‹ Contagion de l'ophtalmie granuleuseChapitre 30 sur 31 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° La contagion dutrachome dans la région de Montpellier est réelle ; elle n'est même pas très rare. Parmi les 727 personnes qui composent les 218 familles, abstraction faite des granuleux, que nous considérons dans chaque famille comme la source d'infection, elle a eu lieu dans 200 cas environ. On l’observe aussi dans les familles (50 sur 100) : ordinairement un second membre a seul contracté les granulations (52 fois), moins souvent deux (28 fois), quelquefois trois (13 fois), rarement quatre (8 fois), exceptionnellement cinq (1 fois) : huit fois l'infection s’est étendue à tous les membres du foyer. La proportion des femmes est plus forte que celle des enfants, celle des enfants plus forte que celle des hommes. Le maximum de fréquence s’observe de 10 à 20 ans.

La proportion des granuleux est plus forte à Montpellier qu’à Cette, plus forte à Cette que dans les villages.

La contagion a paru se faire surtout entre mari et femme (31 fois), entre parents et enfants (71 fois), entre enfants et parents {11 fois), entre frères et sœurs (39 fois).

C'est dans l'encombrement, la cohabitation, les rapports intimes que survient la contagion granuleuse. Elle a lieu par le contact direct ou indirect : les doigts mal nettoyés, les mouchoirs, les essuie-mains, les objets de pansement, de toilette (serviettes, éponges, cuvette), etc., sont les intermédiaires habituels entre les yeux sains et les yeux malades. La contagion est en raison directe de l'abondance des sécrétions granuleuses et de leur virulence. Les enfants, les adolescents et les femmes sont parti-

Sn x LT culièrement atteints: presque tous nos granuleux ont été ou sont encore des scrofuleux et des Iymphatiques. Enfin, dans un grand nombre de cas (18 °/,), des ophtalmies préliminaires ont été constatées.

2° La non-contagion est également fréquente. Elle est fréquente parmi les 727 personnes composant les 218 familles, vu le temps extraordinairement long pendant lequel elles sont demeurées exposées à l'infection. Elle est fréquente aussi parmi les familles: 50 sur 100 environ. 127 fois les granulations auraient pu se communiquer d’un conjoint à l’autre, et l’infection n’a eu lieu que 27 fois: 70 fois, le mari a résisté à la contagion à laquelle l’exposaient les conjonctives trachomateuses de sa femme, et la femme, 30 fois, n a pas contracté la conjonctivite granuleuse de son mari. Dans 54 familles, où l'intimité était absolue, il n’y à eu aucune infection.

Cette non-conlagion s’observe aussi dans les orphelinats, les crèches, les écoles, les casernes, les hôpitaux, etc.

Elle est habituelle chez les adultes non Iymphatiques, sans irritation oculaire préalable et s'explique par le peu d’écoulement purulent, catarrhal ou lacrymal de la conjonctive.

Cette absence presque complète d'écoulement conjonctival chez la plupart de nos granuleux nous explique pourquoi la contagion du trachome est actuellement moins redoutable qu'autrefois, moins redoutable qu'en Algérie, en Egypte et en

Orient.

Vu et permis d'imprimer : Vu et approuvé:

Montpellier, le 9 Février 1895. Montpellier, le 9 Février 1895. Le Recteur, Le Doyen, A. GERARD. À. MAIRET.

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