‹ Consultations sur les maladies des femmesChapitre 8 sur 72 · C. — Arrêter les hémorrhagies · texte numérisé non relu

C. — Arrêter les hémorrhagies

D. — Calmer la douleur et soutenir les forces vitales.

A. — Ablation et destruction des tissus morbides. Voici la règle de ëoildiiiln

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I. — Les lissus mortifiés et gangrenés qui ne t'ont que favoriser l'auto-infection, les bourgeons friables par lesquels se produisent les hémorrhagies doivent êlre enlevés; les tissus qui, quoique morbides et infiltrés, sont encore assez résistants pour constituer des parois effectives doivent être respectés. Si vous détruisez ces tissus par des cautérisations trop profondes, vous hâtez l'apparition des perforations et, suite, l'issue fatale de la maladie.

Pour atteindre ce but, on emploie la curette et les caustiques. L'emploi de la curette est très recommandé. On introduit d'abord un spéculom (celui de Sims de préférence) et on détache les tissus morbides employant tantôt la curette tranchante, tantôt lacuretl ft bords mousses On pratique ainsi une sorte de ne ioyago de l'utérus.

II. — Lorsque le cancer^s'étend dans la cavité utérine, on a le plus grand avantage a pratiquer d'abord la dilatation graduelle de l'organe. C'est dans ce cas que le pre cédé de Vulliet présente le plus d'avantages. Il c comme on le sait, à introduire dans l'utérus des petits bourdonnets d'ouate, préalablement trempés dans d l'éther iodoformé et qui restent en place pendai vingt-quatre heures. On renouvelle chaque jour l'opéri tion,en augmenlant graduellement le nombre des lam pons, jusqu'à ce qu'on ail obtenu le degré de dilalatio nécessaire pour pénétrer facilement dans l'utérus.

Lorsqu'on a enlevé avec la curette tous les bourgeons et lissus morbides, on peut tamponner l'uléru

et le vagin avec de la gaze iodoformôe ou appliquer les solutions ou caustiques chimiques.

Le chlorure de zinc me paraît devoir mériter la préférence.

Je prépare des petits tampons d'ouate que je mets à imbiber dans la solution :

Chlorure de zinc 15 grammes.

Eau distillée 30 —

Ces tampons, une fois imbibés, puis exprimés, sont appliqués sur les parties malades.

IV. — Il importe de tapisser au préalable les parties saines, et notamment les parois vaginales, avec une pommade bicarbonatée :

Bicarbonate de soude. . . % 10 grammes.

Axonge 40 —

On tamponne cnsuilc toute la cavité vaginale avec des bourdonnets d'ouate, imbibés d'une solution saturée de bicarbonate de soude.

Il va sans dire que tous les tampons, caustiques ou autres, seront reliés les uns aux autres en chapelet, afin de pouvoir être facilement retirés.

Ce tamponnement est maintenu en place quarantehuit heures, après quoi x>n fait un lavage avec une solution de sublimé à 1/10000.

Guichard, d'Angers, a employé le chlorure de zinc en injections parenchymatcuses. Il se sert d'une solution à 1/5 qu'il injecte au centre même des tissus morbides,

V '. Injections d'alcool absolu. — J'ai obtenu d'excellents résultats avec l'alcool absolu injecté avec la seringue de

Pravaz dans tout le pourtour des points indurés, répète les injections tous les jours ; une seringue pleine permet de faire cinq à six injections. L'emploi de l'alcool absolu convient surtoul dans le traitement du cancer du col.

VI. — Le fer rouge est préféré aux caustiques chimiques, comme complément du curetage, par beaucoup de chirurgiens. Il est surtout préférable lorsque les noyaux cancéreux sont limités et étayés par une certaine épaisseur de tissus sains. Il doit être manié avec prudence, de façon à éviter les perforations. Il faut employer les cautères actuels, le thermocautère étant insuffisant. Voici comment je procède :

La malade est placée dans la position genu-pectorale ; je prépare deux ou trois cautères olivaires que je fais chauffer sur une lampe à alcool ; j'applique le spéculum de Sinis et je badigeonne toutes les parties saines et morbides avec une solution de :

J'applique ensuite une autre valve de Sims, de façon à isoler les parois vaginales.

Je procède ensuite à la cautérisation, qui doit être faite avec mesure et sans précipitation. Si l'on ne louche pas les parties saines, l'opération n'est pas douloureuse et peut être pratiquée sans aneslhésio.

L'opération terminée, je fais un grand lavage avec une solution faible de sublimé à 1/10000, et je tamponne tout le vagin avec de la gaze iodoformée.

Le traitement par le curetage suivi de cautérisations peut être renouvelé à plusieurs semaines et même à plusieurs mois d'intervalle, selon les progrès de la maladie.

B. — Asepsie du vagin.

C'est surtout dans le cancer qu'il importe de maintenir le vagin et même la cavité utérine dans un état d'asepsie aussi parfait que possible. En agissant ainsi, on relarde l'auto-infection et on prolonge la vie des malades.

L'asepsie s'obtient par des injections, des applications de tissus tenant en suspension des antiseptiques et par des poudres.

1. Injections. — Elles doivent être fréquentes et copieuses, et constituer de véritables irrigations pour entraîner tous les produits de décomposition. Le sublimé au 1/5000, le permanganate de potasse au millième, agissent surtout comme désinfectants ; il convient parfois d'ajouter à l'injection des éléments modificateurs des tissus; dans ces cas, je prescris :

Acide picrlque 10 grammes.

Eau 1 litre.

Ou:

RÉsorcine 20 grammes.

Eau i litre.

Ces injections doivent être faites par le médecin, qui appliquera au préalable le spéculum de façon à découvrir les tissus malades et à bien déterger et éliminer les produits morbides.

II. — L'injection faite, on applique un tampon d'ouate, imbibé de la solution suivante :

Hydrate de chlurnl 2 grammes.

Chlorhydrate de cubaine 50 centifjr.

Eau 20 grammes.

III- — Lorsque la maladie siège dans le corps do l'utérus, j'injecte dans le col quelques gouttes de la mixture suivante :

Bichlorure de mercure 20 cenligr.

Chlorhydrate de cocaïne 10 —

Ou une bougie à l'iodoforme :

lodoforme 10 cenligr.

Chlorhydrate de cocu'iue S —

Beurre de cacao 50 —

pour une bougie de 5 centimètres de longueur.

IV. Poudres. — Elles présentent l'avantage d'isoler les parties malades, d'absorber les sécrétions et d'éviter aux malades très affaiblies des injections et des pansements trop fréquents. Je considère les agents pulvérulents comme la meilleure médication locale et désinfectante à appliquer au cancer utérin. Ils procurent, un grand soulagement et font cesser immédiatement l'irritation vulvaire qui résulte des sécrétions, que les plus grands soins de propreté ne permettent pas toujours d'éviter.

V.— Dans certains cas, j'emploie une poudre à la fois désinfectante et caustique :

lodoforme iO grammes.

Sulfate de cuivre 10 ~~

'e morphine * —

VI. — Lorsque Faction caustique n'est plus nécessaire; j'emploie une formule simplement désinfectante :

Salol 4 grammes.

Lycopode j

Tannin. < "* 10

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