AU PALAIS DU TROCADÉRO
Dans la première partie de cette étude, nous avons passé en revue les principes qui doivent présider à la construction et à l’aménagement d’une Ecole. D’après les discussions qui ont occupé l’attention publique pendant ces dernières années, d’après les expériences faites depuis quelque temps à l’étranger et plus récemment en France, nous avons indiqué à quelles conclusions raisonnables, en accord avec la pratique, on pouvait se rattacher.
En pareille matière il faut, avant tout, se défendre de tomber dans l’absolu : chacun tend naturellement à croire que seules sont bonnes et définitives les idées qu’il s’est faites d’après ses observations personnelles, sa manière de voir particulière , d’après les coutumes qu’il voit adoptées autour de lui ; et cependant les principes que l’on suit uniformément et rigoureusement à Paris, par exemple, d’après des règlements très formels, ne seraient rien moins qu’applicables aux écoles rurales, ni à nombre d’écoles urbaines.
C’est pourquoi nous avons constamment réagi, dans la mesure de la modeste influence que nous pouvions exercer sur l’opinion courante, contre l’adoption de types, que l’administration eût simplement recommandés, sans doute, mais qui n’auraient pas tardé à s’imposer partout. Nous croyons préférable de laisser à chacun le soin d’apprécier sur place les besoins de la localité et d’y satisfaire suivant les ressources disponibles et les budgets souvent très variables d’une localité à l’autre. L’important est que l’architecte, chargé de la rédaction du projet,
prenne le soin de bien rechercher quelles sont les conditions véritablement imposées par les nécessités du service, et par les prescriptions de l’hygiène, trop longtemps mises de côté; il est utile ensuite d’examiner et de comparer un grand nombre d’exemples afin de choisir, parmi des solutions variées, celle qui convient le mieux au cas que l’on a en vue.
C’est ce double principe que nous avions en vue lorsque nous avons entrepris cette étude ; c’est pourquoi, après avoir passé en revue les principes concernant l’Éclairage, le Chauffage et la Ventilation, les Dispositions générales et l’Aménagement des Écoles ou Salles d’asiles, ainsi que les proportions à adopter pour le mobilier scolaire, nous avons mis sous les yeux de nos lecteurs un très grand nombre d’exemples groupés en ces catégories qui se présentent naturellement : Salles d’asile ; Asiles et Écoles ; Écoles de filles ou de garçons; Écoles de filles et de garçons; Ecoles avec services communaux, et Groupes scolaires ; exemples empruntés soit aux bâtiments scolaires de nos villes, soit à ceux de la campagne.
Pour la France, la plupart des documents relevés par nous ont été choisis parmi ceux qu’avaient réunis, d’une part la ville de Paris dans le pavillon qui lui était réservé à la dernière Exposition universelle, et d’autre part, le Ministère de l’Intérieur; les expositions particulières de ces deux administrations avaient été fort remarquées et leur avaient valu plusieurs des grandes récompenses. Ce relevé donnait assez exactement un tableau
EXPOSITION DES PROJETS D'ÉDIFICES SCOLAIRES
de nos constructions scolaires, telles qu’on les comprenait dans ces dernières années.
Les documents étrangers ont été empruntés aux Expositions faites par les Ministères des principaux pays ; plusieurs gouvernements étrangers, notamment la Belgique, la Hollande, l’Autriche et la Hongrie, avaient tenu à honneur de faire dignement figurer l’Instruction publique dans l’Exposition universelle ; et tous ceux qui ont visité celle-ci se rappellent avec quelle ampleur avaient été développées plusieurs de ces expositions. Nous nous sommes adressés à ces différents Ministères qui, tous, ont bien voulu nous autoriser à publier les documents les plus intéressants pour nos architectes français : nous avons puisé à pleines mains. Puisque l’occasion s’en présente, nous tenons à remercier ici une fois de plus les administrations qui nous ont si libéralement fourni tous les renseignements dont nous avions besoin.
Depuis peu la construction des Ecoles est régie chez nous par les nouveaux programmes, qui constitueront un réel progrès. Sans doute, on a pu se faire au début quelques illusions et croire que tout allait être transformé, de fond en comble, dans la construction scolaire ; comme s’il n’existait pas des nécessités , toujours les mêmes, dont l’action ne change pas et ne cesse de se faire sentir: on a bien vite reconnu que le but n’est pas de réaliser une école idéale; qu’il faut se contenter de faire pour le mieux avec les ressources disponibles, — ce qui n’est pas sans mérite, — et que ce mieux n’est pas le même partout.
Des progrès marqués seront dus à la rédaction des nouveaux programmes, il serait tout à fait injuste de le contester : les plans d’école sont plus largement conçus; l’hygiène y est mieux respectée, c’est môme là le principal progrès. À ce titre, et pour bien constater les tendances actuelles, le concours ouvert au palais du Trocadéro par le Ministère de l’Instruction publique est un document important à consulter ; il montre de quelle manière et dans quelles limites ont déjà pu être réalisées les améliorations souhaitables, que demandent les nouveaux programmes. Le progrès ne s’arrêtera pas là ; il est clair qu’une première étape a seule été franchie, mais il faut compter avec le temps qui est toujours nécessaire pour qu’une réforme importante s’élabore, se réalise et se constitue définitivement. Ces lenteurs contre lesquelles viendraient inutilement se heurter les esprits impatients peuvent être regrettées ; elles ont cependant ce résultat utile qu’elles donnent aux idées mêmes des réformateurs le temps de mûrir et de produire de bons fruits. La durée d’une œuvre doit souvent se mesurer au temps et aux peines qu’elle a coûtés.
Dans le concours du Trocadéro, nous laissons de côté les Lycées, Ecoles normales, Ecoles supérieures professionnelles, qui sortiraient du cadre que nous nous sommes
tracé ; nous croyons d’ailleurs savoir que les projets exposés dans ces sections, quel que puisse être le mérite particulier de chacun d’entre eux , n’ont pas paru marquer un progrès assez sensible sur ce qui était déjà connu ; il serait prématuré d’engager une semblable publication.
Nous reproduisons seulement ici les projets qui, figurant dans les sections consacrées aux Écoles, ont été récompensés par le jury.
Four la section des Écoles primaires urbaines, où les prix n’ont pas été décernés, sept primes ont été accordées :
MENTIONS
Avec prime de 1 ,000 fr. — M. Albrizio ;
Avec primes de 1,000 fr. chacune. — MM. Eugène et Louis Galinaud ;
Avec prime de 1,000 fr. — MM. Claris et Morel ;
— Durand;
— Dusserre ;
— Guiauchain.
Pour la section des Écoles primaires rurales, deux prix et quatre primes ont été décernés :