LE MEDECIN DU PRINCE
Dans la ville de... de... ma foi, le nom m'échappe,
Un bon maire avait arrête' Qu'eu inscrivant un mort , on mettrait à côté
Le nom de l'enfant d'Esculape
Qui l'aui-ait aussi bien traité.
Un prince arrive en cette ville :
Il voyageait pour Sâ santé , Et menait avec lui , pour être plus tranquille ,
Un membre de la Faculté , Qui, las de prodiguer sa science profonde,
En vivant dans la nullité, S'en alla, tout honteux, chercher dans l'autre monde
Un brevet d'immortalité.
De ce départ subit le prince s'inquiète \
Mais ayant formé le dessein
De remplacer son médecin.
Sans perdre de temps il s'enquête.
Et découvre bientôt le moyen usité
Par la municipalité.
Ce moyen lui paraît fort sage:
« Il offre, dit-il, l'avantage
« De connaître par un coup d'œil
« Et les partisans du cercueil, « Et ceux qui de la vie e'tendent le voyage. « Qu'on aille promptement a ce livre fatal,
« Qu'on Texamine , et qu'on m'amène « Celui qui des docteurs a fait le moins de mal. » On y court... Pourrez-vous croire à ce phénomène?
On de'couvre qu'un franc Gaulois,
De Péze'nas ou de Beaucaire ,
N'e'tait signalé que deux Jbis
Sur le registre mortuaire
C'est lui que l'on choisit , on cherche , on l'aperçoit , On l'amène à l'hôtel; le prince le reçoit. — Monseigneur, lui dit-il, plein de reconnaissance, A qui dois-je l'honneur de vous être connu,
Et surtout cette préférence?...
— De vos heureux talens le bruit m'est parvenu J
Vous aurez désormais toute ma confiance
— Quoi! je perce déjà! répond-il d'un ton fier, Se confondant en mots, en accolades J
Je ne suis ici que d'hier, ,^ ^q-
Et je n'ai vu que deux malades!
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