‹ Conte d'Avril; comédie en quatre actes et six tableaux en versChapitre 13 sur 84 · ACTE I, SCENE V I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V I

Et, si VOUS l'ignorez encor, je suis de plus Cousin d'Olivia, laquelle est mon amante.

VIOLA

Monsieur, j'en suis ravi. .Cette dame est charmante, Dit-on, vous devez donc être félicité D'avoir su plaire à tant de grâce et de beauté.

QUINAPALUS, à part.

Ouais ! que dit-il? Vraiment son aplomb m'interloque ! Est-ce moi, par hasard, qui battrais la breloque ? Non...

VIOLA, à part.

Il est évident que ce seigneur a bu.

QUINAPALUS, prenant sa grosse voix.

Inutile, monsieur, de nier : j'ai tout vu.

VIOLA

Que nierais-j?, en effet ?

QUINAPALUS.

Près de cette demeure, C'était vous, n'est-ce pas, qui rôdiez tout à l'heure ?

VIOLA

Possible.

QUINAPALUS.

Eh bien, alors ?

l6 CONTE d'avril

VIOLA

Mais... quel mal ?...

QUIXAPALUS.

Ah ! quel mal ?

Que le duc me dispute un cœur, c'est très normal, — J'en suis même flatté, bien que je le déplore, — Mais qu'un simple blanc-bec fasse le mirlillore. Qu'un mor\'eux, qui n'a pas perdu ses dents de lait, Ose être mon rival ?... Halte-là, s'il vous plaît !

VIOLA

Monsieur, vous vous trompez...

QT7IN-APALUS.

J e suis un imbécile.

Peut-être ?

VIOLA, iniimidce.

Ce matin j'arrive de Sicile.

QUIXAPALUS, à pari.

Il s'excuse, il a peur... Poussons ferme !

Haut.

Apprenez Que si je vous surprends encor levant le nez Vers la fenêtre où ce matin vous soupirâtes. Il vaudrait mieux tomber dans les mains des pirates.

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