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CONCLUSION

- Après le départ des Schwanthaler, il y eut dans Munich comme uñe épidémie de scandales. On vit successivement une chanoinesse enlever un baryton, le doyen de l'Institut épouser une danseuse, un conseiller aulique faire sauter la .coupe, *

le couvent des dames nobles fermé pour | tapage nocturne...

O malice des choses ! Il semblait que cette petite pendule était une fée, et qu'elle avait pris à tâche d’engorceler toute la:Bavière. Partout où elle passait, partggit Bu sonnait son joli timbre à l’évent, il affolait, détraquait les cervelles.

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f LA PENDULE DE BOUGIVAL. 391 n

jour, d'étape en étape, elle arriva jusqu'à la résidence; et depuis lors, savez-vous quelle partition le roi Louis, wagnérien enragé, a toujours ouverte sur son piano? — Les Maîtres chanteurs ?

— Non !... Le Phoque à ventre blanc !

Ça leur apprendra à se servir de nos pendules.

Ve

Dieu soit loué ! J'ai enfin des nouvelles de Tarascon. Tout le temps de Ja guerre, je n'avais pas vécu, j'étais d’une inquiétude !... Connaissant l’exaltation de cette bonne ville et l'humeur belliqueuse de ses habitants, je me disais: « Qui sait ce qu'a fait Tarascon ? S’est-il rué en masse sur les barbare ? S’est-il laissé bombarder comme Strasbourg, mourir de faim comme Paris, brüler vif comme Chateaudun ? Ou bien, dans un accès de patriotisme farouche, s'est-il fait sauter commg Laon et son intrépide citadelig?... » Rien de tout cela, mes amis. Tarascon n'a pas brülé, Tarascon

n’a pas sauté. Térascon est toujours à la même place, paisiblement assis au milieu des vignes, du bon soleil plein ses rues, du bon muscat plein ses caves, et le Rhône qui baigne cette aimable loggifté emporte à la mer, comme par le passé, l'image d'une ville heureuse, des reflets de. persiennes vertes, de jardins bien ratissés et de miliciens en tuniques neuves faisant l'exercice tout le Jong.du quai.

Gardez-vous de croire pourtant que Tarascon n'ait rien fait pendant la guerre. Il s’est au contraire admirablement conduit, et sa résistance héroïque, que je vais essayer de vous raconter, aura sa place dans Vhidtoire comme type de résistance locale, symbole vivant de la défense du midi.

LES ORPHEONS

Je vous dirai donc que, jusqu’à Sedan, nos braves Tarasconnais s'étaient tenus

chez eux bien tranquilles. Pour ces fiers /.0— enfants des Alpilles, ce n'était pas la patrie qui mourait la-hant; c’étaient les soldats de l’empereur, c'était l'Empire. Mais une fois le 4 septembre, la République, Attila campé seus Paris, alors, oui! Tarascon se réveilla, et Yon vit ce que c'est qu'une guerre nationale... Cela commenca naturellement par une manifestation d’orphéonistes.

Vous savez quelle rage de musique ils ont dans le Midi. A Tarascon.

surtout, c'est du délire. Dans les rues, quand vous passez, toutes les fenêtres chantent, tous les balcons vous secouent des romances sur la tête.

N'importe la boutique où vous entrez, il ya toujours au comptoir une guitare qui soupire, et les garçons de pharmacie eux-mêmes vous servent en fredonnant : le Rossignol — et le Lutht:" espagnol — Tralala — lalalala. En dehors de ces concerts privés, les Tarasconnais ont la fanfare de læ ville, la

mus !

fanfare du collége et je ne sais combien de sociétés d’orphéons.

C'est l'orphéon de Saint-Christophe et son admirable chœur à trois voix :

Sauvons la France, qui donnèrent le branle au mouvement national.

« Oui, oui, sauvons la Ftance! »

criait le bon Tarascon en agitant des mouchoirs aux fenétres, et les hommes battaient des mains, et les femmes envoyaient des baisers à l’harmonieuse phalange qui traversait le cours sur quatre rangs de profondeur, bannière en tête et marquant fièrement le pas.

L’élan était donné. A partir de ce jour, la ville changea d’aspect : plus de guitare, plus de barcarolle. Partout le luth espagnol fit place à la Marseillaise, et, deux fois par semaine, on s’étouffait pour entendre la fanfare du collége jouer le Chant du Départ. Les chaises coûtaient des prix fous.

Mais les Tarasconnais ne s’en tinrent pas là. °

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