‹ Contes de La FontaineChapitre 15 sur 93 · L’H ERMITE · texte numérisé non relu

L’H ERMITE

Seule s’entend ; la lille demeura ;

Tout doucement il vous l’apprivoisa ;

Lui prit d’abord son joli bras d’ivoire;

Puis s’approcha, puis en vint au baiser,

Puis aux beautés que l’on cache à la vue,

Puis le galant vous la mit toute nue,

Comme s’il eût voulu la baptiser.

O papelards, qu’on se trompe à vos mines! Tant lui donna du retour de Matines,

Que maux de cœur vinrent premièrement,

Et maux de cœur chassés Dieu sait comment. En lin finale, une certaine enflure La contraignit d’alonger sa ceinture,

Mais en cachette, et sans en avertir Le forge-Pape, encore moins la mere ;

Elle craignoit qu’on ne la fit partir :

Le jeu d’ Amour commençoit à lui plaire. Vous me direz : D’où lui vint tant d’esprit? D’où ? De ce jeu ; c’est l’arbre de science. Sept mois entiers la galante attendit ;

Elle allé gua son peu d’expérience.

Dès que la mere eut indice certain De sa grossesse, elle lui fit soudain Trousser bagage, et remercia l’hôte.

OU FRERE EUCE

Lui de sa part rendit grâce au Seigneur,

Qui soulageoit son pauvre serviteur.

Puis, au départ, il leur dit que sans faute, Moyennant Dieu, l’enfant viendroit à Lien : Gardez pourtant, Dame, de faire rien Qui puisse nuire à votre géniture.

Ayez grand soin de cette créature,

Car tout bonheur vous en arrivera.

Vous régnerez, serez la Signora,

Ferez monter aux Grandeurs tous les vôtres, Princes les uns, et Grands Seigneurs les autres, Vos Cousins Ducs, Cardinaux vos Neveux : Places, Châteaux, tant pour vous que pour eux, Ne manqueront en aucune maniéré,

Non plus que l’eau qui coule en la rivière.

Leur ayant fait cette prédiction,

11 leur donna sa bénédiction.

La Signora, de retour chez sa mere, S’entretenoit jour et nuit du Saint Pere, Préparoit tout, lui faisoit des béguins ;

Au demeurant, prenoit tous les matins La couple d’œufs ; attend oit en liesse Ce qui viendroit d’une telle grossesse :

Mais ce qui vint détruisit les Châteaux,

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