INTRODUCTION
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Je me suis proposé — en commençant, il y a bientôt quatre ans, l'étude que je présente aujourd'hui au lecteur — de rédiger, sous une forme concise et fidèle, une sorte \ de résumé des droits politiques des citoyens en Europe. \ Malgré les difficultés, qui divisent encore les États européens — difficultés dont l'importance indéniable s'est traduite, depuis vingt ans, par des guerres qui malheureusement les ont accentuées plutôt qu'éteintes — la t Vieille Europe » constitue, dans son ensemble, une société dont les principaux membres sont arrivés à un état de civilisation à peu près uniforme. Le temps n'est plus où les frontières d'État à État formaient autant de barrières infranchissables à la fois aux produits matériels et aux idées. La fusion, commencée au siècle dernier, poursuit son cours, laissant d'ailleurs subsister, tout en l'épurant, la grande idée de la patrie. De Lisbonne à Saint-Pétersbourg, comme de Londres à Athènes, un vaste courant intellectuel ne cesse de faire circuler l'esprit bienfaisant des réformes et des progrès, et chaque peuple a désormais le sentiment que, sous peine de déchéance, il doit y prendre, à son tour et à son heure, \ des éléments nouveaux de vitalité et d'accroissement. ) La participation des citoyens à l'administration des affaires publiques joue, dans ce mouvement, un rôle de plus en plus important. Chaque nation s'y est appliquée suivant son tempérament, et cette marche en avant, plus rapide * chez les uns, plus lente chez les autres, offre de précieux i champs d'investigation à l'historien, à l'homme d'Etat, au
philosophe, ainsi qu'à tout citoyen soucieux du bien-ôtrc et