‹ Contes de la CascogneChapitre 11 sur 22 · LE COEUR MANGÉ · texte numérisé non relu

LE COEUR MANGÉ

punir, tout à l'heure je te plumerai, je te ferai cuire tout vif.

— Adieu, belle. Attendez-moi, le soir de la Saint-Luc, sur le seuil de votre maison.

Le soir de la Saint-Luc, la belle attendait sur le seuil de sa maison.

— Mère, mère, mon galant ne revient pas.

— A table, ma fille. Ton galant arrivera pendant le souper.

Après souper, la belle attendait sur le seuil de sa maison.

— Mère, mère, mon galant ne revient pas.

— Au lit, ma fille. Ton galant arrivera demain matin.

La belle alla se coucher. — Mais à minuit, elle se leva doucement, bien doucement, et attendit sur le seuil de sa maison.

— Bonsoir, belle. Le Roi des Aigles est plus fort que moi. Cherchez qui vous le donne, qui vous le donne prisonnier dans une cage de fer.

— Galant, quel est ce trou rouge à ta poitrine ?

— Belle, c'est la place de mon cœur. Le Roi des Aigles l'a mangé. — Nous n'épouserons jamais, jamais.

Et le galant s'en alla dans la nuit noire. — Le lendemain, la belle se rendit religieuse dans un couvent de Carmélites, et porta le voile noir jusqu'à la mort.

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