ANDRÈS, SILVIO
ANDRE s.
^fais qui vois- je là-bas ?
C'est mon cher Silvio.
SILVIO, accourant.
Bon Andrès !
ANDRÈS
Dans mes bras !
— J'arrive à l'instant même et j'apprends la nouvelle Qui double mon plaisij de vous revoir.
Laquelle ?
ANDRÈS
Vous n'avez pas quitte l'Illyrie, et l'on dit Qu'à la cour d'Orsino vous êtes en crédit.
siLVio, 1res étonne.
yui ?... moi ? Mon noble ami, je le voudrais, sans doute, Mais, hélas ! comme vous je me suis mis en route ; Enfin, après un mois, — un siècle, — sur le quai De Raguse je suis ce matin débarqué.
ANDRliS.
Il paraît qu'un certain Silvio, de votre âge. Vient d'entrer chez le duc en qualité de page. C'est étrange.
SILVIO
En effet. Rencontre du hasard !
Ce sera vrai demain, car demain au plus tard, Maintenant que je puis me faire reconnaitre, Je vais trouver le prince Orsino votre maître, Vous êtes rappelé de l'exil...; après quoi, Vous heureux, je travaille à mon bonheur, à moi !
ANDRÉ s.
Alors, toujours épris !
SILVIO, se tournant vers la maison d'Olivia.
Pendant la traversée Je n'eus qu'un seul désir, une seule pensée: La revoir ! Ce matin, en arrivant au port. Comme un fou j'ai sauté le premier sur le bord Et, sans perdre un moment, à ses fenêtres closes Je suis venu jeter une touffe de roses Pour qu'elle reconnût, aussitôt son réveil, Ce bouquet, aux bouquets d'autrefois tout pareil.