‹ Contagions Tuberculeuses Évitables Chez Les NourrissonsChapitre 6 sur 36 · CONTAGIONS INEVITABLES · texte numérisé non relu

CONTAGIONS INEVITABLES

Nous réunirons dans ce court chapitre, les contagions que l’on ne pouvait ni prévoir ni prévenir, ainsi que les contagions dues à une tare irréductible : parents tarés ou à l’intelligence obtuse pour lesquels les assistantes sociales et les médecins qui veulent séparer le tout-petit des sources de contagion, ne sont que des « ravisseurs d'enfants ».

G. Irène, 7 mois, entre à l’hôpital Hérold avec un foyer Sspléno-pneumonique et une cubi positive.

On assiste à l’évolution d’une tuberculose pulmonaire rapidement extensive. Le contact est retrouvé : Le père tousse et crache, Il a des bacilles tuberculeux dans ses crachats.

Malgré cela, et, à la sortie de l'hôpital, la mère refuse le placement de l’enfant.

Elle va le mener chez une tante, chez laquelle se trouve déjà une petite sœur de la malade, âgée de 4 ans 1/2.

On lui explique le danger possible pour ce dernier enfant : la contamination presque fatale entre les deux.

Toute explication est superflue.

A 1 ee OBSERVATION 2,

G. Jean-Claude, 20 mois, entre dans le service, avec une primo-infection typique.

On retrouve le contact : Le père, suivi par M. Riszt, tousse et crache. Ce contact est permanent, le père n’étant pas hospitalisé.

L’assistante sociale explique à la mère le danger qu’il ÿ aurait à ne pas séparer immédiatement l'enfant de la source infectante.

Malgré cela, et contre l’avis médical, les parents reprennent l’enfant après s’être opposés à son placement.

V. Albert, 20 mois, entre pour une primo-infection. On retrouve le contact permanent avec le père. Celui-ci a fait une pleurésie tuberculeuse huit ans auparavant, et, depuis, il tousse et crache. Pendant que l’enfant est hospitalisé à Hérold, le père condescend enfin à se faire examiner à Tenon, où on lui trouve des bacilles de Koch dnas les crachats.

Cependant, il refuse le pneumothorax et l’hospitalisation.

Puis, dans un éclair de lucidité, il se décide à se faire hospitaliser à Tenon et fait partir l’enfant pour Brévannes.

Mais, au bout de quelque temps, il sort sur sa demande et, ayant d’autres enfants de 12, 7, 5, 4, 2 ans et 6 mois, il refuse le contact possible et veut voir ses

enfants.

G. Albert, 7 mois et sa sœur âgée de 2 ans, à leur sortie de l’hôpital Hérold, entrent à la Fondation Barracq, par l'intermédiaire de l’assistante sociale.

rie

La petite fille fait un érythème noueux et meurt, 4 mois après, de tuberculose miliaire.

On retrouve le contact avec le père qui, depuis un an, tousse et crache et ne s’en est jamais soucié.

On l'envoie à Tenon où on lui trouve des bacilles dans les crachats.

Il refuse le pneumothorax et l’hospitalisation. Puis, il se fait hospitaliser à Lariboisière d’où il sort sur sa demande deux jours après.

Sur les conseils de l’assistante sociale, il accepte tout de même de se rendre à la consultation d’un dispensaire. Mais il ne continue pas, et meurt, un an plus tard.

B. Lucien, 17 mois, meurt dans le service de ménin-, gite tuberculeuse.

Dans les trois premiers mois de sa vie, il a été en contact avec son père, tuberculeux pulmonaire, toussant et crachant.

Le père était allé dans un dispensaire, maïs on n’avait pu le convaincre de la nécessité de se séparer de ses enfants. Il avait, d’ailleurs, montré une mauvaise volonté évidente à se faire soigner.

Il meurt trois mois après Lucien.

L’assistante sociale, sachant qu’il existe trois autres enfants, retourne voir la famille. Mais la mère, ignorante, fruste et butée refuse de les mener à une consultation et même d’en donner l’état de santé.

On est obligé d'abandonner l’enquête.

CONTAGIONS EVITABLES

En nous référant aux observations que nous avons pu recueillir dans le service de M. Debré, nous avons constaté que les sources de contagion pouvaient être résumées en quatre grands chapitres :

la mère ;

le père ou les collatéraux vivant sous le même toit ;

les parents ou les amis éloignés ;

et enfin la promiscuité des crèches et des locaux ouvriers.

En étudiant dans ce chapitre ces quatre grandes sources d'infection, nous étudierons en même temps les fautes commises et que l’on aurait pu éviter dans chaque cas particulier et dans l’état actuel de nos con-

naissances.

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