LE CONSCRIT BÈGUE
Gros Thomas ayant atteint l'âge Où d'un cultivateur la loi fait un guerrier, • Pour aller cueillir le laurier
Beçut l'ordre de son voyage.
Bon] dit-il , une infirmité
De cet honneur-là nous dispense :
Or, je suis bègue, moi; c'est bien assez , je pense,
Pour obtenir ma liberté'.
— Faible moyen , triste de'fense :
Ce n'est pas pour jaser que l'on te fait soldat , Lui dit son officier; maraud, c'est pour te battre,
Et pour conserver à l'Etat
Le bien acquis par Henri-Quatre,
Ses descendans , et cœtera....
— Henri-Quatre ou César, tout comme il vous plaira; Mais lorsqu'en sentinelle un chef me placera ,
Malgré ma surveillance active
L'ennemi vous attaquera
Avant que ma langue tardive Fuisse bien lui crier q, q > q , qui, qui vive.
— Tu demanderas un appui ,
Et nous te placerons auprès d'un invalide ; Il parlera pour toi, tu yçilleras pour lui.
— Un tel raisonnement me paraît peu solide ,
J« ne saurais ^^us Le nier^ - / / ■ ^ • .
Car je puis comme vous être fait prisonnier,
Ou courir mainte autre disgrâce \
Bloqué par le nombre , assie'gé ,
Surpris, étranglé sur la place ;
Que saisje? peut-étie égorgé.
Sans pouvoir prononcer le mot g , gr, gra , grâce.
LA CO^yE]NTIO>\
Cafard prit Luc à son service :
Or çà , lui dit-il , de tout temps Chez moi Ton fut sage , et j'entends Que l'on me suive au saint olHce , Et que tous les soirs en ceiieu On s'eTertue à prier Dieu , Ou du moins ces saintes images , Pour qu'il daigne nous pardonner.
Cela , dit Luc , dépend des ^A^ei Que TOUS avez à me donner.
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