Montage et propriétés du style inscripteur
i°. — Le style doit tracer une courbe sur le papier. Souvent (thermomètres et baromètres enregistreurs) c'est une plume chargée d'encre; elle est constituée par une sorte de godet en forme de pyramide qu'on remplit d'encre peu volatile et ne s'épaississant pas trop vite (fig. 298).
Parfois c'est un crayon (indicateur de Watt).
Quand le frottement doit être négligeable, on couvre le papier d'une couche très mince de noir de fumée, en faisant tourner le cylindre audessus d'une flamme fuligineuse (essence de térébenthine). Le style . est un fragment de roseau qui trace des courbes extraordinairement fines et déliées. Pour conserver ces traces, on enlève la feurlle de papier en faisant un trait de canif suivant une génératrice du cylindre, on la trempe dans un vernis fluide (copal dissous dans l'alcool), on laisse sécher. On peut encore fixer avec un fixateur (voir Vision et Reproduction, etc., § 207).
Comme style, Marey recommande un morceau de plume d'oie, limé très mince et taillé à angle aigu. On réalise ainsi un style léger, flexible dans le sens normal au papier, rigide dans le sens parallèle : d'où résulte qu'il est toujours en contact et franchit les rugosités du papier.
2*. — Le frottement du style contre le papier pose une question intéressante. Nous admettons qu'à chaque instant la pointe traçante occupe une position fonction bien déterminée de l'amplitude du phénomène étudié. Or cette hypothèse est contradictoire avec la notion d'inertie : en vertu de son inertie le style n'obéit pas instantanément; une fois lancé, il ne s'arrête pas instantanément; d'une part il est nécessairement en retard sur le phénomène, d'autre part il exagère le déplacement que nécessite la variation actuelle du phénomène.
Là contre n'existent que des palliatifs : on prend le style de moindre inertie possible (pour une forme donnée, de moindre poids possible); on utilise le frottement du style contre le papier pour
Fig. 298.
l'empêcher de prendre de la vitesse. Il ne faut donc pas considérer ce frottement comme nécessairement nuisible; tout au contraire. Il faut seulement le proportionner à l'inertie; le style doit être apériodique. Mettre le problème en formule n'avancerait à rien, étant donnée l'infinie variété des cas usuels; puis, je dois laisser quelque chose à ceux qui plagieront ce volume.
3°. — Dans ce qui précède nous supposons que l'extrémité du style décrit une droite. Généralement il tourne autour d'un axe : la pointe traçante décrit une circonférence. Pour fixer les idées, la figure 299 représente un thermomètre enregistreur à lame bimétallique AB. En se tordant, elle agit sur le style S par l'intermédiaire d'un levier amplificateur L. Le zéro de l'appareil se règle au moyen du levier BC, repoussé par le ressort R et ramené par l'écrou V. Le
Fin. »»
cylindre contient le mouvement d'horlogerie; celui-ci fait tourner la roue dentée R qui engrène sur la roue dentée fixe R'.
Le cylindre fait un tour par semaine.
A un instant déterminé correspond un arc de circonférence tel que MX dont le centre est au point P. Le papier porte un quadrillage imprimé constitué par de telles circonférences équidistantes (l'équidistanco vaut généralement une heure) et par des droites horizontales espacées de manière à correspondre à la série des températures centigrades entières 0, 1, 2...; 0, — 1, — 2,... On tache île réaliser l'équidistance de ces droites par un choix convenable de la l'orme de la lame AB et de la disposition du levier intermédiaire L.