primo^ gérant aura en fait de sciences positives , des connaissances générales et variées. Il devra surtout avoir approfondi l'économie industrielle, il saura quel est l'effet op« pressif produit par la concurrence illimitée, vis-à-vis de la masse des travailleurs. Comme on Ta vu déjà, et comme il est bon de le répéter, cet effet peut se résumer eh deux roots, c'est de mettre les produits de l'industrie hors de la portée de celui que les a créés de ses mains , en ré* duisant son salaire au strict nécessaire , bien entendu lorsqu'il se porte bien et qu'il est jeune. La conséquence de cet effet est de rendre le droit au travail incertain et interrompu, puisque le négoce se. ferme lui-même pair la concurrence , son principal débouché , celui du peuple travailleur.
Le caractère du primogérani devra être formé dans son ensemble, par un heureux assemblage de qualités morales, physiques et intellectuelles. Il aura le sentiment des grandes choses, et sera en même temps homme d'ordre, de prévoyance et d'économie ; il sera actif et prudenf.
La passion qui doit dominer en lui, c'est l'amour de rhumanité toute entière ; son ambition de rendre le peuple heureux, sa gloire d'être idmé de lui.
Pour cela il devra être bon de cœur, doux dans ses manières, ferme et énergique dans sa volonté.
J'insiste sur cette dernière qualité, car elle sera indispensable pour surmonter les difficultés de plus d'un genre qui se présenteront .
Aussi bien par le fait du travailleur manuel, comme par celui du négociant , il y aura beaucoup d'abus à repousser, beaucoup d'obstacles à vaincre.
Mais il ne faut pas que chez le primogérant il y ait la moindre propension à l'exclusion et à la vengeance , il doit être au-dessus de ces petites passions , car cela occasionnerait des résistances qui retarderaient beaucoup l'envahissement. Il faut qu'il soit bien pénétré lui-même afin de pouvoir convaincre autrui^ que le désordre ainsi que les maux existant, ne sont point le fait des personnes mais le fait de Tabsence d'institutions.
Dans l'état actuel des choses, à celui qui voudrait dans i^a haine jeter l'anathème sur tel ou tel , il faut que le primogérant sache répondre :
Peut-être à sa place feriez-vous pire encore que celui que vous décriez.
£t lui répéter cent fois , si une ne peut suffire :
Les maux qu'entraîne le désordre actuel ne j^euvent être diminués, adoucis , que par un ordre social nouveau
•t 4iias cet orike tous les élémens qui couipo»ent Thummité doivent y entrer.
Car le dépositaire du pouvoir nouveau, aura pour oeuvre de créer successivement des asiles laborieux et attrayana^oùcbaoun aimera à prendre place, pour y remplir une fonction utile pour tous et pour chacun.
T4NIS les caractères , toutes les natures, tous les seises, tous les âges , tous les tempéramens f sont nécessaires^ dans la grande harmonie.
Ce M sera qu*à la condition de comprendre et d'exécuter tout cela qu'on pourra désormais prétendre à gou* verner le peuple industriel, le travailleur.
Celui qui n'aurait pas ces senlimens, et qui ne se sentirait pas la force de pratiquer ces principes, celiû^U doit se tenir à l'écart et ne pas briguer la candidature à la primogéraace.
On voit que le primogérant ne doit pas être un simple commis, mais bien un homme digne sous tous les rapports, du poste élevé où le peuple a besoin qu*il soit placé.
U est eacore oécessaire qu'il ^it déjà fait ses preuves comme indnsUiel, car pour gérer des capitaux et pour iutter avec la concurrence, il £aut connaître l'économie commerciale^ et avoir vécu au milieu de concurrents , sans les redouter, D'ailleurs pour avoir la confiance des préteurs de capitaux, il faut avoir su eu faire manœuvrer productiv^ment; il faut connaître toute la valeur de l'argent.
Ai^si toutes les autres quaUtés^^tant égales , les travailleurs donneront la préférence à celui qui aura l'expérience des affaires commerciales et des -ceimeissances , sur le personnel qui le compose aiQtuellemeut, et dont la probité sid sera conservé sans tÂche.
iM âelmière garAMiie ^ii$I>imi«U« , qaî e&l ati^sl impfôrtante que les autres^ fé%i ^ikt 1« piimogéranï ait actjtib pàsf dOQ trainàilaueënÀikl'éât)ilàl>c^l^'e^tt>as là quotité ^i imjpôlte^ ré^steÉitiri^ é*est qull ait été gagué faoAoTableiaettt, <ét qu'il cèoiMte k Pengageir dans retrtfeptisè orgahîsatiriiôê.
Té^ès ees tii^l)idét^l!éftis,^i elles sèni bled obketvéesy aurit^nt ùnè graAdià iéfliliéiibe Siûf l'esprit Ûés capitalistes, <dt détetihhiëront leur èobfiâtite, siirtout lotiqu'oti y ajoutera 1& garàiitle positive et pécuniaire , ^ue jevait indiquer.
Le {ilut6t possible un premim' fonds èotidl ^riàuU sera tbndéparkstravaiUeut^dètousràngs, au moyen ée cotisations, souscriptions volontaires, dons de toute esptèce.
Ce pirèmier fohds, oeuvré du travailleur en gétiéral, ieira Hi base primitive et durable dé toutes léis opérations. SusfceptiMe d'Uh flccroisseméht progressif et détcttolné, tMntoe ôà le verra à TaHicle dé la répartition du béttéttee, 11 facilitera singulièrement le mouvenientorgaîiis^téur^ éh présentant bHx capitalistes qui viendront y prêter leur concours , une garantie nécessaire et suffi-- ^ànteencàsdedéficilauxinvenlaires, déficit iihpos^ble, téïaittt on 1^ verra plus t^rd^ mais que toutefoU il faut prévoir.
Par le fait de sa fondation-, de son accit)is^eihent et de «là dèstinàllon en eonstroetions, od acquisltit)hs prtnciptiklèfiitot itothobifiêrés^ ce jptémier fomds constituera Une ctiose sociale qui portcfrà lé caractère de la stabilité et delà perpétuité.
Ce setA là ehôise pUbH^Ue at>pàrtenartt à téus collectif rètîhfétït, à perèoàùe éti paflrtiécdîér, et %étêe pat le plus digne.
Ydilà les deux bases indispénsabtei qu'il faut établir
avant tout çt au plutôt, pour pouvoir entrer dans la carrière de rorganisation industrielle.
Les progrès dépendront ensuite de la bonté, du choix du primogérant V et aussi des n^ioyens pécuniaires qui lui seront confiés. Je crois cependant qu'avec un premier fonds social de 100,000 fr.^ il pourra compter sur le succès. Maisavant d'indiquer comment^ je dois dire encore quelque chose au sujet de la nomination d'un primogérant ^ d'un chef investi, du pouvoir d'agir avec toute la puissance de l'unité et de l'association réunies;
Beaucoupdepersonnesàsentimensindépendans,éprouveront de la répugnance pour une semblable nomination, dans l'appréhension de se donner un maître qui les opprime ensuite.
Cette défiance est naturelle, car elle estasses justifiée par l'histoire du paséé, mais il faut faire une remarque qui doit complètement rassurer ^ et d'abord il est bien entendu que la fonction de primogérant n'est pas héréditaire, elle exige des qualités positives qui ne se transmettent pas avec le sang, qui ne se rencontrent pas chez le premier venu.
Ensuite ppur conquérir l'industrie, ce n'est point un •chef n^litaire qui est institué et qui pourrait tourner contre les travailleurs, les armes qui lui auraient été confiées pour les défendre.
Le priuiogérant aura, il est vrai, dans l'avenir une gcande puissance, mais sa puissance sera toute morale , toute d'intelligence , il sera industriel et non soldat^ il n'aura ni bayounettes ni canons pour faire exécuter ses ordres , et il en sera bien mieux obéi parce qu'il sera dans l'obligation de n'entreprendre que des choses d'intérêt public.
Alors se trouvera résohie cette grande question de l'ac-
cord enlre Taulorité et la liberté , problême insoluble si on veut faire entrer la force brutale comme moyen de gouvernement.
N'importe qui que ce soH qui Texerce, peuple ou roi, partout où il y a la violence pour principale raison , la liberté n'existe pas.
Nécessairement il faut un chef qui puisse agir en toute liberté dans le moment de l'action , de manière à combiner d'après un plan unitaire les forces de ses associés, sauf à justifier ensuite de sa manière d'opérer.
Car Thomme est si fragile dans son existence, comme dans son organisation^ il est si impénétrable dans ses intentions^, que soit ignorance, soit maladie physique ou morale, le primogérant pourrait par une gestion évidemment mauvaise , compromettre la prospérité dés associés et les progrès de l'organisation ; il faut donc prévoir cela et préparer des garanties pour ces cas exceptionnels, car la règle sera toujours la confiance réciproque.
La principale garantie, celle qui donne naissance à toutes les autres , c'est la publicité des opérations et des résultats généraux. Garantie puissante que le primogé^ rant devra employer avec empressement, car c'est elle seule qui lui fera accorder le concours indispensable du travailleur de tout rang, et c'est elle aussi qui mettra le travailleur en position de juger lorsque ses intérêts seront compromis, et par conséquent de refuser son concours. Mais pour en assurer et en faciliter l'effet, il faut un pouvoir multiple à côté du pouvoir unitaire^ chargé de représenter plus spécialement les différons intérêts des travailleurs, et qui soit en même temps un organe légal ^ chargé de formuler en cas de besoin, son approbation ou son improbation dans les acteâdu primogérant.
Ce sera la mission d'un conseil formé par des intéres^ ses choisis dans les diverses classes de la société.
FORMATION DV CONSEIL DB PRIMOCéRANGB.
Le conseil de prîmogérance sera composé d'abord de ^x-huit membres ; savoir :
Z mutuellistes représentant les chefs d*atelier ou tra* vailleurs établis.
3 ferrandiniers représentant les simples travailleurs à la journée ou h la pièce.
S fonctionnaires organisés.
i capitalistes ou propriétaires.
Z partisans de la concurrence illimitée (S'ils ne sont pas présents, leurs sièges n'en existeront pas moins).
S délégués du pouvoir militaire (du gouvernement).
Le président sera nommé par le Conseil , qui le choisira parmi ses membres.
Ce Conseil sera chargé de convoquer les électeurs , toutes les cinq années au !«* mars , pour renouveller ou remplacer le primogérant.
Dans Fintervalle des cinq années, le Conseil aura pour œuvre de manifester les mécontentemens publics. Les réclamations industrielles , les pétitions des travailleurs, lui seront adressées comme elles le seraient au primogérant.
Lorsque la gestion du primogérant sera reconnue mau« vaise par le public et le conseil, c'est-à-dire contraire soit pour le présent , soit pour l'avenir ^ aux intérêts bien entendus des travailleurs; dans ce cas très-grave et qui se présentera rarement, le conseil aura encore l'initiative.
Voici les formes qui me paraissent devoir être observées :
Lorsque cela paraîtra nécessaire le conseil décidera à la majorité absolue , qu'il y a lieu au premier nci€ de disoffgciion.
Cet acte sera un message qui éoumerera les grieb, ci qui sera adressé au primogérant seul.
Daus l'intervalle d'un mois, le primogérant devra expliquer ses manœuvres, justifier ses opérations; s'il ne le fait ou si ses explications ne sont pas concluantes , un second et dernier acte de désaffection lui sera adressé y. il sera aussi publié et distribué aux travailleurs.
Si la gestion continue d'être vicieuse ou oppressive , •près un nouveau délai de quinze jours, le conseil déclare le primogérant incapable , et convoque les travailkurs pour les élections.
Pour être valable cette convocation devra être signée par les deux tiers du conseil.
Le conseil aura encore une œuvre mensuelle qui sera de se réunir tous les 1»^ et 2 de chaque mois , afin de vé* rifier ou d'assister à la vérification des écritures de chaque étid>lissement , soit de fabrication , soit de vente.
Pour faciliter cette vérificddion les écritures seront te-* nues sur des registres doubles, dont un sera transporté aux bureaux du conseil.
C'est en faisant usage de toutes ces précautions qu'on trouvera le moyen d'avoir pour chef, un homme dévoué et non un intrigant, car celui-là qui n'aimerait pas réellement le travailleur , et qui ne se sentirait pas capable de remplir la fonction de {urimogérant, ne se mettra pas sur les rangs lors de l'élection ; ses vues seraient trop étroites 5 trop individuelles pour comprendre ce qu'il y aura de glorieux dans cette fonction. Trop d'entraves d'ailleurs s'opposeraient à ses desseins d'^ïsme.
J'ai dit que par le fait de la création d'un primogérant et d'un premier fonds social gratuit ^ ne sçrait-ilque de 100,000 fr., l'organisation se trouverait constituée , el
que le travailleur marcherait dès ce moment à la conquête de Tindustrie.
Probablement la faiblesse des moyens d'exécution n'a pas paru proportionnée à la grandeur de l'œuvre, et sans-* doule un sourire d'incrédulité a seul répondu à cette assertion.
Cest que généralement on ignore tout ce qu'il y a de puissance dans le concours du peuple, et moi je dis pourvu qu'on l'ait ce concours, avec les plus petits moyens on fait de grandes choses, et sans lui les plus grands moyens sont insuffisans, Técueil ne peut «e franchir.
Je vaiS supposer un instant la nomination faite et acceptée , le conseil de primogérance a remis à l'élu une copie des procès verbaux de son élection qui ont été rédigés à double, ainsi que les titres du premier fonds»
A Lyon un homme est enfin proclamé primogérant. Sans avoir l'intention d'affirmer ce qu'il faudra qu'il fasse, car je n'entends en rien gêner sa marche, ni lui tracer la route d'avance , je puis dire cependant, ce qu'il pourrait faire, c'est dans ce sens qu'il fautlire les conseils suivans: Ainsi donc après s'être entendu avec son conseil , le. ][Mrimogérant décrétera successivement la fondation de plusieurs maisons de vente sociale au détail et mi-gros , d'objets de consommation générale , tel que : Epicerie , Boucherie ,
Boulangerie^ -
Soieries, châles et nouveautés ,
Et immédiatement après :
Une fabrique centrale d'étoffes de soie unies , Id. id id. d'étoffes de soie façonnées.
Le primogcrant cherchera et fera chercher le local
convenal>le à chaque maison, le^ fonctionnaires dont'il aura besoin et les capitaux qui lui seront nécessaires.
Ce dernier élément d'action sera peut-être le plus difficile à obtenir, mais en s'y prenant bien je suis certain qu'on réussira.
Si le primogérant est reconnu homme d'ordre, de prévoyance et d'économie; s'il est actif et intelligent, si la conduite de toute sa vie parle en sa faveur, en faisant entrevoir aux capitalistes toutes %s sûretés que leur présente le fonds social et les avantages de la publicité par laquelle toutes les fois qu'ils le désireront les livres leur seront ouverts.
Je crois qu'avec un peu de savoir faire on pourra parvenir, aidé par les petites et grosses bourses , à emprunter trois fois la valeur du premier fonds, soit S00,000 fr. en toot 400,000^ ainsi réparti :
Etablissemens de distribution :
Epicerie 40,000 fr.
Boucherie 30^000
Boulangerie 30^000
Soieries et nouveautés 100^080
Etablissemens de production :
Fabrique détoffes unies 100^060" fr;
Fabrique d'étoffes façonnées. . . 100,060
Chacune de ces maisons agira séparément et aura des écritures particulières, mais lors de Tinventaire les bénéfices seront réunis et répartis ainsi qu'il sera indiqué à l'article- qui traitera de la répartition.
Poursuivons maintenant et aaalysons par prévoyance les moyens d'action et les différentes chances de réussite de chaque établissement à commencer par ceux de production, parles. maisons de fabrique»
les deijij^ fobjFîqvf^ çen^lr^esi 4«vffQpt 4aii8ikQom]ne«ee> mopt 9'^sayer i^iu? le^ prisçipeiux aicUol^ sdm 4'ra posa^d^if %ç\iB le§ prQçéfl«s 4çoi\ojm^[ueft de fiJNriCj^ion et d'en connaître parfaitement les divers geixra) de confectiof».
Les d4^^ aeroat donc lfio\$ d'abord^ 000^19^ ççhk de tcH^te maison qu^ a son p^r&oanel à forn^ef eit 9a cli^^eUe i^ rttirer, Japr^^enft Ve^îigç «iosi^ mid^pe^tdanteeli»t^yaU^ ^> pciiW facilita tes progrès, w %'QCc\Jipf^v^p0x 1^ s^yeo. des spi^iélé^ Ji^dustrieUes d'êtaUMT une $t9iUstique mensuelle des métiers travaillant d$iQ9 chaqve article et ppw çb^q^e n^g<M?i*qt.
D'un a^tr^ çpité Jie piri^VQg^antreeueiillfira^ soil, par se^ WiiSf lOit par ^s i^QtM)nnaireS) de& obft8nî^.ow sur la quantité de marcha^dî^eft f^^riqv^es. che^ cteque négociant.
Ce seront autant de renseignemens précieux qui donneront au primogérant les moyens d'agir presque à coup sûr dans ses opérations productives . Dans lés spéculations sociales qu'il tentera par' la fabrication de tel ou telarlide ^ sur lequel il reportera alternativement ses forces , selon qu'il conviendra d abandonner un genre à ses concurreos^ pour se poUer.sur un ai»tre plu» avantageux. Or on peut concevjoir d'avence toutes le& facilitée qu'au- 9oat Itô fabiïxquej^ eej(^icate$ pour monter tou6 1^ articles qu'il leiw plaira^ même ^ux que leurst 0Dnctionnaire&ae connafiÉraient pas- à £oAd.
Elles trouveront auprès de& tr^i^vaîHeurs tous les r^n^ seignemens, quï pourront leur èire utik , dm&i que des fonctionnsûres toujours pi^ts à les aider de leur-a coanais- »ance& spéciales.
On peut donc affirmer sans témérité que les établisse-
i{ieo9 4e (£^}>ricaj^oa devroat prospér«jr avçç de^ mçy^ns d'a4a4m$iratia|i ppiii^t trop dîfficUe^c^est^Mire avçc des g^r^ts d*uQe c^ipaçilé moyenne.
Hé bien! il ne sera pas même absolumeal n4çe#$aire qu'ils fs^seat des bénéfices ; qu'ils se soutiennent sans déficit, et cel^ ^er^ suffisant pour atteindre le but d'eu? vabissement, et d'organisation. Je yais «^'expliquer mieux :
On se rappelle qu'indépendammeiit des ^i^isonsi de production ila été décrété l'établissement d^ plusieurs mai* sons de distrilpAition de m^cbandis^s, de consommation générale.
Cb^K^ne de eesmaijsons a sesi capitaux distjiqcts etuoQ gestion particulière à laquelle Siont picéposés des fonctienn^^ire^ agissant par Timpulflàon et sous la direction conseillère du primogérant , de manière à ce qu'il n*y ait pa& confusion^ et qu'it y ait toujours vérité daâs les écrîtiwes eA publicité dans le résultat annuel des opéraltons.
— Je dis que cbacune de ces yentes sociales , ayant pour dentelle la populatM^a k peu près entiièro, no pourra suaire aux demandes, et fera d'immenses affaiires eu égard k ses capitau;^ ; et cela tout en distribuant au besoin, les produits iodostriels à desi prix un peu inlérieurs à ceux des maisons rivales.
Ces établissemens réaliseront donc des bénéfices importans, et qui suffiront pour donner de Vei^tensioo à Tceuvre générale, qui marcbera avec un avantage évident dans toutes ses entreprises.
C'est ainsi que le travailleur se procurera à hii-jiicmie les moyens de prospérer.
On peut donc avec assurance compter sur ua bénéfice annuel; on peut y compter dè& la première année, et sans employer aucun moyen qui ait quelque difficulté d'exécution.
Voyons maînteitaiit comment devra se faire la répar-' iition de ce bénéfice, toujours sans perdre de vue les divers intérêts qui sont en présence et qui également veulent être satisfaits.
Usera fait quatre parts égales du bénéfice; l'expérience dira jusqu'à quel point cette égalité devra subsister.
Le premier quart sera employé en ](lrimes d'encouragement, en intérêts proportionnels ^ accordés aux prineipaux fonctionnaires de chaque établissement ; le second' sera réparti comme dividende aux capitalistes, indépendamment de Fintérét de leurs capitaux; le troisième sera, affecté à Faccroissement du fonds social; le quatrième appartient aux travailleurs.
Il ne reste plus qu'à développer et à justifier la nécessité de chacune de ces destinations.
Pour prévenir l'affaissement moral des fonctionmares^ à traitement fixe , comme seront les premiers fonctionnaires organisés , il faut d'abord l'œil vigilant d'un chef, et de sa part quelques réprimandes aux uns^> quelques * paroles d'encouragement aux autres, mais en excitant qu'il ne faut pas dédaigner , car sa puissance est grande c'est l'intérêt pécuniaire, c'est le besoin d'amasser desrichesses.
€ar lorsque l'homme reporte ses pensées vers l'avenir de sa vie , vers l'époque où il sentira ses facultés s'émousser et ses forces l'abandonner^ il aime à rêver pour ses vieux jours quelque peu de repos au sein de l'abondance. Cette perspective sera toujours pour lui la plus heureuse , et il voudra se l'assurer au prix de beau*, coup d'efforts ; or ce désir est bon puisqu'il contribue à donner de l'énergie au travailleur, il doit donc être satisfait.
Afin de pouvoir préparer cet avenir à tous, même k
ceux qui manquent de prévoyance, il sera fait unereie* nue sur le traitement de chaque fonctionnaire poiH* lui ménager un fonds de' retraite ou une pension viagère ; et il sera adjugé en plus à chaque employé qui le méri* tera par son activité et son talent, un intérêt déterminé , une part proportionneUe dans la répartition du bénéfice social. Avec de l'attention dans les choix, il faut encore tout cela pour former des fonctionnaires laborieux et disciplinés. Yoici pour la première part , passons à la deuxième.
L'organisation industrielle aura ce résultat de retirer successivement des mains de l'égoïsme individuel les capitaux employés capricieusement à lui procurer des bénéfices les plus grands qu'il lui est possible.
Pour déterminer les possesseurs actuels à les engager dans l'organisation , il faut que l'organisation leur présente tous les avantages actuels , moins les inconvéniens c'est-à-dire sécurité et accroissement indéfini. C'est pourquoi après l'agio de sa nature nécessairement variaUe ^ et qui sera débattu, consenti à tant pour cent par an , une répartition proportionnelle leur sera de plus affectée. Ce sera l'emploi du deuxième quart , passons au troi-^ sième.
Ce qui fera la sécurité des premiers capitalistes qui engageront leurs fonds dans Tindustrie centralisée , c'est le premier fonds social : c'est sur cette base que repose la garantie qu'aucune chance de perte ne les atteindra» 11 faut donc pour que la garantie soit toujours réelle, que cette base s'élargisse à mesure que les capitaux afilue-* ront; cet accroissement du fonds social s'opérera en y ajoutant chaque année le quart du bénéfice annuel.
L'emploi de ce fonds devra être en totalité employé en acquisitions, ou constructions sociales, soit ustensiles»
bAlimeii», usiaes^ ^^ pl^^ ^^d terreins de culture , coii«- Iruciion de ponts « canaux ^ routes en fer, monumens, etc .
Gomme on peut le pressentir déjà, le fonds social aura pour résultat dans l'avenir de modifier en ce qu'elle a de vicieux et de trop morcelé, la constitution actuelle de la propriété immobilière et territoriale, et cela progressivement, sans secousses et sans froisser aucun intérêt.
lie quatrième quart du bénéfice sera plus spécialement la part da peuple, mais l'embarras c'est de savoir de quelle manière elle lui sera distribuée ; je l'avouerai fran* chement j'hésite dans le mode de cette répartition, je suis flottant entre deux systèmes qui n'ont pas la même valeur, et que néanmoins je veux donner tous deuot^ans dire celui pour lequel serait ma prédilection.
Qui est-ce qui n'a pas senti l'influence moralisante et excitatrice qu'ont les beaux arts vis-à-vis du peuple en général?
Le poète, le littérateur, le publiciste, l'c^ateur, le musicien, le peintre, le statuaire, le comédien, le dansens et l'athlète, tous les artistes enfin doivent recevoir da travailleur les moyens d'exercer leur ministère d'ios* pîration.
Ne sont-ce pas eux en effet qui développent le sentiment dans le cœur de l'homme, et le rendent capable d'exécuter les plus grandes choses.
lUen n*est impossible à Thomme qui veut. £h bien ! c'est le sentiment, l'enthousiasme qui font vouloir.
Dans les premiers temps de l'organisation , la psff l du bénéfice social consacré aux beaux arts , aux fêtes publiques, sera d'abord bien restreint et sufi^ à peint peut-être pour quelques bals le jour du 15 août , que le travailleur se donnera à lui-même^ et où il ira< s'initier à la délicatesse des manières , à la décence publique et à l^urbauité sociale.
Mais vienne le temps où de magnifiques théâtres et des cirques immenses s'ouvriroiit au peuple qui viendra s'y asseoir tout entier, pour se délasser de ses fatigues et y puiser de nouvelles forces.
Tiennent les nouveaux jeux olympiques ornés de tout le luxe de l'industrie y embellis par tous les prestiges d'une ingénieuse poésie.
Tous les âges, tous les sexes fourniront de nobles émules^ qui entourés d'une pompe inconnue viendront au milieu de leurs parens , de leurs concitoyens réunis , entendre proclamer leur nom et appeler sur eux l'estime publique.
Au milieu de l'arène glorieuse, seront d'abord appelés des adolescens brillant de jeunesse et d'espérance^ qui conduits par leurs heureuses mères^ soutenus parleurs professeurs, dont ils sont l'orgueil, recevront une couronne prix de leur studieuse application.
Tantôt s'avanceront des hommes ou des femmes inventeurs laborieux d'un procédé nouveau ou de quelque machine utile, pour recevoir un brevet d'honneur au bruit des acclamations de leurs concitoyens reconnaissans.
Ou bien encore ce seront de jeunes hommes à l'œil ardent et fier, de jeunes filles au tendre et modeste regard, qui en présence d'une amante, d'un fiancé, de tout ce qu'ils ont de plus cher, viendront le cœur palpitant d'émotion , revêtir les insignes d'une fonction nouvelle ou â*un grade supérieur, dû à leur travail et à leur talent.
On le sent, les artistes principaux directeurs de ces solennités nationales, auront revêtus alors un caractère nouveau; au lieu d'être des histrions venant gagner leur vie souvent au prix d'un insolent sifflet, ils feront partie
d'un corps de fonclionnaires d'une grande importance, qui formera, pour ainsi dire, un sacerdoce nouveau, aimé, respecté, admiré.
Et alors le travail sera glorieux, car il sera célébré, chanté par mille voix harmonieuses.
Si on veut réfléchir maintenant à tout l'enthousiasme laborieux qui sera inspiré aux travailleurs par les accens passionnés des poètes et des orateurs , et à tout ce qu'il pourront produire d'efforts grandioses, d'entreprises gigantesques ; non il n'est pas de merveille que Thomme ne puisse édifier.
Ceci suffirait surabondamment pour justifier l'application aux beaux arts de la quatrième part du bénéfice social; mais, je l'avouerai avec regret, je ne pense pas que ce soit ainsi qu'il convienne d'opérer cette répartition ; avant de penser à verger au peuple des flots de jouissances artistiques , il faut préserver ses cheveux blancs de l'humiliation de l'aumône. Il faut que le nécessaire passe avant l'agréable. Yoici donc comment se fera véritablement la distribution de la part du peuple :
A Lyon les travailleurs en soieries occupés par les fabriques centrales, seront considérés comme fonctionnaires pendant tout le temps qu'il travailleront pour elles. Un compte sera ouvert à chacun sur le registre de prévoyance, ou proportionnellement au montant des façons qu'ils auront faites dans l'année, il leur sera inscrit un dividende de la partie du bénéfice qui leur est adjugée.
Ce dividende sera lui-même subdivisé ainsi :
l}^ au compte du chef d'atelier et de sa femme s'il est marié.
j^lZ au compte de l'ouvrier ou ouvrière.
Le montant de cette inscription «era stipulé sur un billet qui servira de titre au travailleur. Ce billet ne
sera payable 9 soit comme capital , soit comme pension viagère^ au choix du porteur, qu'à Tâge de la retraite fixée provisoirement à soixante ans.
C'est ainsi que par une répartition équitable du bénéfice de l'organisation , on conciliera le présent avec l'avenir^ l'intérêt individuel avec l'intérêt social, Tégoïsme avec le dévouement, en faisant que chacun de ces termes soit de moitié dans le partage.
On vient de voir dans quel esprit et d'après quels principes l'industrie devra être constituée, et cette page sur les beaux arts qui, je le sais^ sera de trop pour bien des personnes, puisqu'elle n'est pas encore praticable , n'eu est pas moins importante en ce qu'elle indique comment la gloire du travail pacifique sera substituée peu à peu à la gloire des combats.
Il ne reste plus qu'à résumer les points principaux qui doivent effectuer la transition de l'ordre actuel à Tordre nouveau, et récapituler les avantages que le peuple trouvera dans l'organisation du commerce et du travail.
Voici à quoi se résume la constitution industrielle :
Un primogérant ou chef industriel ;
Un premier fonds social j garantie des capitalistes ;
Des établissemens de distribution.
Ventes sociales d'objets de consommation générale :
Des établissemens de production applicable à la localité lyonnaise ;
Fabriques centrales d'étoffes de soie unieset façonnées.
RiPAATmON DU séNiFics :
j[re partie, — intérêts aux fonctionnaires.
2ine partie , -* dividende aux capitalistes.
^me partie ) — actrofssemettt da fonds social.
4«* partie, — dividende aux travailletirt.
Voyons maintenant quel àeta l'effet moral et Téffét positif qui sera jirodtiit par l'application de ces pHncipes.
n ti'y a rien qui soit si dépitant poor Thomme doué de quelque vigueur dans Vame, il n'est pas pour lui de pensée plus décourageante que de croire qu'il ii^etiste aucun remède à ses maux. Lorsque l'espérance lâanque au cœur de l'homme, les passions haineuses prennent sa place et la démoralisation ne se fait pas attendre ; car alors l'homme sentie besoin de s'étourdir sur sa situation^ et appelle à son secours les vice et la débauche.
Or, comme on l'a vu, c'est dans cette situation désespérante que se trouve la majorité des travailleurs , et doit-on s'étonner qu'ils s'agitent, qu'ils se révoltent, qu'ils menacent de faire partager leur misère à ceux qui ne savent que leur prédire une éternelle exploitation.
Aussi on peut affîriner que le premier effet que produira une tentative sérieuse d'organisation industrielle sera de remonter le moral du travailleur, en lui donnant là certitude que son sort sera amélioré prochainement , ce qui aura réellement lieu d'une manière complète lors, que le commerce social aura remplacé ie commerce individuel ; lorsque par son moyen beaucoup plus de richesses seront produites et que le revenu annuel du travailleur sera en rapport avec le prix des marchandises à son usage. Et en attendant ce moment, aussitôt que lés fabriques centrales auront acquis quelque importance, elles serviront de régulateur vis-à-vis des autres fabriques pour le prix des façons, qu'elles payeront au plus haut cours celles seront êônc dès le commencement même un obstacle bten prononcé k la baisse des salaires.
Mais combien cet àvanf a^ stità plus grai^ lorsque
l'accroissement du premier faiïd& permelira d'agir avec des capitaux a» peu considérablea; la fobrication des^^ difiérens gemmes de production, sera monopolisée avec la plus grande facilité. < .' /
le vais.doooer une idée de la manière^ dont je 4{ono<ns^ que s'opéfera renvahissefment des articles les^uns^api^s^ les autres.
Je iMjppose prêts des capitaux suffisans destinés à «et objet ; par le moyen de la- statistique mensuelle des^ métiers travmllant dans chaque article et pour cbaqoe> négociant, on connaîllemouvemeatproductif de chacun de ces articles, et on a des données précises sur -le noml»*e des métiers qu'il va falloir occisqper et alimenter toute. Tannée; on prend ^nc ctes- mesures en: conséquenee, eaprépertionnaotiileurBombre la quantité de capitaux nécessaires. Lorsque totfl est préparé , une lettre dans le sens delà eircukdM» suivante ^ «itadre^e" par le primogémot à chacun des négodim» qili Iraftê^t- Tartiole dont o» veut faive la conquête. ■ « Monsieur ,
« Dans llntérèt de la société générale des travailleurs, « nous avons résolu de nous emparer de la fiabritJation « exclusive de Tarticle que vous exploitez darts votre K intérêt individuel. Je viens vous prévenir qu'à dafter « dul«>'du mois proclMûn, nous vous fenms toute -la « concurrence qu'il nous sera possible, et vou9«avez « combien nos moyens sont pulssans : nous n*atons « qu'à £aire un appel à vos ouvriers, et ils totis quî^e- « ront pour venir à nous; vous savez aussi que né4is <c n'avons, pas besoin de faire des bénéfices danié^'ttds <c établissement de prodi^cticm; nos maisons de^ fiibri- « ques oi^anisés vendent leops : produits au pair^^ elles « peuvent même prospérer cguoicpie vendati à perte ,
« pMTCoqUe le .bénéfice 'de roDganifation porte prinei- <c pakfltent i^ la vente au détail d'dijtts de con«om- <r/mAti6n' générale. Vous Toyez d<Hic> ineBiieiir,^ q«e si M vous vous obstiniez à lutter contre noèsy v<hi9 serîei «. îirfaiUthtemehi pàîmé ^ s«bs que oda ait profité à petr- <c sonne ^el tonMe: je teraia biewIftcM de vous voir u prendre une détermination qui serait au détriment de « tens 0t(de i^usrnélne> lent en vo«» prénrenant de ce « i^e .nous a«oos:déckié' en ce qvi vous kitéressei, je K'.;vieol»)veus fai«e^,des pra^ositîoBa ^1 coucîlie^oiit , je « Hespérei^ ve» itttérètoniOQO ceux dto la aociété générale u des travASièUTSi . , -
<c Yom ètes^Mk decéosé dont j^àpprécie beaooc»^ les « les conoaiisaoeee de bbriqoto , etcooint Fo^gamsatiOn <c abeseÂnd'hbmil»ea^sf>édài&20yCapableeetei|)é0iaie«Éés « comme vous,, monsieur, je voui» offire uoe fonetmi « bonosahle à rempli» dand un de nos établisbenv^nsy et « qui doit être ce me semiile^ en rapport avea vos <c goûts et vos habitudes, c'est le grade de^ gérant daUg <c une des fabriques organisées , qui aottt après se « fonder. Yotre tndteiâeUjt fixe sera de. » • ^ et ce seàon que vdu^.von» dis4ÎBgoerei> de vos collègues , il <r vpns serib allooé utt)inté«êt plus ou moins foct dahts le <c bénéfice so^el^ oet intérêt ne voub sera pas^ adjugé <( arbitrairement V mnis voici quels seront lea moyens de « r^C^noaitret lors^ae vous. Pauxes mérité : si à FkiveD- <c teifedeJarfin de^ l'année vous «vez fabriqué et vendu «. plMs4'étalks* que tous vos collègues^ proportiminelle- <r mentaux eapîlaux dentveus auBeadispesé', ce sera la *< ppreuve certahifif. que vos preduilâ anrbnt été mieux •( soignésl dans temr confecëôki, ou> qisè kr CMabinsâson « des matières aUra^été'faîtefd'unemaBièreplus sa vante, «( ce qfii après examen passé par m jvr^eompétent,
ai
i( ou, daii8le€a«<€0otrfliiti,Àdi^ {ilaf'iaibieistèfcniiiiule
u X!'e0l il iroiM mmnitàeLUi k àioààexfM ^tous) fanndz <c mieux ri84|uer9etneforiatteâiiiiiiiioe lotte kiégafe^que « de JoéiilftrlaDeooftaaiaféiioeide'vbs^ cooçitoiyewfiefv « fiuaa{dpyaIltTO9'ialfflisë«l&«lDi]MAaodal.^a^ett^lr^ K Iretéponae. . > U:
« Je vous ferai encore observer que Im voms vpn^jdé^ « âde« à toflppf , mu6 peurroas^ yous décfaacgër djB fU lo- <r «ation de v0i onAgAtinciiy efiipfcteaÉt^itiPDle dii voine
« iait. .:.;î .
ce Ko«s iKïhl^mm jmmï l>eaii(oup la lifuidaAkmjdfe « ivt(M.«e coiyH»flVQep«drti6«lm^(da»8le,oas6é.v6u0>:vou- H 4ries engluer «os c«qpfitim7; âa«0^rQrgaitfSatroB; iinàts « potuTQips acheter au CMrsi^ftSMfiekMdttœt^ue'iMi^ « «v««> s<iît en loagaais^. ^îÉisqr las métianir de/nai^- <c jaiéreà œ f|iie tfoits m'ayt» jpkis. que^iioa^ flB&aoaaftà <c 'liquider» \ • -, * . ....-.■■j:.' ■ * .,.-;r. •
« You5 vous Ti^peUQreejfaQim f|u-ipdi^ipiiiinniM eut « de Vîntérètde.vioscapttajâfxy au stiîtt «^Scpielb iMqs «r seve« gatauti ide taute^ohMee Jcg fMrle parklcaids « sociid^ il vAua seiriendra e«cooe klhém del'aaMf^tiiie K xépartition au masc J6>&aac.du qpart dii Mil^eefS(»•- «r cial consacré à oeiusiagB. » .
Ofi comprend ^ia'avee de pûcèîk :proo^dés ^^ipe^nne ne pourra ae {daiodfe Jégiiâineintni ; jsiqpdQittlant J'article aei» ieavahi^ monopolisé «aitt^|xrofiLâes:imvaîUeo» de ioutrang^ car aiara ia jocmouBt ence iacleaflne n^siant plus, on pourra de suke rédiiôee4a cooonitrenD&'étBangère à sa juste valeur^, et augmenter le prix de la vente et le prix des façons de Tartiele conquis, de manière à procurer une certaine aisance à Touvrier.
De > 06 : qurptéoçdé 'Oh p6f t dénc conclure^ que les ré- «ultàU obtenus âeront p6»r le trahraittenr.
Un reconfort moral par Tassurance d*un avenir meilieor peortui ounkà^miàû»; la cessation de la baisse des «i^laiiles;; I'@0én[iptiett*de)ttiité fravde sur le poids corn- Mae s«r 4a»ciKHdkè>dan^']efi)ob}ets de consommation ; une haxme'fiaà^éême éaéfaçfHis^à mesute que s'çcpérwa la centralisation des diverses industries, et^^ifin une re^ tndte poarla vieUqsse*. '
!Idi je iMs m'arrêtera car|e'sens qu'en. poussant plus '4oin^li»ieon«ei&4ie<détqil, le» prévisions minutieuses, je tomberais dans le vague que je veux éviter. Il y a tant éerihurbhes difiéremes à suivre, tant de réformes partieHes à vèakfer les %ines après les autres, qu'il serait téméraire d^én Touloir régler Tordre d'avance, sans conmitre les eii»co«stanoes qui néoessttett^ont la préférence ^rteL ou tel moyen ; car pour opérer ^envahissement, tla^eentràlisation de l'industrie^ une tactique sera créée , des manœuvres inconnues seront mises en usage contre :Ie) monopole individuel^ et la concurrence sera vaincue p«r dle-iyième sans faire répandre ni larmes ni sang. < Ce dont on peut étïeceiHam d'avance, c'est que par l'orgetmation fondée suries principes que je viens d'indiquer, llnduftrîe prendra une allure toute nouvelle .^ remarquable de franchise et de loyauté.
Etpour ee^qoi est relatif au travailleur^ on obtiendra peu à peu l'extirpation de sa misère aussi ancienne que le monde ) son développement sous toutes les faces de la tiè, et enBxk progressivement l'harmonie universelle , qui n'est aiirtre chose que tA LiBSBri.
- Je croyais avoir momentanément terminé mon œuvre, lorsque j'ai fait une réflexion : que sert-il, me suis-je dit, de publier une théorie organique, si elle n'est pas suivie immédiatement d'une action qui puisse la faire réussir si eMe est bonne, ou dans le cas contraire servir à constater ce qu'elle a d'impraticable ou d'inopportun.
Ce que je propose est, il est vrai , une entreprise de longue haleine, une œuvre de persévérance, de ténacité^ cependant si ma théorie est appréciée, c'est-à-dire si elle est juste ,^ un grand nombre de ceux qui la connaHront -ne pourront s'empêcher de désirer son application immédiate, et seront disposés à fake des ^hrU plus ou moins grands pour la metU'e en pratique, car la théorie •c'est l'espoir, mais la pratique c'est la réalité, et; c'est de la réalité qu'il faut au peuple.
Or l'homme est ordinairement bon et sage lorsqu'il écoute les premières impulsions de son cœur, mais il est aussi naturellciment frivole et oublieux dans la succession de ses idées, c'est pourquoi il convient en le prenant tel qu'il est, de tâcher de faire tourner ses bonnes» mais fugitives inspirations , au profit de l'humanité.
Dans cette intention et dans celle aussi d'entrer le plus inmiédiatemeni possible dans la carrière de l-hansKmie , voici ce que j'ai cru convenable de faire , encouragé pmr quelques personnes que j'ai consultées à ce sujet.
En même temps que se publiera cet écrit , que l'opinion publique se formera aux idées de l'organisation pacifique de l'industrie, et que des démarches seront faites auprès du gouvernement pour obtenir l'autorisation nécessaire y des feuilles de souscription seront répandues pour recueillir les dons des personnes qui voudront coopérer à la formation du premier fonds social gratuit.
jUo i^onmMe sioufl^lpie«ura»e€h9rgeraaiiBsi4'o|kérer la
€rip(ioQ^A «Msurt que la DecelteTAe fera, t'aigei^t aéra déposé piv^ «perAttt choi un buiquier eu oégocÂani qui Je £era vidoir , ou bieip ii la caissières dépôts lei €xwisigna- ^ÂOAS , seton ce qui sera le pius etmveuahle dafts Tioiérêt jder.eatcepriae*
fie sorte que 4aus le j:as uiéapie où le m9j$Umi 4es scuus' criptions m pmvieiiraîiipaa (Jelonader ie pi^mer .éiidE>Usaement de T;e»te sociale pour lequfl il itodraM tout compris , /ouvicon 10^600 £r., la seosm^ produite par les souscnptioitô^ iant fa^e futrcUe» n^e9 sera pas œoîos ou commencement d'exécution orga^lsairjk^e, puisqu'elle poortera i»térêi juaqa'w «KH9j^oiyieUe suffira à^rautir l';emprMQit ^écessiaMe k la première «utrei^ise ^ciale*
& sesaaMB «a usage daus le «iode de la sousionpIioA 9 .les {MréoaMtioius nécessatres, afo que toutes iparauliAS de ûdélité soient assurées aus souscripteurs. Le public esi prévenu quexbaque Usie soca imprimée ei publiée i^ucces^enoent avec son uiimAro d'ordce ^ le nom et .adn»ise ide sou défiosilaii» qui eai respouaable .de«^ somjuies que les souscripteurs lui auronl coufiées^
£Bioifiit >(0 foiUles Tft 9PU6mption.
C//&, xiJerrûmj nea^ j cÀ^z^ àorvAèrej rue cuy ^c^ucc^tJ,
mtMtlTAMB âlWHMiÂSUt »K LÀ LMTtT M^ l.
SOUSCRIPTION VOLONTAIRE ET GRATUITE POUR LA FORMATION d'uN PRE- MIER FONDS SOCIAL , QUI SERVIRA DB GARANTIE AUX PRÊTEURA DE CAPITAUX , POUR l'entreprise D'ORGANISATION DU COMMERCE ET DU TRAVAIL.