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méfiée , sa situation a été changée : ces divers cham gemens ont exalté sa sensibilité naturelle; il s’est développé dans les parties qui avoisinent son orifice, des fungosités qui entretiennent un écoulement de matières séreuses blanchâtres , et toutes ces causes réunies ont produit l’état de douleur, d’angoisses et d’amaigrissement auquel Madame est arrivée.
Il n’est pas douteux que cette affection ne soit trèsfâcheuse , par la circonstance d’attaquer un des organes les plus sensibles et les plus importans ; mais elle n’est pas assez ancienne pour avoir profondément altéré la texture de l’organe qui en est le siège; elle offre donc encore des ressources à un traitement méthodique, et nous croyons pouvoir ranimer l’esprit abattu de Madame la Consultante , en lui désignant quelques-uns des moyens capables de la guérir ou d’améliorer son état.
Le résultat d’un traitement méthodique appliqué à cette maladie, a pour chance favorable d’amener la matrice au point d’être complètement insensible , ce qui arrêtant le mal au terme actuel rendrait l’existence de la malade tranquille ; ou bien de détruire absolument le principe de la maladie , en prévenant l’état ulcéreux dont la matrice est menacée : or nous espérons atteindre l’un ou l’autre but , par l’administration suivie et régulière des remèdes qui vont être prescrits :
j°. Les eau* de Barèges ne pouvant être d’aucune utilité à Madame, elle e n cessera l’usage ; elle quittera
BJE MÉDECINE. 1 4 r
Je plus tôt possible une montrée dont la température ne lui convient pas. En passant à Bordeaux, elle pourra essayer de prendre' quelques bains de siège dans un mélange à parties égales d’eau commune et d’eau de mer , qu’on fera tiédir ; apres trois ou quatre bains de cette espèce , on emploiera l’eau de mer toute pure , et Madame examinera soigneusement l’effet qu’elle en ressentira. Au sortir du bain , on lui donnera un bol composé comme il suit :
Àssa-fœtida trois grains.
Extrait de jusquiame blanche. . un grain.
Aloès - . . . deux grains.
Savon antimonial un grain.
Le soir Madame prendra un grain d’opium gommeux , en observant même d’augmenter par degrés la dose , si celle-là ne suffisait pas pour calmer les douleurs de la nuit.
2°. Madame/arrivée à Paris, continuera le traitement commencé en route , de la manière et dans l’ordre qui suivent: à la place des bains d eau de mer, elle se baignera chaque matin , depuis le nombril jusqu’à la partie moyenne des cuisses * dans une disso~ lutio*n de sel ammoniac et de sel commun; elle fera des lotions sur les parties génitales, dans 1 intérieur du vagin , et jusqu’à l’orifice de la matrice, avec la même dissolution, mitigée, adoucie par la décoction de guimauve ; les lotions pourront également être faites avec une certaine dose d’acétate de plomb
étendue dans Peau commune. Le soir Madame pren* dra un autre bain de siège dans une décoction de jusquiame, de moreile et de joubarbe.
3®. Après qu’on aura fait prendre à la malade les bols indiqués au n°. 1 , pendant vingt ou trente jours, on les remplacera par des pilules composées selon la formule ci après :
24 Extrait de velvotte. ...... un gros.
de jusquiame blanche. . . vingt grains.
Poudre de feuilles d’aconit. . . dix grains.
Mêlez avec suffisante quantité de conserve de roses ; faites des pilules de trois grains.
On donnera., en commençant, une de ces pilules le matin à jeun , et une autre pilule le soir vers les cinq heures; on augmentera la dose tous les six jours, d’une seule pilule, jusqu^à ce qu’on l’ait portée au nombre de quatre, sur lequel on insistera pendant plusieurs mois , si la malade paraît s’en bien trouver.
4®. Pendant l’usage de ces pilules , il faudra de temps en temps l’interrompre pour essayer les feuilles d’aconit en poudre; et si la malade était soulagée par ce remède, on le continuerait quelque temps, pour revenir ensuite aux pilules ci-dessus; elle commencera par deux grains de feuilles d’aconit pulvérisées, qui seront mêlées avec la gomme arabique , sous forme de pastilles; on alternera la poudre d’aconit et les pilules dans un ordre tel , que la malade prenne quinze jours l’une et quinze jours l’autre* Ces deux remèdes
DE MÉDECINE* l4^
seront ainsi alternativement employés pendant huit ou dix mois entiers.
5°. Dans le cours de ce traitement , Madame va» riera ses boissons : elle usera alternativement de 1 eau de poulet , eau de laitue , eau de veau , elle usera d’une tisane appropriée , dans laquelle on aura fait dissoudre un peu de sulfure calcaire. Cette dissolution sera préférable à l’eau seconde de chaux.
6°. Madame se fera injecter matin et soir par in tervaîîes , au moyen d’une seringue dont le bout soit en arrosoir , une forte décoction de racine de guimauve , où l’on aura mêlé deux cuillerées de suc de morelîe et quelques grains d’opium ; la même décoction servira pour des lavemens donnés à la méthode de Kœmpf.
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