Nouvelles définitions. Mètre
/". — En définitive, les unités fondamentales avaient deux définitions : Tune pratique, l'autre théorique. Elles étaient représentées par des corps déterminés, conservés dans un bâtiment déterminé (ce qui ne prétait à aucune contestation); mais, d'autre part, elles égalaient censément certaines grandeurs auxquelles, malgré l'extraordinaire habHeté des savants fondateurs du système, elles ne pouvaient être rigoureusement égales,
On a préféré ne conserver que les définitions pratiques. Voici les résolutions adoptées par la Commission internationale du mètre de 1872, résolutions qui ont réglé les travaux ultérieurs.
Il aurait été stupîde d'abandonner les unités historiques, puis-
qu'elles satisfont à leurs définitions à l'approximation de l'immense majorité des mesures. A la vérité, on aurait pu les rapprocher de ces définitions. Mais l'avantage pratique eût été médiocre devant l'inconvénient de changer ce qui était; il y avait, du reste, à ce changement l'inconvénient théorique de laisser croire à la nécessité dune représentation de plus en plus exacte et d'ouvrir une porte à de soi-disant perfectionnements ultérieurs.
On a donc posé que les étalons seraient aussi exactement qua possible les copies des étalons historiques et qu'ils n'auraient d'autre définition que d'exister matériellement.
2*. — Ce principe admis, rien n'empêchait les améliorations de détail.
On décida d'abord que les étalons de longueur seraient des règles h traits (la longueur est mesurée entre deux traits parallèles. Du reste, on convint de construire aussi des étalons secondaires// bouts.
Le mètre est, par définition, la longueur à 0* du nouvel étalon prototype.
Comme il était nécessaire d'identifier les unités pour tous les Etats signataires de la convention, on créa un laboratoire chargé de réaliser des règles aussi identiques que possible quant à la longueur à 0" et quant au coefficient de dilatation. Comme elles devaient cire inaltérables, on les fit avec un alliage de'JO de platine et de 10 d'iri-
dium; on convint de les tirer toutes du même lingot provenant d'une coulée unique. Nous verrons plus loin quel profil on jugea convenable de leur donner.
Parmi toutes ces règles à traits, on en choisit une que Ton compara soigneusement au mètre des Archives et qui devint le nouvel étalon prototype du mètre. Cet étalon, conventionnellement substitué au mètre historique, sert désormais devterme de comparaison. Le mètre historique n'est plus qu'une intéressante pièce de musée.
Quelque respect qu'on eût pour cette relique, il était impossible de lui conserver son rang de prototype, d'abord parce qu'elle est exagérément flexible, ensuite et surtout parce que c'est un étalon à bouts. L'étude précise d'un tel étalon est quasiment impossible, et sa comparaison avec un étalon à traits d'une précision médiocre. Pour mesurer la longueur d'une règle à bouts, on fixe à ses extrémités des pièces P de platine portant des pointes. Ces pointes sont découpées dans une feuille mince de môme métal et placées de manière que leurs extrémités soient en regard des milieux des sections droites terminales de la règle et à une très petite distance. Chaque section terminale est également distante de la pointe correspondante et de son image par rapport à la section considérée comme miroir. Avec un microscope {$ 245), on vise ce milieu comme on ferait un trait.
La précision de la comparaison entre le mètre historique et le prototype à lui substituer n'est pas fameuse ;,les écarts individuels atteignent 0 *, exceptionnellement, il est vrai. Après avoir fait au mieux pour substituer à l'étalon historique à bouts un étalon à traits de même longueur, il était donc raisonnable d'abandonner l'étalon historique.
Du reste, nous savons l'étalon historique faux d'un dix-millième environ par rapport à sa définition méridienne; il importe donc peu de lui substituer un étalon ne différant de lui que de quelques microns au maxtpium, c'est-à-dire de quelques millionièmes.