Verre soufflé, verre à vitres
i°. — Il semble d'abord qu'en passant des métaux au verre, les procédés de travail vont changer du tout au tout; en fait, les techniques sont très différentes. Pourtant nous retrouvons les mêmes modes fondamentaux. En particulier le verre se travaille après ramollissement préalable au moyen d'une élévation de température.
La tension capillaire a un rôle sûrement considérable, mais difficile à évaluer numériquement. Elle intervient pour égaliser les parois et les épaisseurs.
Tout le monde sait que les vases en verre sont soufflés. L'ouvrier prend le verre au bout d'une canne de fer, longue de 100 à 100 cm., légèrement évasée à l'extrémité qu'on plonge dans le verre, arrondie à l'autre extrémité, près de laquelle est une poignée de bois. L'opération consiste à augmenter le volume intérieur en insufflant de l'air, tout en donnant à la canne des mouvements de rotation convenables pour maintenir la symétrie. Il faut de temps en temps ajouter du verre, recuire la masse... Je n'insiste pas.
Quand il s'agit d'obtenir des bouteilles, des gobelets,... on utilise des moules de bois .^maintenus humides) qui permettent une uniformité plus parfaite de fabrication.
On cherche à remplacer le soufflage à la bouche par le soufflage mécanique.
matières employées pour la construction des instruments 31
9». — Vekres a vitres.
Pour fabriquer des verres à vitres, on commence par souffler un manchon, sorte de grande bouteille cylindrique. On en détache le fond et le dessus. Puis on fend le cylindre obtenu suivant une génératrice; pour cela on chauffe au rouge la pointe d'un fer à fendre, on la promène le long de cette génératrice; on entame l'extrémité du trait avec une pierre pointue et on humecte. Le cylindre se fend d'un bout à l'autre.
Pour étendre le manchon, on le place sur une plaque chauffée : le verre se ramollit. Avec une règle de bois, on l'amène à la forme plane.
Le verre ainsi obtenu est transparent et poli; il n'a pas besoin d'un polissage supplémentaire.
Il résulte de ce mode de fabrication que le verre n'est jamais absolument plan, et qu'il se fend plus facilement dans le sens des génératrices du manchon que dans le sens normal. Aussi bien les verres à vitres sont rarement homogènes.
'!°. — Étirage des tubes.
Pour obtenir un tube de verre, l'ouvrier prend au bout d'une canne une masse de verre de grosseur convenable; il la souille en forme de poire. Après l'avoir réchauffée, il en présente le fond à son apprenti qui y fixe une seconde canne à l'aide d'une goutte de verre fondu. Puis l'ouvrier et l'apprenti s'éloignent vivement l'un de l'autre. On obtient ainsi des bouts d'une quinzaine de mètres de longueur, dont les diamètres intérieur et extérieur dépendent des diamètres initiaux et de l'étirage. On dépose le tube sur un châssis horizontal; on le coupe en tronçons par application d'un fer froid.
4". BoRDAGE D'US TUBE. FABRICATION IIES l'ERI.ES.
La tension capillaire explique le bordage et la fermeture d'un tube. Si l'on place un tube coupé à la lime dans un bunsen, les aspérités disparaissent dès que la matière se ramollit; puis le tube diminue de diamètre et finît par se fermer.
L'ne curieuse application de ce phénomène se trouve dans la fabrication des perles dites de Venise. On étire des tubes eu verre coloré, on les coupe en fragments de quelques millimètres de longueur. On place ces fragments avec de la chaux et du charbon finement pulvérisés dans une marmite de fer chauffée au rouge sombre. On agite la masse.
Les fragments viennent au contact de la paroi rougic, s'échauffent, s'arrondissent et donnent les perles. La chaux et le charbon logés dans l'orifice central des perles l'empêchent de se fermer.
Ces perles, connues sous le nom de rassades, sont vendues par tonnes aux nègres. Toute négresse qui se respecte en porte plusieurs kilogrammes comme ceinture.