SUR LES BOUCHES A FED EN BRONZE, EN FER OU EN FONTE
Les bouches à feu en bronze peuvent s'employer avec sécurité : elles se brisent rarement et ne se brisent pas subitement. Mais elles coûtent fort cher; elles ne durent pas quand on les tire vivement; leur inconvénient de s'altérer rapidement à l'intérieur y détruit la justesse; et, en somme, elles peuvent compromettre le service, dans les plus graves occasions.
Les bouches à feu en fonte de fer ont toujours été employées à cause de leur moindre prix -, mais autrefois elles étaient d'un emploi dangereÏQt. Aujourd'hui, par l'effet des progrès industriels de ces derniers temps, on sait en faire qui sont d'excellente qualité. Or, elles ont sur les bouches à feu en bronze les avantages que voici :
Le canon en fonte de fer peut tirer un nombre de coups beaucoup plus considérable sans se détériorer intérieure* ment.
Conservant ainsi sa forme intérieure plus intacte, il tire plus juste après un certain nombre de coups. Et, à cet égard, la justesse du tir de ces bouches à feu est un progrès tellement remarquable, que dans les récentes expériences com-
parât iv es de la Fère, lorsque les bouches a feu eu broute manquaient la cible, en moyenne, dix à douze fois sur cent, celles en l'unie de fer ne la manquaient que deux fois.
Et ces canons, qui valent beaucoup plus, coûtent beaucoup moins dans un toi rapport que, par exemple, un canon de 24 en fonte de fer coûte 1500 francs, tandis qu'en bronze il coûte 7,250.
Do plus, l'artillerie en Tonte de ter emploie nos produits naturels et encourage notre industrie nationale, tandis que l'artillerie en bronze exige qu'on fasse venir le cuivre de Hussie et l'élain d'Angleterre.
Et celte dernière considération ne porte pas sur des chiffres qui soient à dédaigner, puisque dans les six années, seulement de 1840 à 1845, nous avons acheté à l'étranger, pour nos bouches à feu françaises, du cuivre etdcl'étain pour une somme de 6,610,300 francs.
Enfin, tandis que les bouches à feu en fonte de fer deviennent de plus en plus solides, ii cause des progrès successifs de l'industrie qui traite les métaux, les bouches à feu en bronze deviennent de moins en moins solides, à cause des progrès successifs de l'industrie qui fabrique la poudre.
On reprochait autrefois aux bouches à feu en fonte de fer d'éclater, parce qu'elles n'offraient pas une ténacité suffisante ; mais leur ténacité aujourd'hui est telle que, par exemple, mes canons ont résisté aux épreuves énormes que voici : celui de 150 (qui tire des bombes de 0",27) a été rempli de 520 livres pesant de projectiles, avec une charge do 15 livres de poudre; et celui de 120 a été rempli de
474 livres de projectiles, avec une charge de 24 livres de
poudre !
en fonte de fer se rouillent, dit-on ; or, la
rouille peut les pénétrer, et peu à peu les rendre fragiles. Cela est vrai ; mais se rouilleront-ils davantage dans nos places fortes, si on les y admet, qu'ils ne se rouillent sur les côtes, et sur les vaisseaux où ils sont employés? Et quand on peut entretenir dans les places plusieurs millions de fusils contre la rouille, pourquoi ne pourrait-on pas y entretenir quelques milliers de canons?
D'ailleurs, n'est-ce donc pas une question partout résolue, et les bouches à feu en fonte de fer ne sont-elles pas employées à la défense des places chez toutes les nations où il y a de l'instruction et des progrés : en Suéde, en Danemarck, en Russie, en Prusse, en Hollande, en Angleterre, aux États-Unis d'Amérique ?
Et dans les places, où l'on tire généralement à faible charge, où l'on tire avec des projectiles creux qui sont plus légers, et où les pièces sont isolées derrière des traverses, pourquoi n'emploierions-nous pas les pièces en fonte de fer, lorsque nous les employons sur les côtes, où l'on tire avec des charges plus fortes, et où l'on tirait des boulets rouges, dont l'accroissement de volume exigeait une résistance de la pièce beaucoup plus considérable que le boulet froid ?.... Et surtout lorequelfcpuis si longtemps, et avant leur perfectionnement, elles sont exclusivement adoptées dans la marine, où l'on tire quelquefois plusieurs projectiles d'un même coup ; où l'on tire avec une vive précipitation, et où, les canons et les hommes étant pressés dans un espace très-restreint, les accidents auraient une bien plus sérieuse gravité ?
Et si on veut tenir compte de l'évidence proclamée par les faits de guerre les plus récents, n'a-t-on pas vu, au siège de la citadelle d'Anvers, en 1832, que plusieurs de nos canons en bronze de l'attaque ont été promptement
2Si
mis hors de service, tandis que les canons en foule de fer des Hollandais ont bien résisté? Et à Saint-Jean d'Ulloa, qu'ont fait les canons en bronze des Mexicains, contre les canons en fonte de fer de la flotte française? Et à Tanger, à Mogador, les gensde Maroc n'avaient-ils pas des canons en bronze contre nos canons en fonte do fer? Et dans les cliocs récents du Danemarck, de la Hongrie, etc., ne sontce pas des canons en fonte de fer qui armaient les fortifications?
L'artillerie française, malgré tous ces motifs, a voulu des expériences, et depuis un certain nombre d'années, on a fait des expériences. On les a faites sur une trèsgrande échelle. Puis on les a réiiérées. Puis on les a réitérées de nouveau N'ont-elles pas toujours fait la même
réponse en faveur de la fonte do fer?
Et cependant on ne les accepte qu'a regret, que partiellement, et qu'en fabriquant toujours des bouches a feu en bronze autant qu'on peut en obtenir : tellement qu'au 1" janvier 1849, sur 16,495 bouches h feu que possède ta France, il y en a encore 13,770 qui sont en bronze ; et tellement qu'au budget de Tannée actuelle 1849, il y a encore une somme de 484,351 fr. accordée pour faire des bouches à feu en bronze.
Voilà les faits sur cette question : il appartient aux pouvoirs de l'Etat de décider.
Une solution d'une autre nature se discute aujourd'hui : ce serait de remplacer les bouches à feu en bronze par des bouches à feu en fer forgé, au lieu de les remplacer par des
bouches à feu en fonte de fer Disons donc un mot de
cette solution.
Mais d'abord écartons cette idée très-répandue : que des bouches à feu en fer forgé étant plus résistantes, pourront être bien plus légères que les pièces en bronze ou en fonte. Il n'en est rien : car le poids des bouches à feu n'est pas nécessaire seulement pour résister, il est nécessaire aussi parce que, la réaction étant égale à l'action, on ne peut lancer que des projectiles légers avec des bouches & feu très-légères. Pour admettre des pièces très-légères, il faudrait introduire dans les affûts quelque nouveauté trèshardie et très-heureuse, qui n'est guère & espérer. Cette réserve étant faite, reprenons la question.
On sait depuis longtemps que le fer forgé a plus de fermeté que le bronze, et qu'il est moins cassant que la fonte de fer. Aussi, depuis longtemps, a-t-on essayé de petits canons en fer forgé, et des âmes en fer forgé aux gros canons de bronze. Mais ce n'est que depuis une époque assez récente que les procédés industriels en sont venus à pouvoir forger de très- grandes masses de fer et à les travailler assez bien, pour que la pratique puisse admettre de grosses pièces d'artillerie en fer forgé.
Les Américains, il y a peu d'années, ont fait en fer forgé un énorme canon à bombes, lançant un boulet de 219 livres par une charge de 25 livres de poudre. Ce canon a éclaté en causant autour de lui des malheurs graves. Mais un tel insuccès ne prouve rien contre l'artillerie en fer forgé : d'abord, parce qu'il y avait, dit-on, dans cette bouche à feu, un mélange peu judicieux de fonte et de fer; et ensuite parce que, quand on veut arriver à faire les canons de l'artillerie comme les canons de fusil, on commence par les petits calibres, puis par les moyens, et non par le
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calibre de '200. Les Américains, au surplus, ne se sont pas découragés, et ils ont fait fabriquer en Angleterre de nouveaux canons de 200 en fer forgé.
En France, deux canons d'essai, du calibre de 2i, en fer forgé, ont élé mis en expérience, et ces expériences ont fait voir les avantages de solidité; seulement il s'est montré quelques i m perfections de fabrication, qu'il était naturel d'attendre d'un premier essai. Une expérience nouvelle et plus complète se fait actuellement (1849).
On doit, je pense, s'attendre, relativement auxbonches à feu en fer forgé, à ce résultat-ci : que lu choix du fer, l'échantillon des barres, la manière de les réunir, de les battre, de les souder entre elles, de les corroyer, peut-être d'en tordre l'ensemble, peut-être d'essayer une âme d'acier dans ce corps de fer, et qu'enfin toute la fabrication se perfectionnera. Les puissantes machines et les habiles fabricants n'y manqueront pas. On pourra donc posséder des bouches a feu en fer forgé.
Ces bouches à feu vaudront beaucoup mieux que les bouches à feu en bronze ; et elles ne coûteront qu'à peu près moitié. Mais elles n'auront, a beaucoup d'égards, qu'une supériorité de peu d'importance comparée aux bouches à feu en fonte de fer; et cependant elles coûteront trois fois autant que celles-ci.
Un bel avenir, toutefois, semble leur être réservé : c'est celui où l'on aurait trouvé pour le canon un système analogue a celui du nouveau fusil. Pour ce cas, et surtout pour de* bouches à feu légères, le bronze et la fonte me paraissent fort inférieurs au fer forgé.
Je suis donc porté sur cette question, en me renfermant
ici dans ce qui est relatif au système actuel des projectiles sphériques, à conclure :
1° Que les bouches à feu en fonte de fer, qui aujourd'hui sont excellentes, et qui sont à très-bon marché, doivent servir & l'armement très-nombreux et très-dispendieux de nos places, de même qu'elles servent à l'armement de nos côtes, à l'armement de nos vaisseaux, et à l'armement des places de toutes les nations éclairées ;
2° Que les bouches è. feu en fer forgé pourront, après expériences faites, et afin d'accorder satisfaction à tous les scrupules, être admises pour les pièces de campagne, qui sont peu volumineuses, et pour les pièces de siège, qui sont peu nombreuses ;
3° Et que , quant aux pièces en bronze : vouloir les maintenir, malgré leurs très-grands défauts et malgré leur prix énorme, c'est s'exposer à sacrifier chez nous l'intérêt public à l'intérêt des Anglais, qui vendent l'étain ; à l'intérêt des Russes, qui vendent le cuivre ; et à l'intérêt des fournisseurs, qui vendent tout.
sur l'emploi des gros calibres en campagne
Dans l'origine, on traînait en campagne tous les calibres, même celui qu'on nommait double canon, qui lançait des boulets du poids de 50 livres, et qui était attelé de trente chevaux . Et tous, les petits comme les gros, étaient peu maniables et peu mobiles.
Ensuite, mais lentement, la mobilité s'est peu à peu organisée. Et quand, en France, Gribeauval institua notre excellente artillerie de camj^gne, il n'y admit pas de canons au-dessus du calibre de 12.
Cette mesure, de n'admettre en campagne que les petits calibres, devait-elle être une exclusion absolue des gros?... Ce qui est exclusif, ce qui est absolu, pouvait- il être irrévocablement établi ?..... Et fallait- il passer d'un excès à l'excès opposé?... Examinons.
Le grand Frédéric, et cependant il fut le principal introducteur de la mobilité des troupes et, particulièrement,
de la mobilité de l'artillerie -, le grand Frédéric, dis-je, avait soin, dans les batailles importantes, de faire arriver quelques batteries de gros canons de siège, et plusieurs fois ces batteries produisirent un effet décisif.
Les Anglais sont très-partisans de l'artillerie mobile, puisqu'on leur doit les affûts articulés, et qu'ils donnent de plus grands soins que tous à la rapidité de leurs mouvements : les Anglais cependant ont, en campagne, du canon de 18 à la réserve ; et dans l'Inde, ils viennent d'obtenir des effets très considérables, au moyen de grands canonsobusiers, traînés par des éléphants.
Et on peut dire de Gribeauval : que, lui-même, il avait senti qu'il ne pouvait exclure entièrement les gros calibres du service de campagne, puisque l'obusier de 6 pouces, qu'il introduisit, n'est pas autre chose qu'une bouche à feu légère, du calibre de 32.
Enfin, nous avons aujourd'hui, en campagne, des obusiers longs et lourds de m .15 et des obusiers longs et lourds de O œ ,16, qui, en réalité, sont des canons légers, des calibres de 24 et de 32.
Ce n'est donc pas faire une étude insolite que de rechercher quel est le maximum du calibre qu'il est possible
d'employer dans les batteries de campagne Cette étude,
je l'avais faite en 1840 ; et je l'avais fait suivre, en 1841, d'une proposition Celte propositionne fui point acceptée.
Je viens ici la reproduire par plusieurs motifs ; d'abord,
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parce que la publicité est un recours en appel qui est dans lo droit légitime de tous; ensuite, parce que, dan* I examen do ma proposition, il s'est introduit ( j'ai lieu de le penser ) une erreur de fait; et, enfin, parce que, depuis 1841, le fusil nouveau, qui porte si juste et si loin, semble exiger que l'artillerie ne néglige pour ellemême aucun des moyens qui peuvent accroître sa justesse
et sa portée Voici donc textuellement quelle était ma
proposition.
Proposition d'une batterie de rèierce plu* puissante que erllr qui t$t composée de canon* </<■ 12 et d'ohutier* dt 16t.
Dans notre batterie de réserve, les obusiers portent beaucoup moius loin que les canons, et ils produisent des effets de natures différentes : de sorte que, quel que soit l'objet de la batterie, ou des troupes, ou des obstacles matériels, ou îles incendies, il y a toujours dans celle batterie une portion qui (ait moins et qui fait autrement que l'autre. C'est d'ailleurs une complication que d'avoir, dans une ,méme batterie, deux espèces de bouches à feu, deux espèces de projectiles, et deux espèces de caissons.
Ce que je vais proposer ici : c'est d'avoir une réserve qui, au lieu de quatre canons de 12 et deux obusiers de 16 centimètres, soit composée de sixcanons-obusiersde 34.
La bouche à feu aurait le poids et presque la longueur du canon de 12; elle aurait une charge plus grande que celle de lobusier de 16 centimètres, et presqu'aussi grande que celle du canon de 12; l'affût resterait le même, et le projectile serait un obus de 21, renforcé de manière à satisfaire aux deux conditions : d'avoir assez ilYpliiimili
pour ne passe briser contre des murs de maisons, et d'avoir un culot pour jouir des avantages de l'excentricité. ( Voir pour ceci la note D.)
On aurait de la sorte, pour le service de campagne, deux calibres seulement, le 8 et le 2V, au lieu de quatre calibres; et, pour les batteries de réserve, une seule bouche à feu et un seul caisson.
Je ne présente pas cette proposition comme nouvelle, ni comme parfaite, mais comme offrant assez d'avantages pour être discutée.
Et, afin d'offrir une base solide à la discussion, je viens de faire (avec autorisation) une expérience dont voici les résultats : (>)
Dans cette expérience, la portée de la pièce d'essai a été supérieure de 233 mètres à celle du canon de 12, et supérieure de 580 mètres à celle de i'obusier de 16 centimètres.
Pour la justesse du tir, les projectiles de la pièce d'essai sont tombés sur une surface qui était cinq fois moins grande que la surface sur laquelle sont torhbés les boulets de 12 et les obus de 16 centimètres.
Et la supériorité du tir à balles a été plus considérable encore, car le nombre des balles qui ont frappé un panneau, à 600 mètres, a été trois fois plus grand) sans compter que la portée des balles a été plus étendue ; et que, outre les balles, les culots, pesant 3 livres, du canon-obusier de 24 étaient lancés à 480 mètres.
(i) J'ajoutais à ce qui est ici au texte, le dessin calculé de la bouche à feu . les procès-verbaux des expériences faites à Metz, etc. La pièce qui avait servi à mes essais était un vieux canon de 12 de siège, foré au calibre de 24, coupé a la longueur calculée. On lirait comparativement avec un canon de 12 de campagne et un obusier de 0,16 e .
Mi
Il y a donc, dans cette proposition , des avantages à espérer.
Sans doute, il y aura aussi plusieurs questions à résoudre: par exemple, celle d'une forme de bouche à feu meilleure que la forme tracée au dessin que je présente ; celle de n'avoir pas do chambre, ainsi que je l'ai proposé en 1817 pour les obusiers, ou d'avoir une chambre, comme on l'a voulu en 1619, (■) celle de la Tonne intérieure et du poids de l'obus, etc Mais il ne s'agit ici que de faire des expériences, et les expériences donneront les moyens de résoudre ces questions.
II y aura sur ceci, comme sur toute autre proposition, plus dune objection h faire, je le sais, et je vais essayer d'y répondre. (Ici suivaient les réponses aux diverses objections.)
Telle était ma proposition de 1811... J'ajouterai ici que peut-être cette proposition offrirait des avantages plus considérables encore, si on donnait au canon-obusier de 24, destiné à la réserve, un poids plus considérable que celui du canon de 12 ; le poids de 1,000 kilogrammes, par exemple, et même plus, au lieu du poids de 880 kilogrammes. Ce qui, dans mon opinion, est propnsablc pour les bouches à feu de la réserve, qui n'ont pas besoin d'une mobilité extrêmement grande comme les bouches à feu des divisions. Et ceci se réaliserait facilement au moyen d'attelages composés de cette excellente race de chevaux que nous avons su créer en France (les percherons!, et dont la
force militaire, aussi bien que l'industrie, doit faire emploi : chevaux vigoureux, qui réunissent la masse à la vitesse ; et pour lesquels une pièce de 1,000 kilogrammes ne serait qu'un léger fardeau, puisqu'ils enlèvent au galop des voitures publiques d'un poids quatre fois plus grand. Pourquoi ne pas profiter de cette possession d'une race de chevaux que ne possèdent pas les autres nations?
Avec un canon-obusier de 24 , pesant 880 kilogrammes, et surtout pesant 1,000 kilogrammes, on pourrait tirer les obus et la mitraille à forte charge, et on pourrait tirer des projectiles à balles (schrapnels), qui, comparés b. ceux de 12, contiendront 190 balles au lieu de 65, et qui, comparés à ceux de l'obusier de 16 centimètres, auraient des vitesses initiales et finales bien plus grandes.
On pourrait aussi, avec une telle bouche à feu, tirer à la fois deux et même trois obus roulants à faible charge; tir qui, dans les terrains unis ou légèrement ondulés, est redoutable au plus haut degré. (0
Enfin, que Ton accepte le poids de 880 ou le poids de 1,000 kilogrammes pour cette bouche à feu, toujours est -il
(1) Ce tir a été eipérimenlé par Schamhorst, et tous les habiles artilleurs le recommandent. Le sabot sert de matelas entre deux obus et les empêche de se briser. J'ai, tffirest, tiré deux obus à la fois, du calibre de 80, dans mes premiers essais de mon canon à bombrs ; ces deux obus pesaient ensemble ISSkil.; e/, sous l'angle de deux degrés et demi, arec la charge de 10 livres de poudre, ils ont été lancés, sans se briser et en se suivant parfaitement l'un l'autre, à la distance de 1795 mètres, ricochets compris.
qu'il serait d'un grand avantage pour les batteries de réserve de campagne, d'avoir un seul canon-obusier de 24 , au lieu d'avoir un. canon du calibre de 12 et un obosier du calibre de 32.
Et ceci est dit sans préjudice à cette autre assertion : que si les gros canons de siège ne peuvent convenir en campagne pour la guerre offensive et les marches rapides, ils n'en sont pas moins, pour certaines positions à fortement armer dans la guerre défensive, un moyen de très-grand effet qui ne doit pas être négligé. On pourra les perdre, sans doute, mais on ne les perdra qu'après les avoir fait payer à l'ennemi cent fois la dépense et l'embarras qu'ils auront causés.
sur l'emploi et l effet des très- grands calibres.
Les effets de balistique dépendent de la masse des projectiles et de leur vitesse; et les bouches à feu de l'origine ayant monstrueusement exagéré l'emploi de la masse , comme on exagère tout dans l'enfance des arts, c'était principalement par la diminution de la masse et par l'accroissement de la vitesse que se faisaient, depuis longtemps, les progrès de l'artillerie.
Il y avait donc, de notre temps, bien peu de progrès à obtenir en ce qui tient à la vitesse : tandis qu'en ce qui tient à la masse, il y avait à voir si on ne l'avait pas trop dédaignée; et si, mieux employée qu'à l'origine de l'art, elle ne pourrait pas donner d'utiles résultats. Il ne restait qu'à glaner sur la première de ces deux routes : sur la seconde il y avait à moissonner.
Ayant donc été, par un événement de guerre, vivement stimulé à rechercher les moyens d'agrandir la puissance