Microphotographie
4°. — Une image réelle bien corrigée se forme entre les verres de l'oculaire. Il est possible de la photographier en introduisant dans l'appareil une petite plaque de forme circulaire découpée dans une plaque ordinaire au gélatinobromure. Rien n'empêche même d'avoir un oculaire raccourci dont on a supprimé le verre de l'œil, et un châssis s'adaptant directement sur le tube du microscope. Mais ces négatifs très nets ne supportent pas un fort grossissement, en raison de la grosseur des grains du bromure d'argent (§ 335).
Pour les faibles grossissements, on supprime l'oculaire; on pro* jette la préparation à photographier au moyen d'objectifs achromatiques spéciaux de 3 à 7 cm. de distance focale.
T. — Nous savons dans quelles conditions un oculaire d'Huyghens donne d'une image réelle une image réelle (§ 192). Pour de forts grossissements, on utilise le verre de l'œil de l'oculaire pour projeter l'image réelle qui se forme entre les deux verres. La mise au point ayant été faite à l'œil, pour avoir la projection désirée il faut éloigner l'image réelle du verre de l'œil, par conséquent la rapprocher de l'objectif, ce qui revient à éloigner l'objectif de l'objet.
Le système objectif oculaire est alors spécialement étudié en vue de cette application.
Pour faciliter ou vérifier la mise au point, on ajoute parfois, normalement au tube du microscope, un second tube porte-oculaire. Le faisceau émergent de l'objectif est renvoyé suivant son axe par un prisme à réflexion totale qu'une glissière permet de pousser dans Taxe du premier tube.
.';°. — Précisons le rôle de l'oculaire employé pour la projection.
Pour fixer les idées, utilisons un objectif de grossissement conventionnel T>0 (/'-=2f) : r>0- 0,5 cm.) et une chambre noire d'un mètre de tirage. Le grossissement linéaire sur le cliché est donc :
Conservons le même tirage, mais intercalons un oculaire de numéro N suivant la définition d'Abbe. Il donne à 25 cm. une image
dont le grossissement est :
Le tube du microscope ayant 16 cm., le tirage disponible est 84 cm. Le grossissement sur la plaque est donc :
Un oculaire, même de faible grossissement, donne donc avec le même tirage une image beaucoup plus grande.
234. Microscopes pour objets opaques. Microscopes métal lographiques.
1°. — Quand l'objet est opaque, il faut l'éclairer par réflexion. L'éclairage au moyen d'une lentille extérieure au tube du microscope est généralement trop oblique; de plus, il est gêné par l'objectif dans le cas de forts grossissements, vu la petitesse de la distance frontale. D'où la nécessité d'employer une partie de l'objectif pour éclairer la préparation (fig. 2GG). A travers une fenêtre pratiquée dans le tube objectif, la lumière tombe sur un prisme à réflexion totale couvrant la moitié de l'objectif. L'inclinaison du prisme est modifiable par un bouton extérieur. Un diaphragme iris fixé dans le tube T règle la grandeur de la portion éclairée de l'objet.
Pour les forts grossissements à sec, l'objectif est corrigé d'une façon spéciale, les surfaces observées n'étant généralement pas recouvertes d'un couvre-objet. Avec l'immersion homogène, les objectifs ordinaires peuvent servir, puisque le couvre-objet est alors comme supprimé.
Un condenseur en avant du prisme (dans le tube T; est inutile, l'objectif jouant lui-même le rôle de condenseur.
2\ — Microscope a grande distance frontale.
Pour certaines expériences (étude des transformations des alliages, par exemple), on doit observer un objet porté à une température élevée : on est forcé d'augmenter la distance frontale.
Pour conserver au microscope une ouverture numérique suffisante, il faut augmenter l'ouverture de l'objectif. Pour ne pas donner à l'appareil des dimensions inacceptables, on produit le grossissement en deux fois; l'image peu grossie donnée par l'objectif convergent habituel tombe un peu en deçà du foyer de l'espace objet d'un achromat divergent qui en donne une image réelle très grossie. On la regarde avec l'oculaire habituel.
Au reste, il ne semble pas que les microscopes très grossissants à grande dislance frontale aient fait l'objet d'études systématiques.
3°. — Microscope renversé.
C'est un microscope ordinaire, mais installé de manière que l'oL-
Fig. 260.
jectif soit au-dessous de la platine portant l'objet. Pour rendre l'observation commode, on brise le tube; on place sous l'objectif un prisme à réflexion totale qui permet de disposer le tube sous l'inclinaison la plus favorable.
234 bis. Microscope redresseur, microscope binoculaire.
1°. — Le microscope redresseur ost un microscope ordinaire entre l'objectif et l'oculaire duquel on introduit un véhicule de Porro renversant l'image (S 206).
En associant deux microscopes redresseurs complets, Visant dans le même plan, légèrement inclinés l'un par rapport à l'autre (de 14° environ pour la longueur ordinaire des tubes), on constitue un microscope binoculaire qui fournit une vision stéréoscopîque des objets. Ils sont construits pour de faibles grossissements, par suite pour de grandes distances frontales (de 3 à 7 centimètres). L'inclinaison des tubes sur la préparation est incompatible avec les forts grossissements (supérieurs à 50 diamètres, pour préciser).
2". — On construit des microscopes binoculaires n'utilisant qu'un seul objectif, conséquemment admettant des grossissements plus élevés. On partage entre les deux oculaires et les deux yeux le faisceau de rayons qui sort de l'objectif unique. On y parvient simplement et symétriquement au moyen de deux prismes produisant chacun deux réflexions totales; ils transportent les faisceaux latéralement et modifient leurs inclinaisons.
Pour utiliser un microscope ordinaire à la vision binoculaire par adjonction d'un second tube, on a proposé des systèmes de prismes variés faciles à ie. i. -«. imaginer, mais ayanlledéfautd' être dissymétriques. Dans tous les cas où la vision binoculaire est nettement profitable, elle scnibk' contradictoire avec les forts grossissements : l'emploi île deux microscopes complets avec redresseurs est donc à recommander.
Chambres claires.