Forme maligne précoce
Médication mercurielle intensive, comme dans la forme précédente.
En outre, prendre k chaque repas une cuillerée de la solution :
lodure de potassium 20 gram.
Eau distillée :tO0 —
augmenter d'une cuillerée tous les cinq jours jusquà quatre par jour ;
Ou bien, prendre, avant chaque repas, une k deas cuillerées du sirop de Gibert modifié :
Biiodure d'hydrargyre .... 0,25 cenligr.
lodure de potassium i , „
Eau distillée 1 ^^ » gram.
Siropd'éc, d'or, amères. Q.S. pour 500 cent, cubes. Soins hygiéniques très importants : vie au plein air, à la campagne ou sur le bord de la mer.
Alimentation réconrorlante, médication tonique: vin de quinquina ou de kola arsénié,
Coniballre, par les moyens appropriés, les afTections fiui peuvent avoir provoqué la malignité (alcoolisme, lymphatismo, tuberculose, impaludisme, elc... Voirces mois).
i. — Une fois les accidents graves ou matins enrayés, revenir au trailemeol indiqué dans laforme 1.
Après la première année, faire prendre : au cours do la seconde année, tous les trois mois, un mois de pilules mercurielles (deux par jour) et un mois d'iodure de potassium à la dose moyenne de 2 gram. par jour ; au cours de la troisième année, le même traitement tous les quatre mois; à partir de la quatrième année, le limiter aux périodes du printemps et de l'automne, sauf indication contraire fournie par la survenance d'accidents.
a. — En été, quand la syphilis aura dépassé sa première année, conseiller, particulièrement dans les formes graves, une cure combinée (médication hydrominérale et traitement spécifique intensif] aux eaux sulfureuses (Luchon) ou chlorurées sulfurées (Uriage). — A défaut, prendre à domicile, au printemps ou h l'automne, quinze à vingt bains avec 80 gram. polysulfure de potassium (un tous les deux jours), loajours associés au traitement spéeilique.
, — Traitement local approprié aux différentes manifestations secondaires,
— Contre les syphilides intenses et généralisées, donner une ou deux fois par semaine un bain de sublimé avec :
Sublimé i ^
Chlorhydrate d'ammoniaque .i ^ 10 à 20 gram.
Eau distillée 200 gram.
b. — En cas de lésions papuleuses rebelles et tenaces, frictionner les parties atteintes avec la pommade :
Calomel 1 gram.
Vaseline 20 —
Pour les papules humides, les laver à la liqueur de Labarraque et les poudrer de calomel.
c. — Cautériser les plaques muqueuses de la bouche avec :
Nitrate acide d'hydrargyre ... 1 gram.
Eau distillée 30 —
ou:
Acide chromique 1 gram.
Eau distillée 10 —
d. — Traiter la laryngite par des pulvérisations de la gorge, pratiquées, matin et soir, à Taide d'un pulvérisateur à vapeur, avec une solution de sublimé à 1/10000 et des badigeonnages, tous les deux ou trois jours, à l'aide d'un pinceau ou d'un porte-ouate, avec :
Nitrate d'argent 1 gram.
Eau distillée 20 —
ou:
lodure métallique 0,30 centigr.
lodure de potassium 0,50 —
Glycérine neutre 30 gram.
e. — En cas d'iritis, appliquer des compresses chaudes d'eau boriquée sur l'œil, faire des onctions à l'onguent napolitain belladone sur la tempe et instiller, matin et soir, le collyre :
Sulfate neutre d'atropine . . . . 0,10 centigr. Eau distillée 10 gram.
///. — Syphilis tertiaire
Signes cliniques. — Tubercules cutanés, gommes, pustules suivies d'ulcérations profondes, altérations osseuses, nasales, oculaires, etc.; lésions viscérales profondes ; manifestations cérébrales (céphalée, attaques épileptiformes ou apoplectiformes, hémiplégie, paralysie des nerfs crâniens, etc.) ou spinales . (paraplégie spastique, hémiparaplégie, trouble des sphincters, etc.).
1. Traitement mercuriel intensif, soit par les frictions, soit par les injections, comme en 2 de II.
2. En même temps et à la suite, prendre deux cuillerées par jour de
lodure de potassium 30 gr.
Eau 300 cent, cubes.
Augmenter d'une cuillerée tous les cinq jours, en allant, suivant la gravité du cas, jusqu'à quatre ou six par jour, et continuer ainsi pendant deux mois.
3. Repos d'un mois, pendant lequel on administrera les toniques : vin de quinquina ou de kola arsénié ; puis reprise de la médication dans les mêmes conditions jusqu'à la guérison des accidents.
Ultérieurement, continuer le traitement sous la même forme, mais seulement à doses moyennes, ou donner le sirop de Gibert modifié, à deux cuillerées par jour, en l'administrant un mois sur deux.
4. Pendant tout ce temps, hygiène rigoureuse, vie au grand air, calme de l'esprit, etc.
En outre, veiller à la régularité des selles, donner,
tous les Imil jours, le soir au couciier, une pilule contenant :
Aloès 0,10 ou 0,15 cenligr.
ou tous les qoinzo jours une bouteille d'eau purgalivp.
5. Localement, en cas d'ulcérations cutanées, pansement occlusif à l'emplâtre de Vigo ; si les ulcérations sont profondes, anfractueuses, saupoudrer d'iodororme et recouvrir d'emplâtre de Vigo.
6. En été, aller faire une cure à Ludion ou à Uriage, comme en 5 a de II, ou une saison à Aulus.
Contre les ulcérations cutanées torpides, serpigineuses, les altérations destructives des os, saison â Balaruc.
A défaut, bains sulfureux à domicile, suivant Is méthode indit|uée en b i de II.
- Syphilin héréditaire
Eléments dliologiqaes.^ Hf redite palemelle, malcmeHo
mixte; contaniinalion in utero.
Signes cliniques. — Eruptions papiileuses autour des orifireg
naturels, coryza, pemptiigus, tésions viscérales, cachexie, etc.
1, Ne donner â l'enfant comme nourrice que sa mère,
2. Lui faire prendre en deux fois dans du lait la liqueur de Van Swieten, de XX goutles à une cuillerée â café par jour, suivant l'âge ;
Uu bien :
Faire faire sur la région abdominale des frictions quolidieimcs avec I gram. d'on^'uent napolitain.
Une ou deux fois par semaine, administrer un bain de sublimé (1 à 2 gram. par bain).
3. Au cas de lésions viscérales, donner dans du lait une à deux cuillerées à café par jour de
lodure de potassium 5 gram.
Eau distillée 150 cent, cubes.
Teignes
{Teigne faveuse^ teignes tondantes^ tricophytie)
Eléments étiologiques. — Parasites végétaux: pour le favus,
Aciwrion Schonlœnii, pour les tondantes, Microsporon Audouini
(tricophytons). Contagion humaine ou animale. Enfance, lympha-
tisme, malpropreté, etc.
Signes cliniques. — Pour le favus, godet jaune-soufre, odeur de
souris, gaine gélatineuse des poils; alopécie détinitive par
destruction du bulbe pileux.
Pour les tondantes, soit grandes plaques arrondies, à surface
écailleuse, à cheveux cassés, soit petits placards disséminés,
parsemés de points noirs.
Manifestation possible à la barbe et à la peau glabre, soit du
favus, soit de la tricophytie (sycosis tricophy tique, herpès cir-
ciné).
1. Au point de vue prophylactique, les teigneux doivent être rigoureusement exclus des écoles et envoyés dans des écoles spéciales hospitalières (écoles de teigneux).
Dans les familles, défense formelle d'échanger les coiiïures, les objets de toilette. Maintenir la tête du malade toujours couverte.
2. Traiter Télat général du sujet, généralement lymphatique ou scrofulcux: huile de foie de morue, sirop iodotannique, etc.
3. Couper les cheveux ras, faire tomber les croûtes par dos apphcations de cataplasmes de fécule et nettoyer le cuir chevelu par des lavages avec la décoction chaude de feuilles de noyer et du savon noir ou au goudron, lavages que l'on continuera journellement pendant toute la durée du traitement.
4. Pour le favus, faire Tépilation à la pince de toute la région malade en dépassant légèrement sa périphérie ; si cette région est étendue, ne compléter l'épilation qu'en plusieurs séances.
Répéter cette opération toutes les deux ou trois
semaines, jusqu'à ce que le cuir chevelu ait perdu sa
couleur rouge caractéristique et qu'il n'y ait plus de
cheveux engaînés.
Dans l'intervalle, faire, le matin, une lotion avec :
Sublimé 0,50 centigr. à 1 gram.
Alcool. 100 cent, cubes.
Eau de roses 400 —
Le soir, appliquer la pommade :
Turbith minéral 1 à 3 gram.
Vaseline > ^ .«
, ,. [ aa 15 gram.
Lanohne ) ®
Si la médication produit une irritation vive du cuir chevelu avec foUiculite, la suspendre momentanément et calmer cette irritation par des applications de cataplasmes de fécule et de vaseline boriquée.
5. Pour les tondandes à grandes plaques arrondies, délimiter ces plaques en rasant ou épilant les cheveux de la périphérie.
Puis frictionner, le soir, toute la tête avec :
Iode pur 1 gram.
Vaseline • 100 —
Trois fois par semaine, badigeonner les plaques à la teinture d'iode pure ou au coUodion iodé à 1/30; continuer ces badigeonnages jusqu'à Tcxfoliation de l'épiderme, entraînant l'élimination des cheveux malades.
6. Pour les tondantes à petits placards disséminés, frotter ces placards, tous les huit jours, avec le crayon
d'hoile de croton à 1/3. Calmer l'indammation consécutive par des applications de cataplasmes de fécule et de vaseline boriquée. Êpiler ensuite et badigeonner à la teinture d'iode.
Si l'on redoute l'huile de croton à cause de son action très irritante, raser les placards tous les huit jours, après lavage à la solution de sublimé (voir 4), badigeonner, tous les jours, à la teinture d'iode pure, qu'on remplacera, quand l'exl'oliation épidermique sera coramencêe, par l'application de la pommade:
Résorcine 2 gram.
Soufre précipité 2 à i —
7. Dans le sycosis tncopliytit|ue, faire d'abord le traitement du sycosis vulgaire {Follicutiles, en C de Pyodermites), puis épileret faire pendanthuit jours des badigeonnages à la teinture d'iode. Appliquer ensuite de l'emplâtre de Vigo ou de Vidal.
8. Dans l'herpès circiné ou le favus de la peau, après avoir fait tomber les croûtes, si elles sont épaisses, frotter énergiquement la partie atteinte, à l'aide d'un pinceau de coton, avec la teinture d'iode pure, eo dépassant légèrement les limites de la lésion.
TOXIDERMIES 365
Toxidermies
[Dermatoses médicamenteuses, alimentaires, par
autointoxication)
Eléments étiologiques, — lodures, bromures, antipyrine, etc.; coquillages, crustacés, poissons de mer, charcuterie, gibier faisandé, fraises, asperges, choux, etc.; dyspepsie habituelle, constipation ; maladies du foie, des reins ; troubles des fonctions génitales ; arthritisme, scrofule ; sérum antidiphtéritique, etc.
Se manifestent sous trois formes différentes.
A. — Urticaire
Signes cliniques. — Prurit violent à retour nocturne, éruption d'élevures ortiées blanches ou rouges, troubles gastrointestinaux, quelquefois lièvre légère.
1. Prendre tout d'abord, s'il y a embarras gastrique, soit un vomitif (1 gr. 20 ipéca en poudre en 3 cachets), ou purgatif salin (eau de Villacabras).
2. Prendre ensuite, dans le courant de la journée, à deux heures d'intervalle l'un de l'autre, et les continuer jusqu'à la disparition des accidents aigus, deux cachets contenant chacun :
Bromhydrate de quinine . 0,20 à 0,30 centigr.
3. Faire le soir, au coucher, une lotion sur les parties prurigineuses avec de l'eau chaude additionnée d'un quart alcool camphré.
Poudrer par dessus avec:
Salicylate de bismuth 10 gram.
Amidon pulvérisé 90 —
366 TOXIDERMIËS
4. Régime sévère : Au début, recommander le régime lacté exclusif associé à Teau de Vichy (Haulerive). Plus tard, permettre les viandes blanches, les légumes frais cuits, le vin blanc largement coupé d'eau, etc.
Prescrire en même temps, particulièrement dans les formes chroniques, le traitement de Tarthritisme. (Voir ce mot).
B. — Ery thèmes
Signes cliniques. — Erythèmes rubéoliforme, scarlatiniforme polymorphe, s'accompagnant de démangeaisons vives, parfois de tièvrc.
1. Supprimer l'agent provocateur (antipyrine), au cas d'éruption médicamenteuse.