SCÈNE III
Les mêmes, Michel.
Michel (saluant) Bonjour, m'sieu l'docteur! Bonjour! (à Baptiste qui lui offre (e fauteuil). Marci, m'sieu !... Ah ! Dieu !
qu'i fait tirriblemint chaud, aujourd'hui (Jetant
un coup tfœil furtif autour de lui, et tout bas il dit:)
L'ptit Daniel est pas trop mal monté !
(Baptiste lentement se met à épousseter les chaises, pendant que Daniel parle à Michel.)
Daniel (à Michel) Je suppose que vous venez pour une consultation, monsieur ?
Michel.
Justemint, m'sieu, justemint ! J'ai profité d'mon voyage en ville ousque j'avais des pratiques à sarvir, pour v'nir vous consulter su' not' cas
Daniel (à part) Mais je connais cette voix-là, moi! (i7att£.) Voulezvous passer dans mon cabinet particulier, s'il vous plait ? (Il indique la porte à droite.)
Michel.
Certainemint, m'sieu, certainemint ! J'cré ban,
qu'vous pourrez m'guérir on dit qu'vous êtes bon
médeçan et qu'vous gagnez ban d'I'argint!
Daniel (à part) Plus de doute; je reconnais cette voix-là! (Haut.) J'espère bien que votre cas n'est pas très
difficile mais nous saurons bientôt ce qu'il y a,
si vous voulez passer à côté ici (montrant son cabinet). Michel
C'est bian, docteur, j'y passe ! (A part.) I m'a
l'air a ban aller, l'p'tit !
Daniel (ouvrant la porte de droite)
Entrez, et asseoyez-vous un instant. J'ai un mot à dire à mon domestique, et je vous rejoins aussitôt. (Michel entre à droite.)