‹ Contes, anecdotes, chansons et poésies diversesChapitre 71 sur 221 · LA RENCONTRE GASCONNE · texte numérisé non relu

LA RENCONTRE GASCONNE

ou L'AUTEUR LYRIQUE,

DIALOGUE

— Oh ciel î pressons un pu le' pds.i.* Mais non, je né mé trompe pas Semblable errur serait trop forte....

C'est Ribérac... — He' ! c'est Quercy !

— Comment te' portes^tu?— ^Bien , mon cher, dieu merci , ,.

— Je n'ai jamais été' surpris dé telle sorte! Je veux que lé diable m'emporte Si je croyais té voir ici.

Que fais-tu dans la capitale ?

— Ma foi , mon cher ami , j'étale Les talens que lé ciel m'a si bien départis.

Indécis sur plusieurs partis ,

Mais des arts toujours idolâtre ,

Je travaille pour lé théâtre. i Voilà cinq à six mois que je suis dans Paris, Et déjà, sans compter mes tours faits aux maris,

(Car tu sais que je m'en acquitte ) ,

Sans compter des romans , des drames du bon ton ,

Qui nuisent au Pied dé Mouton ,

126 GAS CONNADES.

J'ai fait un opéra du plus rare mérite.

Et qui tt^'a procuré déjà plus d'un cadeau ,

Des amis... — Ah ! monsieur travaillé pour Feydeau .

— Mé croirais-tu donc fait pour l'Opéra-comique, Où l'on entend souvent pleurer dé toutes parts? D'un genre bien plus gai , plus drôle , je mé pique ;

Me jugeant mieux, à tous égards, J'ai fait choix pour lancer mon humeur joviale,

et Dé V Académie royale , »

Ci-dévant théâtre des Arts :

Rienquéça,monpétit. — Bah! — Mais que dé fatigues,

Que dé démarches , que d'intrigues

Pour faire prendre un opéra î Aussi c'est lé dernier; en fasse qui voudra: J'y périrais , d'honnur ! — Qui t'en fit la musique?

— Un savant !... un savant , et qui ferait la nique A tous ces tapageurs , ces étoujffeurs dé voix , Qui, voulant lé changer, blessent lé goût sans cesse. Mes accompagnemens sont tous d'une richesse, D'un effet merveilleux. — En combien d'actes? — Trois — Tumé léferasvoir? — Oui; mais attends, dé grâce,

Laisse écouler encore un mois

Pour que lé premier feu se passe.

On Pa d«jà donné dix fois, Et dix fois lé public, plein d'une noble awdace ,

N'entrant qu'avec beaucoup d'efforks, Se portant, se foulant dans tous les corrido« ,

Dans l'orchestre arrivant en masse.

Força les musiciens d'abandonner leur place.

GAS€ONNADES. 127

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