AÉRATION NATURELLE
Pour terminer les indications relatives à la ventilation, nous ajouterons quelques mots concernant l’aération que l’on peut produire sans recourir au chauffage de l’air vicié, et les précautions à prendre pour obtenir une aération suffisante, notamment pendant l’été.
Le moyen le plus simple est évidemment d’ouvrir la fenêtre, lorsque la saison le permet; mais il faut éviter les courants d’air; aussi ne doit-on, lorsque les salles sont occupées, ouvrir les haies que d’un seul côté, sauf à alterner pour renouveler complètement l’air dans toutes les parties de la classe. Pendant les récréations, au contraire, il faut établir un vif courant d’air qui balaye tout l'air vicié, toutes les impuretés. Il importe donc beaucoup, quel que soit le mode d’éclairage adopté pour la salle, que celle-ci soit munie d’ouvertures sur les deux faces opposées. Ces observations s’appliquent aussi bien aux préaux couverts, lorsqu’ils sont clos, qu’aux salles de classes.
Si l’on ne peut ouvrir, dans la classe et pendant les exercices, les fenêtres tout en grand, il faut au moins pouvoir ouvrir des vasistas ou les panneaux supérieurs de ces fenêtres. C’est ce que recommande expressément le nouveau Règlement.
On a souvent proposé d’appliquer aux salles d’écoles de petits appareils dont on fait usage pour aérer les boutiques, magasins, bureaux, etc. Ce sont des roues à palettes. des ventilateurs en forme d’ailettes, hélicoïdales, qu’on loge sur un carreau ou sur un panneau de boiserie. L’air chaud tend, par suite de sa moindre densité, à sortir par l’orifice ainsi pratiqué, et, sur son passage, fait tourner ces petits appareils qu’on décore du nom de ventilateurs, imaginant sans doute que ceux-ci contribuent à l’évacuation de l’air C’est prendre l’effet pour la cause. Ces ventilateurs ne tournent que parce que l’air s’échappe; par eux-mêmes ils sont parfaitement inertes et ne détermineraient aucun mouvement de l’air.
Les ventilateurs de Mackinell, dont on fait usage en Angleterre, et que nous avons eu l’occasion de décrire, ont un effet utile : ce sont, en réalité, de petites cheminées d’appel installées à partir du plafond, et qui agissent avec une efficacité d’autant plus grande qu’on leur donne plus de hauteur. Un peut surmonter l’orifice supérieur de ces conduits d’appel avec des aspirateurs, brise- vents et
autres appareils qui utilisent, dans le sens du tirage, l’action du vent extérieur et l’empêchent en tout cas de nuire à ce tirage.
On peut, dit M. Rohson, employer une corniche métallique creuse, faisant le tour de la salle, et qui est composée de deux conduits horizontaux, superposés et séparés par une cloison intermédiaire. Le conduit inférieur, mis en communication avec l’extérieur, est percé, sur toute sa longueur, de trous qui déversent l’air affluent du dehors dans l’intérieur de la pièce. Le conduit supérieur, également percé de trous par où afflue l’air vicié, est mis en communication avec un tuyau de cheminée, et l’appel se produit naturellement par l’excès de la température intérieure sur celle du dehors.
« Cet appareil fonctionne tout seul. » On ne saurait en douter, mais cette disposition est loin d’être la meilleure qu’on puisse imaginer. Son moindre inconvénient est le rapprochement des orifices d’introduction et d’évacuation, par suite duquel l’air pur est mélangé, dès son arrivée, à l’air vicié qui cherche une sortie.
On emploie aussi, dit M. Wilson, dans les écoles anglaises, le système Varley. En fait, ce système est une variante du précédent; seulement les deux conduits sont séparés : le conduit qui sert à amener l’air s’étend le long de la corniche sur trois côtés; le quatrième côté est réservé pour le conduit d’extraction. Cette disposition est déjà préférable à la précédente.
Mais le moyen le plus simple et le plus efficace est celui qui consiste dans l’utilisation des gaines d’appel servant pour la ventilation d’hiver et qui devraient toujours être établies dans une salle d’école. Lors même que le chauffage est arrêté, ces conduits d’appel ne cessent pas de fonctionner; il suffit pour cela que la température intérieure s’élève un peu au-dessus de la température du dehors.
Il serait bon, comme nous l’avons indiqué (1), que l’on pùt donner évacuation à l’air vicié tantôt par le haut de la salle, tantôt par le bas.
D’après la largeur des conduits et la hauteur de la cheminée d’appel, il est facile de déterminer le volume d’air évacué, au moyen des tableaux graphiques que nous avons déjà publiés, et de vérifier si le renouvellement de l’air est suffisant.
Cube d'air nécessaire. — Nous avons dit que ce renouvellement doit être basé sur un chiffre minimum de 10 mètres cubes par heure et par enfant. On admet, en effet, que la proportion d’acide carbonique dans l’air ne doit pas dépasser 0.001, pour que cet air conserve de suffisantes qualités de salubrité. L'air normal renferme de 2 à 4 dix-millièmes en volume de ce gaz; l’air expiré
(I) Voyez Chauffage et Ventilation : Ventilation naturelle et ventilation d été.
AERATION NATURELLE
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