‹ Contes, anecdotes, chansons et poésies diversesChapitre 2 sur 221 · UN MOT D'AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

UN MOT D'AVERTISSEMENT

Ox a souffert jusqu'aujourd'hui ,

Qu'en ma qualité de libraire (i) ,

Je vendisse les vers d'autrui ;

Me pardonnera-t-on d'en faire ?

•—Non, monsieur le rimeur : vous auriez dû vous taire, Me diront les censeurs de la meilleure foi ; Assez d'autres sans vous... — Assez d'autres sans moi Du puissant dieu des vers font retentir la lyre ; Elle n'a sous mes doigts rendu qu'un faible son, Je le sais ; mais comment résister au délire Qui me porte à rimer le Conte et la Chanson ,

(i) L^auteur est molutcnant retiré du commerce.

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Quand clie7. moi tous les jours Marot et La Fontaine, Grécourt, Piron, Vergier, Gresset, Collé, Panard, Et tant d'auteurs charmans, dont ma demeure est pleine, Enflamment mon esprit en frappant mon regard ; Comment ne pas céder au transport qui m'anime ?

— Comment? vous devez le savoir.

Qui vous montra jamais à polir une rime ? Au collège avez-vous fait le moindre devoir? Avez-vous expliqué, pour former votre style,

Et pour rimer avec succès

Les vers d'Horace et de Virgile?

— Pai lu ces auteurs en français, ' " '^ '^ Grâces à Despréaux et grâces à Delille....

—En français I—Oni, messieurs , en français, seulement

Vousyoye? quç )« s«i§ ginçèrç ;

Je rim« sans savoir comment ,

Par goût ou par délassement :

Dans mes vers, quand je puis, je me wontre jcvèrcj

Mais , je vous le dis franchement , Se ne perdrai jamais mou latin à les faire. Au printemps de mes jours, ignorant mon desUn,

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