‹ Contes, anecdotes, chansons et poésies diversesChapitre 209 sur 221 · KP · texte numérisé non relu

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IlN 1795, on chantait clans tous les spectacles le Héveil du peuple. Un jour qu'on criait à l'Opéra plus haut qu'à l'ordinaire le Réveil du peuple l le réveil du peuple! un plaisant se lève et dit : par pitié y messieurs, ne l'éveillez pas y qui dort dîne (1).

Lf gf^néral Beurnonville, à la snîle d'une affaire assez vive, manda qu'il n'avait pas eu un homme de tué ; qu'un soldat seulement avait eu le petit doigt emporté. Ah! s'écria un incrédule , le petit doigt n'a pas tout dit,

Jean DebRY, à son retour de Ras-

(i) La disette était si grande à cette époque , que le peuple de Paris n'avait que deux onces de pain par jour, encore fallait-il qu'il fut deux hçures à la queue , devant la porte de son boulanger, pour les obtenir.

tadl, se plaignait des calemhourga qu'on faisait sur son compte. Cela est étonnant , dit-on ; les gens de Brie ( les Jean Debry ) devraient aimer lesyezix de Meaux ( les jeux, de mots ).

Au commencement de l'an 7 , il parut une caricature qui représentait les cinq directeurs. On avait mis au Las une lancette , une laitue et un rat, ce qui signifie , en style de rébus , l'an sept les tuera.

T^HETJREUX caractère que celui clés Français ! tout en dansant on fait la conversation avec son voisin ; on parle misère, commerce, politique.

Yoici ce qui s'est dit dans un bal au mois de frimaire an 7 :

Eh bien! la Porte-Ottomane nous a donc décidément déclaré la guerre?

— Rien n'est plus certain. ( En auan6\

( >95 ) deux ). — C'est un ennemi de plus. — ( Chassez^. — Et la flotte russe , qui , dit-on, a passé les Dardanelles. ( En avant quatre ). — Les journaux disent pourtant que l'empereur veut sincèrement la paix. — Oui, mais le comte de Metternik veut la guerre.. (5a/(37zcsz ). — Ainsi , voici une nouvelle coalition eiitre V Angleterre , le Portugal j le roi de Naples , la Turquie, V empereur j la Russie , peut-être VEm" pireei la Prusse. {Faites face et chassez tous les huit ). — Eh bien! nous avons des baïonnettes. ( La poussette ). — Puis , il n'y a pas si loin de Calais à Douvres. ( Traversez ). — Etes-vous de la conscription, vous ? — Tout juste. — Et moi aussi. ( Pirouettez^, — Ce qui m'inquiète , c'est de savoir ce que feront nos danseuses, quand nous serons partis ? ( La chaîne des dames), — Seules, sans cavaliers , que leur restera- t- il pour égayer leurs

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loisirs ? ( La queue du chat ). Ainsi s'écoulaient au sein des plaisirs et de rinsouciance les niomeas les plus critiques.

Lorsque la constitulion de l'an 8 parut, un amateur, entrant cliez un marchand de nouveautés , en demanda on exemplaire. Monsieur, lui répondit le libraire , nous ne vendons point d'ouvrages périodiques.

On disait à ane petite maîtresse, que le nombre des perruques était diminué des deux tiers. Bon, dit-elle, je suis du tiers consolidé.

Un rentier, que la voiture d'un fournisseur venait d'éclabousser , s'écriait : Comment ces gens-là vont-iU %i vite ? ils volent , dit un passant.

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Thermomètre du mois de Thermidor an 8.

Les jacobins. .

Le directoire .

IjCS cinq-cents.

Les anciens. .

Les louis d'or .

Les mandats .

Le peuple . .

à la tempête, au variable, à rora«;e.

au lemnéré.

au beau jfixe.

au vent, au très-sec.

,, La veille du 18 brumaire an 8, la sentinelle des Tbuileries refusait rentrée du jardin à un bonlme qui avait une cocarde fort sale. Attendez à demain, lui dit-il, j'en aurai une blanche.

On a remarqué que les principanx.

asens dont Schérer se servait dans son armée, s'appelaient Grugeon, Rapinat et Forfait. Quand on reprochait quelque chose à ce§ messieurs , ils répon-

( igS)

<3olent îroniqnement , dit la Chronique : NoiLs prenons tout sur nous.

A une des fêtes de Lougchamp , nn fournisseur se faisait remarquer par son brillant équipage. Quel est ce particulier, dit un étranger? C'est un homme fort adroit , répondit-on : Il était derrière une voiture y et il est passé 1 dedans en esquivant la roue».

Une femme très-jolie, très'-parée, sortait de l'Opéra , il y a quelquetems. — Où faut-il aller, madame, lui demande son domestique ? — dieux noux , répond-elle. — Cheux nous! dit en riant un jeune homme sortant du parterre. — Pourquoi t'en étonner, lui dit un de ses amis : c'est une blanchisseuse tombée à\x quatrième étage dans une voiture sans s^ Jalesser.

( ï99 ) La voilure du ministre des finances s'élant renversée dans la cour de riiôtel des pos'tes , les commis, qui depuis long-tems n'avaient pas été payés , s'écrièrent : Nous allons enfin toucher de Tarifent ce mois-ci, le ministre vient de perse?' chez nous I

I.\ brillante moitié d'un moderne richard , Jadis entres sabots , page alerte et fidelle , Arrive au grand galop dans un superbe char, Auprès de l'Opéra pour la pièce nouvelle. Le cocher, fort exact à faire son devoir,

Lui dit, d'un ton qui témoignait son zèle : Madame , viendrons-nous vous reprendre ce

soir ?

— Y a gros, rcpondit-elle.

Liberté — Egalité.

On disait à un représentant, avant le 18 brumaire, qu'il y avait parmi eux de grands scélérats : il répondit que dans un grand état il fallait q"« tout le monde fut représeulé.

( 200 ) C O NCLU S I ON.

AUX ^'RANÇATS.

Ah Î reprenons notre ancien caractère , f.t retournons à nos antiques jeux; Rappelons-nous encor ce teras prospère Où nous chantions , et nous étions heureux ; L'Europe alors accourait à nos fêtes, Et les plaisirs suivaient partout nos pas : Si nous faisions tourner toutes les tètes , On sait du moins que nous n'eu coupions pas.

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