‹ Construction et aménagement des salles d'asile et des maisons d'écoleChapitre 214 sur 223 · OCCASIONNÉE POUR LA CONSTRUCTION DE LA SALLE DE LA MAIRIE · texte numérisé non relu

OCCASIONNÉE POUR LA CONSTRUCTION DE LA SALLE DE LA MAIRIE

Maçonnerie 900 700

Charpente 300 .00

Couverture, zinc 250 .00

Menuiserie . . 250 .00

Serrurerie 150 .00

Peinture, vitrerie 150 .00

Ensemble 2,000 700

Honoraires de l’architecte, 5 p. 100 ioo .00

Total 2,100 700

Ee devis total s’élevant à 31,598 .65

Reste pour la construction de l’École 29,498 765

ÉCOLE DE FILLES ET DE GARÇONS, AVEC SERVICES

COMMUNAUX, A LA CHAPE LL E-ST-MESM I N (Loiret)

Pl. 30, 31, 32-33, 34

POUR 160 ÉLÈVES. — DÉPENSE : 100,000 FRANCS Architecte : M. DUSSERRE

Nous reproduisons in extenso le rapport explicatif do l’architecte, qui nous a été communiqué, et qui renferme d ’ i n téressan tes observa ti ons.

Considérations générales. — Le projet que nous présentons, relatif à la construction de deux écoles (filles et garçons) pour la commune de La Chapelle-St-Mesmin,

EXPOSITION DES PROJETS D’EDIFICES SCOLAIRES

n’est pas exactement celui que nous faisons exécuter en ce moment pour cette commune.

Le projet présenté ici est celui que nous avions soumis, tout d’aborcl, au Conseil municipal ; il a dû être modifié dans la disposition des classes et du vestiaire, pour arriver à ne pas excéder un chiffre de dépense qui seul rendait cette construction possible.

C’est à regret que nous avons dû renoncer à notre premier projet ; mais nous avions en face de nous un budget avec lequel nous étions forcé de compter, et nous avons pensé que les restrictions demandées pouvant s’accorder avec une disposition raisonnable quoique moins avantageuse des classes, il fallait s’y soumettre afin de donner, avant tout, satisfaction aux besoins, si urgents pour cette commune, de nouvelles écoles.

Dans le projet que nous présentons nous n’avons pas cru devoir introduire tous les perfectionnements que peut comporter l’établissement d’une école.

C’est qu’en effet, ces perfectionnements excellents en eux- mêmes nécessitent une augmentation de dépense qui rendrait souvent impossibles les constructions d’écoles rurales.

Les communes sont presque toujours obligées, malgré les facilités et les secours importants offerts par l’Etat, de s’imposer de grands sacrifices, pour avoir de nouvelles écoles. Elles s’effrayent certainement de voir introduire dans les projets présentés des services nouveaux qui ne leur paraîtraient pas, pour le moment, d’une urgence absolue. Tous ces services annexes: réfectoire, lavabos, gymnase, etc. , qui deviendront plus tard, même à la campagne, une nécessité, seraient encore considérés aujourd’hui, par le plus grand nombre, comme un luxe inutile.

Nous nous sommes efforcés d’établir une école avec le plus d’économie possible, tout en nous renfermant strictement dans les règlements administratifs, et en cherchant à établir les différents services de la manière la plus commode et la plus raisonnable, bornant là notre tâche, et nous rappelant le propos que nous tenait à ce sujet un vieil inspecteur primaire avec lequel nous visitions les écoles :

Nous étions appelé, comme cela nous est arrivé plusieurs fois, pour la reconstruction d’écoles qui avaient été faites, il y a seulement vingt-six ou trente ans. Nous exprimions le regret qu’on n’eût pas installé de suite des bâtiments convenables, car c’était là en somme de nouvelles charges imposées, à peu d’intervalle, à la même commune, pour le même but; charges que l’on aurait pu éviter en apportant, tout d’abord, plus de soin au travail exécuté. Nous blâmions énergiquement les communes et surtout les chefs de l’instruction primaire d’avoir fait les choses à demi, et d’avoir consenti à l’établissement d’écoles si mal appropriées à leur destination.

Il ne faut pas trop nous jeter la pierre, me répondit-il ; nous ne serions jamais arrivés à faire élever autant d’écoles si nous avions exigé l’exécution de tout ce qui nous paraissait désirable.

Une commune votait alors moins facilement une imposition de 10,000 francs; nous avons fait des écoles très défectueuses, je le reconnais; mais enfin, nous avons fait des ccoles. Presque tous les hommes d’aujourd’hui les ont fréquentées plus ou moins et ont appris là à reconnaître la nécessité de l’instruction; croyez-vous qu’ils s’imposeraient maintenant les mêmes sacrifices s’ils étaient tous ignorants? C’est nous qui vous avons préparé la voie ; nous avons pris notre temps comme il était, faisant de notre mieux. Vous avez plus de ressources que nous n’en possédions, c’est à vous de faire mieux que nous, et mieux encore feront nos petits enfants.

Eh bien, nous aussi, nous avons cherché à faire de notre mieux, dans les limites du possible, pensant qu’en demandant plus encore nous ne pourrions qu’effrayer le Conseil municipal et reculer l’exécution d’un projet, dont tout le monde sentait l’urgence absolue. Nous devions reconnaître, du reste, que le chiffre consacré par la commune à cette installation dépassait beaucoup la somme habituellement votée pour le même but, et nous permettait d’établir cette école dans des conditions et des dispositions plus favorables que ne l’ont été jusqu’ici la plupart de nos écoles rurales.

Programme. — Le programme qui a servi à l’établissement de ce projet demandait la construction sur un même terrain de deux écoles de la commune (filles et garçons), de la mairie, d’un petit corps-de-garde-refuge et du bâtiment des pompes, ce dernier se trouvant démoli par la construction nouvelle.

Pour les écoles, on demandait que chacune d’elles pût contenir 70 places, c’est-à-dire en tout 140 enfants; ce chiffre un peu inférieur au douzième de la population (1,727 habitants) se trouve pourtant suffisant à cause de la situation particulière du pays.

Cette commune est placée sur le bord de la Loire, à 4 kilomètres seulement d’Orléans, et compte dans sa population un grand nombre de maisons de campagne. Cette raison de la proximité de la ville diminue sensiblement le nombre de la population scolaire.

Emplacement. — L’emplacement choisi pour l’édification de ces écoles présentait toutes les garanties demandées : il se trouve sur un point culminant, à l’abri de l’humidité, ayant un accès facile par la grande route de Briare à Angers, et placé au centre de la commune, divisée en une quantité de petits hameaux. Cet emplacement avait aussi l’avantage d’être très éloigné du cimetière, et de ne présenter aux alentours aucun voisinage malsain et dangerenx. Enfin, la route à laquelle accède ce terrain n’est bordée sur ses deux côtés, comme près-

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que toutes les routes de village, que d’une seule rangée de maisons n’ayant qu’un étage et laissant une libre circulation d'air.

Surface totale. — La surface totale du terrain était de 4, 199"’. 52 et sa forme présentait un grand rectangle ayant 39m.10 de façade sur la route et 93"’. 40 de profondeur.

Disposition générale. — Nous avons placé dans l’axe du terrain et un peu en retraite de la voie publique les bâtiments affectés à la mairie et aux habitations de l’instituteur et de l’institutrice; cette disposition répondait au vœu formellement exprimé par le Conseil municipal, d’avoir la mairie bien en vue sur la route , et nous permettait de reculer les classes loin du passage et du bruit.

Annexes. — Les bâtiments des pompes et du corps de garde sont adossés aux murs mitoyens, en bordure sur la route.

Ils sont reliés entre eux par une grille en fer avec trois portes spéciales pour le service des garçons, des filles et de la mairie, de manière à éviter toute communication.

Une grande cour sépare les habitations du bâtiment des classes ; cependant la communication entre ces deux constructions se fait très facilement par les préaux qui permettent d’aller de l’un à l’autre, presque entièrement à couvert.

Derrière les classes se trouvent les deux jardins de l’instituteur et de l’institutrice auxquels on accède par une porte qui servirait au besoin pour la sortie des enfants qui, demeurant dans cette partie du bourg, pourraient regagner leur quartier par la rue du Moulin.

Cette facilité n’aurait lieu que pour la sortie, une seule entrée étant nécessaire pour la régularité de la surveillance.

Classes. — Nous avons profité de l’orientation donnée aux bâtiments pour établir deux classes éclairées par un jour unilatéral. Ce sont celles faisant face à la cour. Ces deux classes ont leur face d’éclairage au Nord et peuvent disposer de tout le jour nécessaire.

Elles peuvent en même temps s’aérer et se ventiler par la face exposée au Midi. Trois fenêtres éclairant les enfants à'gauche et ayant chacune 1 m . 9 0 sur 3 mètres, sont percées sur la face d’éclairage, tandis que sur la face opposée, destinée à l’aération, nous plaçons trois ouvertures ayant seulement 1 mètre sur 2"’. 20.

Ces classes de 40 enfants permettent de ne donner à chaque salle que 5"’. 80 de large. Dans ces conditions, toutes les parties de la classe reçoivent un éclairage suffisant.

Pour les deux classes en retour d’équerre, qui ont leurs grands côtés exposés au Levant et au Couchant, nous avons dû avoir recours à l’éclairage bilatéral pour ..

que les enfants ne soient pas gênés parle soleil à certaines heures de la journée.

Nous avons choisi, pour la face d’éclairage le plus intense, les murs s’éclairant sur l’intérieur du terrain, réservant pour l’autre les murs placés près de la mitoyenneté, bien que des constructions dans ces terrains ne soient guère probables. Les fenêtres sur la gauche ont i"’.70 sur 3 mètres et celles de droite 3 mètres sur 1"’.30.

Pour ces dernières classes, irons avons choisi la forme allongée qui nous permettait de ne pas obstruer les classes faisant face à la cour, et, ne nous rejetant pas trop près du mur mitoyen, nous laissait encore de chaque côté un large passage.

Ces deux bâtiments ont en outre Davantage de donner tour à tour un peu d’ombre au grand mur des autres classes qui sans cela seraient exposées du matin au soir aux rayons du soleil.

Toutes les classes ont une surface de 52m.2ü sur une hauteur de 4m.20, soit un cube de 219"’. 24, ce qui donne pour chaque élève une surface de l,n.30 et un cube d’air de 5"’. 46.

Du reste, pour cette condition comme pour toutes les autres, nous nous sommes strictement conformé, ainsi que nous l’avons dit plus haut, au programme administratif.

Vestiaire. — Les deux classes de chaque école sont desservies par une salle commune, servant à la fois de vestiaire et de dépôt pour les paniers.

Cette salle, aérée et éclairée sur ses deux côtés extérieurs, posséderait deux portes : l’une donnant sur la cour facili terai t la surveillance extérieure, l’autre donnan t sur le préau permettrait aux enfants d’aller aux cabinets à couvert. Ces deux portes auraient en outre Davantage de permettre aux deux divisions d’aller eu même temps à la récréation ou d’en revenir sans qu’il y ait confusion dans les rangs.

Ce vestiaire donnerait un développement de mur de 67 mètres.

Préaux. — Les préaux couverts, mis en communication directe avec le vestiaire et les cabinets d’aisances, auraient une longueur de 22m.80 sur une largeur de 5 mètres.

Ils sont abrités des grands vents régnant habituellement dans le pays (S. -O.) : celui des filles, par ses murs extérieurs; l’autre, par les bâtiments des classes.

Dans la construction de ces préaux, nous avons diminué autant que possible les points d’appui qui sont autant d’obstacles à la libre circulation des enfants, et nous avons cherché un système de charpente qui, tout en restant économique, nous permette de n’avoir dans toute la longueur du préau que trois poteaux.

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Ces poteaux seront assez gros (0m.20 X 0.20) et peints en couleur bien tranchée, de manière à être très visibles pour les enfants, pour que ceux-ci, dans leurs jeux, ne puissent pas venir s’y heurter.

Pour couvrir ce préau, nous avons pris le parti de faire un comble à deux égouts, bien que cette disposition en général soit défectueuse puisqu’elle renvoie les eaux contre le mur, et qu’il puisse se produire des engorgements dans le chéneau et, par suite, des infiltrations ; dans ce cas particulier nous avons cru avantageux de l’adopter.

En effet , ce comble ne recouvrant ici qu’un espace absolument libre, destiné au passage et à la récréation, les infiltrations ne sauraient causer de dégâts, et le nettoyage des ehénaux se peut faire très facilement; nous trouvons dans ce système la possibilité de ne pas trop élever ces constructions.

Couverts par une seule pente, ces préaux, à cause de leur largeur et du mode de couverture, auraient nécessité une hauteur considérable des murs mitoyens, ce qui renfermerait trop les cours et leur ôterait beaucoup d’air, de soleil et de gaieté.

Cabinets. — Les cabinets placés à l’extrémité du préau couvert posséderaient quatre cases pour chaque école, avec supplément de quatre urinoirs pour l’école des garçons.

La toiture de ces cabinets formeraitune saillie en avant des cases, ce qui mettrait à couvert les urinoirs et le [tassage aux cabinets.

Les deux bâtiments des cabinets, bien placés pour la surveillance, se trouvent abrités des rayons du soleil: celui des filles par son orientation, et celui des garçons par la juxtaposition du préau couvert qui, plus élevé, l’abrite complètement.

Cours. — Les cours auront chacune une surface de 550 mètres non compris les préaux couverts, soit environ 7 mètres par élève ; elles auront une pente légère partant des cours et amenant les eaux pluviales du côté de la route. Des arbres seront plantés près des bâtiments d’habitation, pour garantir ceux-ci du soleil, de manière toutefois à ne pas gêner la circulation des enfants et à laisser une grande surface complètement libre.

Une pompe commune sera établie dans cette partie ombragée , contre le mur séparatif des deux écoles, et alimentera deux bassins-fontaines placés dans chaque cour à portée des élèves et des habitations.

Habitations. — Chacun des logements destinés à l’instituteur et à l’institutrice n’ayant qu’une surface de 65 mètres comprendra: au rez-de-chaussée, cuisine, arrière-cuisine, cabinet d’aisances, salle âmanger et une chambre à coucher ; au premier étage, trois chambres à feu ; un grenier et une cave compléteront ce logement.

Nous avons cherché, par raison d’économie, une combinaison qui nous permît, sans gêner les services, de faire desservir par une seule fosse les cabinets de l’instituteur, de l’institutrice et de la Mairie, qui nous étaient demandés.

Un bûcher et un petit hangar seront disposés à côté de chaque habitation.

Mairie. — Nous n’avons pas à parler ici de la Mairie, que nous n’avons réunie aux écoles que parce que c’était une des conditions du programme. Dans le projet actuel, cette Mairie sépare bien les deux bâtiments d’habitation, mais nous ferons remarquer que l’économie du projet ne serait pas modifiée si elle était supprimée. Il serait facile de séparer de la même manière les deux habitations, par un bâtiment affecté à une autre destination.

On pourrait y établir une grande salle destinée aux cours d’adultes, conférence, etc... et l’aspect extérieur serait seul modifié.

Construction. — Nous avons apporté dans l’étude de ce projet l’économie la plus rigoureuse, toutes les fois qu’elle se trouvait compatible avec les règles d’une bonne et sérieuse construction.

Pour la maçonnerie, nous avons employé les matériaux du pays qui, d’ailleurs, sont de très bonne qualité.

Tous les murs ont 0m.50 d’épaisseur en élévation et 0,n.00 en fondation. Ils sont montés en moellons bruts, recouverts d’enduits.

La pierre de taille a été réservée exclusivement pour les angles saillants et les jambages des ouvertures.

Dans le bas des murs des classes et des habitations, nous avons mis du moellon piqué en parement extérieur jusqu’à la hauteur du sol extérieur.

Malgré les avantages que présente le fer, nous avons dû, par raison d’économie, n’employer que le bois dans la charpente de toutes les constructions.

Dans le préau seulement, nous avons placé des tirants en fer pour empêcher la poussée des fermes et pour les relier entre elles.

Enfin, nous avons cherché à ne pas nous écarter de la simplicité que comporte un pareil établissement.

Résumé. — En résumé, nous croyons, tout en étant resté dans les limites d’une stricte économie, avoir donné satisfaction à toutes les exigences d’une bonne installation : un emplacement bien choisi, très vaste et central ; des services bien distincts; les logements bien séparés entre eux, sans communication avec les classes ; les classes convenablement éclairées et aérées, bien desservies par un vestiaire mis en communication directe avec les préaux et les cabinets d’aisances.

Enfin des cours spacieuses offrant aux enfants un emplacement suffisant pour leurs jeux en même temps qu’une partie ombragée.

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