Tolérances et vérifications des mesures de longueur
ï\ — Excepté pour les chaînes d'arpenteur, la tolérance est toujours en plus; autrement dit, la mesure doit être, sinon égale, du moins supérieure à l'étalon correspondant, et cela d'une quantité inférieure à la tolérance légale. Les tolérances diffèrent suivant que la mesure est en métal ou en bois; en voici le tableau (en dixièmes de millimètre' :
Double décamètre Décamètre Demi -décamètre
Double mètre Mètre Demi-mètre Double décimètre Décimètre
Métal 2 2 1.' 1 1
Unis i:> 10 0 4 3
Avec ces tolérances, la copie des étalons légaux déposés chez les vérificateurs ne présente aucune difliciilté. On applique contre l'étalon une règle de 1er ou de laiton dressée et polie, d'une longueur suffisante pour constituer une mesure à traits; on reporte sur la règle les traits de l'étalon avec un stylet d'acier et une équerre d'acier à talon. L'erreur commise par un ouvrier habile reste inférieure . au dixième de millimètre. Gela n'implique pas qu'il faille conseiller à l'industriel désireux de se livrer à la fabrication des mesures de longueur, de se contenter d'un étalon secondaire obtenu par ce procédé rudinienlaire. Mais, inversement, il est bon de comprendre. l'inutilité pratique îles règles graduées extraordinairement précises.
Prenons lo-R pour coefficient île dilatation du fer : pour un échauflenient d«* loir, une règle d'un mètre se dilate d'un millimètre. La
Je laisse a penser le temps que demanderait la vënlicaiion si l'on ippliquait ces règlements à la lettre; il est heureux que l'intérêt des constructeurs soit de dépasser la précision légale. Effectivement, les graduations sont généralement très régulières; autrement dit, lesmatrices sont construites avec beaucoup de soin. Mais la régularité de la graduation n'implique pas l'exactitude de la mesure : par exemple, si le constructeur utilise un bois tvrt dont le retrait de séchage soit considérable (le retrait dépend de l'essence}, la mesure peut être régulière, mais très fausse. De ce ([ui précède, il résulte qu'en pratique l'exactitude de là distance des traits extrêmes est heureusement la seule condition à vérifier.
L'ordonnance fixe 2 et 3 mm. comme tolérances des chaînes d'arpenteur de 20 et de tO mètres. Une telle précision est illusoire. En pratique l'erreur des chaînes à anneaux atteint plusieurs centimetrès. Même avec les chaînes perfectionnées et le» rubans d'acier qui sont indéformables, la précision atteinte dans les mesures est inférieure au millième; ce qui correspond à une erreur d'un centimètre
par décimètre. Au reste, on rie comprend pas ce que peut signifier le poinçonnage d'un instrument aussi déformable qu'une chaîne d'arpenteur, même perfectionnée.