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MALADIE DE HUGUIER

La simple hypertrophie du col (avec ou sans élongation), caractérisée par du gonflement produit dans le tissu de l'organe par la persistance de la modification textulaire propre à la grossesse, est une affection fréquente qui peut exister isolément, sans se compliquer d'aucune affection inflammatoire de l'utérus ou des annexes.

Lorsque l'hypertrophie se complique d'un allongement considérable du col donnant lieu à des symptômes graves, elle est susceptible d'un traitement chirurgical : l'amputation du col.

Lorsqu'il n'y a pas d'élongation, mais simplement hypertrophie, cette lésion est susceptible d'un traitement local efficace.

Tous les moyens locaux de nature à diminuer l'hypertrophie et à provoquer le retrait de l'organe peuvent être mis en usage. J'ai plus particulièrement recours aux scarifications, à Tignipuncture, aux injections interstitielles.

TRAITEMENT DE L'flYPERTROPfllE DU COL 67

I. — Les scarifications à l'aide 4*bn bistouri constituent un moyen de traitement simple et assez efficace. Les malades l'acceptent volontiers. Je les répète tous les deux ou trois jours. Ses mouchetures sont pratiquées en assez grand nombre sur les lèvres hypertrophiées à un centimètre de profondeur environ. Après chaque scarification, j'applique sur le col un tamppa d'ouate, imbibé d'une solution glycérinée astringente |

Glycérine 100 grammes.

Tannin : 20 —

Retirer le tampon après douze heures et faire une irrigation vaginale avec une solution boriquée.

IL — L'ignipuncture est beaucoup plus efficace que la scarification. L'opération sera pratiquée avec le spéculum et répétée toutes les semaines. Le couteau sera introduit à un centimètre environ de profondeur et on pratiquera trois ou quatre pointes sur chaque lèvre, La technique de cette petite opération est trop connue pour être l'objet d'une description spéciale.

L'ignipuncture a pour but de déterminer la formation d'eschares, de produire une inflammation éliminatrice et une rétraction cicatricielle de nature à diminuer le volume du col.

III. — Dans les dernières années, j'ai appliqué au traitement de l'hypertrophie du col les injections interstitielles avec des liquides modificateurs. J'ai obtenu par cette méthode d'excellents résultats.

Je dois dire cependant que les injections interstitielles, qui sont utiles dans les simples hypertrophies du col,

doiventêtre proscrites chaque luis qu'il existe une ulcération de nature suspecte et dont l'ablation peut être faite facilement soit par l'amputation, soit par l'opération d'Einmet ou l'opération de Schrœder. Toute médication locale appliquée à un néoplasme dont l'ablation est facile est une erreur et une perte de temps.

J'ai toujours obtenu de bons résultats dans l'hypertrophie simple du col par les injections interstitielles. Voici comment je procède :

Une fois le spéculum introduit, je porte le liquide modificateur dans le parenchyme du col avec une gue de Pravaz.

IV. — Dans l'hypertrophie, je charge la seringue avec le liquide suivant :

L'injection provoque une douleur assez v très courte durée.

V. — Lorsque l'hypertrophie se complique d'éros» on d'ulcérations du col, je préfère l'acide phénique :

Acide phénique 1 gramme.

tilycÉriiie pure 10 grammes.

Eau ilistillée 90 —

La seringue étant chargée cl le spéculum en placi on nettoie d'abord le col avec de l'ouate boriquée, pui on injecte autour de l'orifice, en dix ou douze endroits. A chaque piqûre, on injecte 1 ou 2 millimètres cubes de liquide.

Lorsqu'il injecte des substances actives par cette voie.

ice.

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TRAITEMENT DE i/flYPERTROPIIIE DU COL 69

l'opérateur doit avoir présent à l'esprit ce fait important que le liquide est absorbé.

VI. — Dans les cas où les malades redoutent la petite douleur produite par les injections d'alcool, on peut les faire précéder d'une injection de cocaïne :

Chlorhydrate de cocaïne 20 centigr.

Eau distillée 10 grammes.

Une seringue de Pravaz, injectée dans le pourtour de l'orifice du col.

VIL — Lorsqu'il existe des ulcérations fongueuses ayant résisté au traitement ordinaire, lorsque le col est non seulement hypertrophié, mais boursouflé et saignant, je me suis bien trouvé des pansements avec de l'ouate imbibée de :

Acide phénique cristallisé 5 grammes.

Camphre — . , 25 —

Mêlez et faites tiédir au bain-marie.

Ce mélange a une consistance sirupeuse. Il ne doit couvrir que sur les parties ulcérées, et il importe de faire suivre les applications d'un tamponnement avec de l'ouate sèche, destiné à protéger les parois vaginales.

On voit que l'hypertrophie du col est susceptible d'une thérapeutique active en dehors de l'amputation, qui devra être réservée pour les cas graves, où l'allongement de l'organe constitue pour les malades une véritable infirmité.

L'hystérie revêt, chez la femme, différentes formes. J'admets pour la thérapeutique une forme légère, une forme moyenne et une forme grave; enfin, je m'occupe du traitement de l'attaque.

A. — Forme légère.

Souvent associée à l'anémie, à la chlorose, à la dysménorrhée et à divers troubles fonctionnels de l'appareil utérin, l'hystérie légère demande une thérapeutique multiple, basée sur la variété des symptômes.

I. Hydrothérapie. — Chaque matin, une douche ou une lotion à l'éponge sur tout le corps, suivie d'une friction sèche et d'une promenade d'une demi-heure. Lorsque la malade est faible et anémique, la promenade sera supprimée et remplacée par un repos d'une ou deux heures au lit.

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