CHANCRE PHAGÉDÉNIQUE DE LA VULVE
IL — Toucher la plaie délicatement avec un pinceau imbibé d'une solution de nitrate d'argent à 3/100. On peut remplacer le nitrate d'argent par une solution de tartrate ferrico-potassique à 10/100 ou par du perchlorure de fer à 30°.
III. — Sécher avec de l'ouate hydrophile et appliquer la poudre suivante :
lodoforme ) .
Calomol J aa 4 grammes.
Appliquer ensuite sur toute la vulve de la gaze iodoforméeou de l'ouate salicylée,qui sera renouvelée après chaque friction.
IV. — Dans les cas où il est impossible d'employer l'iodoforme, soit à cause de l'odeur, soit par suite de l'irritation locale qu'il détermine chez quelques malades, il faut le remplacer par une pommade :
Calomel ) ~ .
rT À a • aai gramme.
Oxyde de zinc ) °
Lanoline 15 grammes.
Ou par celle-ci, qui est un peu plus active :
Acide pyrogallique 5 grammes.
Vaseline 25 —
N'appliquer la pommade que sur la plaie et saupoudrer ensuite toute la vulve avec la poudre suivante :
Poudre de lycopode 10 grammes.
Tannin 1 gramme.
Puis recouvrir avec de l'ouate qui sera renouvelée après chaque miction.
Cas où le chancre a une tendance au phagédénisme.
Si le chancre continue à s'étendre malgré ce traitement, je remplace les solutions formulées plus haut (II) par une solution phéniquée à 1/10 jusqu'à ce que la virulence ait disparu, pour revenir aux topiques moins caustiques et moins douloureux.
Enfin, si malgré l'emploi de cette solution, le phagédénisme n'est pas enrayé, il ne faut pas hésiter à cautériser avec le fer rouge ou le thermocautère. On fera pénétrer le caustique sur toutes les anfractuosités de la plaie et jusque sur les bords ; on pansera ensuite avec les poudres formulées plus haut (III). Cette opération est très douloureuse et doit être pratiquée pendant Tanesthésie locale ou générale.
Les soins les plus rigoureux de propreté sont nécessaires et les pansements pulvérulents doivent être répétés après chaque miction.
Le traitement de la cystite présente, chez la femme, des particularités importantes, non seulement parce que l'étiologie de l'affection est distincte, mais parce qu'elle s'observe souvent avec une fréquence et une acuité remarquables.
Tandis que chez l'homme la cystite reconnaît presque toujours pour cause l'état de la prostate et du canal uréthral, chez la femme cette inflammation est souvent la conséquence d'un accouchement ou d'un traumatisme opératoire.
En un mot, il existe chez la femme des relations entre la vessie et les organes de la génération qui n'ont pas chez l'homme la même importance. La cause utérine remplace, chez celle-ci, la cause prostatique de l'homme. D'où indications thérapeutiques différentes.
J'ai dit que le traumatisme opératoire était une cause fréquente de cystite chez la femme.
Il suffit parfois d'une cause insignifiante, telle que l'application d'un tampon de gaze ou d'ouate sur le col
utérin, pour déterminer un ténesme vésical très pénible. Il suffit de signaler ces causes au praticien. J'arrive maintenant à la thérapeutique proprement dite. Je dois pour cela envisager deux périodes distinctes : la période aiguë et la période chronique.
A. — Cystite aiguë.
h — La première indication consiste à calmer le ténesme et la douleur. La médication est surtout locale : on alternera les sédatifs, en insistant surtout sur l'opium et la belladone, et par la voie rectale de préférence. J'emploie surtout les suppositoires :
Chlorhydrate de morphine.... ) ~ . „«„♦;„.
Chlorhydrate do cocaïne i ** * CQUU f^'
Extrait de belladone 5 milligr.
Beurre de cacao 3 grammes.
pour un suppositoire.
Un toutes les quatre heures jusqu'à cessation de la douleur et du ténesme.
II. — On peut remplacer la belladone par la jusquiame lorsque la morphine ou les opiacés sont mal tolérés, et employer cette formule :
Chlorhydrate de cocaïne... .. 1 ceotigr.
Extrait de j iisquiamc 2 —
Beurre de cacao 3 grammes.
pour un suppositoire 3 ou 4 dans les vingt- quatre heures.
Les lavements au laudanum, d'un usage si populaire, sont vraiment utiles dans la cystite de la femme.
III. — Lorsqu'il y a de l'insomnie, je donne le chloral, toujours en lavement, à la dose minimum de 4 grammes pour une femme adulte :
Hydrate de chloral 4 grammes.
Jaune d'œuf N° 1
Eau ou lait 150 grammes.
Enfin, l'injection hypodermique de 1 centigramme de morphine est le moyen le plus sûr de calmer le paroxysme de la douleur cystique, avec cette condition essentielle qu'on ne doit jamais laisser à une femme la possibilité de faire elle-même Vinjection (1).
IV. - — Les cataplasmes, bains de siège, fomentation sur Thypogastre, sont d'utiles adjuvants du traitement local, qui, à mon avis, doit être préféré au traitement général pendant la période aiguë.
Les applications topiques et calmantes peuvent également être appliquées dans le vagin ; je préfère même ce moyen à tout autre lorsqu'il s'agit de combattre la cystite du col. J'emploie la belladone ou la cocaïne :
Lanoline camphrée 30 grammes.
Extrait de belladon ;. . . 2 —
pour enduire un tampon d'ouate qu'on introduit matin et soir dans le vagin.
V. — Lorsque la douleur est vive, j'applique dans le vagin un petit tampon d'ouate, imbibé de la solution :
Chlorhydrate de cocaïne 1 gramme .
Eau distillée 20 grammes.
(1) Cette . règle ne souffre qu'une exception : c'est lorsque la femme est atteinte d'un carcinome utérin.
Le traitement par ta voie stomacale doit, en effet, èLre réservé pendant celte période. A part les hypnotiques, il y a peu de médications à proposer. Je n'ai jamais rien obtenu des balsamiques.
VI. — L'acide oxalique, très vanté dans les affections vésicales de l'homme, n'a donné, chez la femme, que des résultats douteux, surtout dans la période aigui'?. J'ai vu cependant les phénomènes douloureux s'améliorer par l'emploi prolongé de la mixture suivante :
Acide oxalique 50 ccutigr.
Eau distillée ... 100 grammes.
Siroji d'ikorec (l'orange amure 30 —
Une cuillerée à dessert toutes les quatre heures.
- Cystite chronique.
Dans la période chronique, j'emploie à la fois la médication locale et la médication générale.
Lorsque les phénomènes inflammatoires et douloureux sont atténués, on peut appliquer la médication intra-vésicale et procéder aux lavage».
I. — On introduit une sonde de gomme ou de verre parfaitement aseptique à l'extrémité de laquelle on adapte une seringue à anneaux d'une capacité de 100 & 150 grammes.
Les solutions légèrement antiseptiques seront employées de préférence, telles que : *
Acide borique 40 grammes.
Uiboralc de sonde S —
Eau distillée 1 litre.
On pousse le liquide vivement, de façon à produire un jet rapide, et on retire immédiatement la seringue pour permettre l'écoulement du liquide. Je ne conseille pas d'injecter plus de 50 grammes à la fois; il vaut même mieux, lorsque la vessie est encore irritable, n'injecter que 30 grammes pour commencer.
Je ne conseille pas les injections au nitrate d'argent, que les vessies de femmes tolèrent rarement.
II. — Je préfère au nitrate d'argent l'iodof orme, dont l'action est plus efficace, surtout dans les cystites d'origine blennorrhagique. Je procède de la façon suivante :
Lavage avec la solution boriquée ci-dessus, puis injection de 150 grammes d'eau tiède, additionnée d'une cuillerée à café de l'émulsion suivante :
Todoforme pulvérisé 30 grammes.
Glycérine 40 —
Eau distillée 20 —
Gomme adragante 25 cenligr.
III. — Le bleu de pyoctanine a été proposé par Necki, de Varsovie, en injections dans la cystite blennorrhagique. Gomme toutes les injections vésicales chez la femme, il ne faut les employer que dans la cystite chronique. J'ai obtenu un succès par ce traitement, qui est ainsi appliqué :
Bleu de pyoctanioe 1 gramme.
Eau distillée et bouillie 1 litre.
pour injections matin et soir.
Ces injections doivent être continuées, si elles sont bien supportées, pendant dix à quinze jours.
IV. — La médication générale est utile dans la cystite chronique.
Le pichi (fabiana imbricata) a été préconisé, il y a quelque dix ans, par Wyman.
J'ai eu l'occasion d'essayer le médicament dans les cystites consécutives à la gonorrhée chez la femme, et j'en ai obtenu de bons résultats. Je prescris :
Extrait de pichi 10 grammes.
Teinture de chanvre indicu 2 —
Eau de tilleul 90 —
Une cuillerée à dessert toutes les quatre heures.
V. — Voici une autre formule dans laquelle le buchu est associé à la jusquiame et au bromure d'ammonium :
Bromure d'ammonium 10 grammes.
Teinture de jusquiame 5 —
Extrait fluide de buchu 10 —
Eau distillée 60 -
Une cuillerée à café toutes les quatre heures.
VI. — S'il y a du pus dans l'urine, je prescris la tisaàe suivante :
Acide benzoïque 1 gramme.
Eau de fleur d orauger 50 grammes.
Eau bouillie 900 —
Sucre 100 —
A prendre par verre entre les repas.
Enfin, on n'oubliera pas que la cystite peut avoir une origine tuberculeuse, qu'elle peut être due à des calculs ou entretenue par des tumeurs siégeant dans le voisinage. Le traitement devra subir diverses modifications dans ces cas.