CHEMINÉE D’EXTRACTION
Rentrées d'air. — Nous avons supposé, dans ce qui précède, que tout l’air introduit passait par les appareils de chauffage. Supposons maintenant qu’un quart du volume total d’air passe par les fentes des portes et des fenêtres; le cube d’air qui passe par le calorifère n’est plus alors que de 3,000 mètres ; la température de cet air est alors donnée par la relation
3,000 x 0.312 Xt' = 80,000,
d’où t' = 85°; la température de l’air chaud est de 75°, plus élevée que dans le premier cas, comme on devait le prévoir.
On en conclut, au moyen du même tableau graphique, que les vitesses sont de l,n.30 et lm.90. Les sections se déterminent comme précédemment, en remarquant qu’elles doivent laisser passer, cette fois, 1,500 mètres cubes seulement pour chaque étage, au lieu de
2,000. On trouve ainsi g x 3 ^ , 3Q ou 0-.059,
et g x 3 ' 000 x 1 90 °U ^raq'^ seulement, pour chaque
section. Ce sont là des chiffres moyens qu’on augmentera ou diminuera un peu suivant la longueur plus ou moins grande de chaque conduit, l’importance des pièces desservies, etc.
Ventilation. — Il nous reste, après avoir étudié le chauffage, à examiner la ventilation. Nous avons deux étages à ventiler, mais il suffit de se préoccuper du premier étage, le plus difficile à desservir; lorsque nous aurons assuré la ventilation; à cet étage, les résultats trouvés seront plus que suffisants pour le rez-dechaussée.
Nous voulons obtenir une vitesse d’écoulement de lm. 70 à 1"‘.80; c’est, à notre avis, un minimum si l’on veut donner une suffisante stabilité à l’évacuation. La vitesse théorique dépend du coefficient de réduction
qui est toujours compris entre et prenons 0.40
dans le cas actuel, alors la vitesse théorique est ou 4“.65.
Température de l'air évacué. — Quelle sera la température L2 de l’air évacué, celle de l’extérieur 9 étant — 10°, celle de l’intérieur ty étant + 18°, la hauteur de la cheminée d’appel h au-dessus de l’étage ôtant de 8 mètres, celle h de la cheminée comprise entre l’étage et le point le plus bas, étant aussi égale à 8 mètres? On a alors
Le tableau n°53 donne, avec une température t2 égale à 30°, une vitesse théorique de 4n,.90, ce qui est plus que suffisant. Il faut donc chauffer l’air vicié à 30°.
Chaleur absorbée par la ventilation. — La quantité de chaleur nécessaire pour la ventilation, et celle du combustible s’en déduisent immédiatement. Il faudra pour élever la température de 18° à 30° :
Soit 15,000 calories , lesquelles s’ajouteront aux 80,000 calories déjà trouvées pour le chauffage, si le calorifère doit fournir la chaleur totale. Si c’est un appareil spécial qui fournit la ventilation, cet appareil sera basé sur ces 15,000 calories.
Conduits d’ extraction. — Il nous reste à déterminer les sections des conduits d’air extrait. Gomme nous connaissons la vitesse de l’air, qui est de lm.8Q, nous en concluons la section de la cheminée d’appel, servant de
collecteur general ; elle est égalé a -j qqo x ; gp > ou
0,nq.62 en nombre rond.
Gomme il y a 5 conduits d’extraction par étage, soit 10 en tout, la section moyenne pour chacune sera égale
CHAUFFAGE PAR CALORIFERES.
à 0mq.062. De même que pour les conduits de chauffage, on réglera chaque section en augmentant ou diminuant un peu cette moyenne, d’après les conditions propres à chaque conduit.
Température moyenne à F extérieur. — Nous avons supposé une température très froide; que se passera-t-il lorsqu’elle se relèvera; vers 5° par exemple?
La vitesse d’extraction restant la même, la température de l’air vicié doit être plus grande. En effet, en supposant tt égal à 40°, nous calculons, pour faire usage du tableau n° 53 :
D’après ce chiffre, et avec la nouvelle température, le tableau donne V égal à 4m.95 ; ce sont à peu près les conditions admises dans le premier cas.
L’air vicié doit donc passer de 18° à 40° au lieu de 30°. La quantité de chaleur correspondante est
Soit 27,500 calories au lieu de 15,000 que nous avions trouvées par les basses températures. C’est le fait que nous avions déjà observé avec les poêles : la ventilation devient d’autant plus difficile et onéreuse que latempérature extérieure s’élève davantage. Par contre, le chauffage diminue, ce qui établit une sorte de compensation.
Groupe scolaire de F avenue Daumesnil. — Nous citerons encore deux exemples d’installations, pour le chauffage et la ventilation, faites à Paris par M. E. Cordier, architecte, qui s’est toujours occupé avec beaucoup d’attention de prendre de bonnes dispositions à cet égard.
Une des particularités du système employé par M. E. Cordier, c’est que le chauffage, bien qu’obtenu au moyen de calorifères, se fait indépendamment à chaque étage; on obtient ainsi plus d’élasticité pour le fonctionnement du chauffage.
A chaque étage est donc installée une cloche de calorifère avec enveloppe constituant la chambre de chaleur, armée de nervures ainsi que les tuyaux pour la circulation de fumée ; le tout est placé dans une vaste gaine qui forme chambre d’appel. On voit, sur la coupe qui accompagne les plans de ce groupe, que des regards pour la visite sont placés vis-à-vis de toutes les parties à nettoyer. Le service se fait par le couloir latéral aux classes, ce qui permet de ne troubler ni salir celles-ci.
La chambre de chaleur est mise en communication avec un conduit oblique qui amène l’air chaud jusque dans un conduit horizontal placé au-dessous de la corniche, et qui déverse cet air dans la salle, à la partie supérieure.
Dans le bas, au contraire, sont placées les bouches d’extraction pour l’air vicié ; l’air appelé circule dans
un collecteur dont la section va en croissant à mesure qu’il dessert un plus grand nombre de bouches ; ce collecteur est mis en communication avec la gaine d’appel chauffée par les enveloppes des calorifères et par les tuyaux de fumée.