‹ Contes choisisChapitre 2 sur 35 · VIEUX · texte numérisé non relu

VIEUX

de aux champs. Dans les ormes du cours, blancs de poussière, les cigales chantaient comme en pleine Crau. Il y avait bien sur la place de la mairie un âne qui prenait le soleil, un vol de pigeons sur la fontaine de l’église; mais personne pour m'indiquer l'orphelinat.

Par bonheur une vieille fée m'apparut tout à coup, accroupie et filant dans l'encoignure de sa porte; je lui dis ce que je cherchais, et, comme cette fée était très-puissante, elle n’eut qu'à lever sa quenouille, aussitôt le couvent des orphelines se dressa devant moi comme par magie. C'était une grande maison maussade et noire, toute fière de montrer au-dessus de son portail en ogive une vieille croix de grès rouge avec un peu de latin autour. A côté de cette maison, j'en aperçus une autre plus petite. Des volets gris, le jardin derrière...

Je la reconnus tout de suite et j’entrai sans frapper. Je reverrai toute ma vie ce long corridor frais et calme, Ia mu-

raille peinte en rose, le jardinet qui tremblait au fond à travers un store de.

couleur claire, et sur tous les panneaux des fleurs et des violons fanés. I] me semblait que j’arrivais chez quelque vieux bailli du temps de Sedaine... Au bout du couloir, sur la gauche, par une porte entr’ouverte, on entendait le tictac d'une grosse horloge et une voix d'enfant, mais d'enfant à l'école, qui lisait en s’arrétant à chaque syllabe :

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