L’ORAISON DE SAINT JULIEN
Des Oraisons, dira quelqu’un de ceux Dont j’ai parlé. Trois gens par devers eux Ont un roussin et nombre de pistoles ;
Qui n’auroit cru ees gens-la fort chanceux ? Aussi font-il florès et caprioles,
Mauvais présage, et, tout gais et joyeux Sont sur le point de partir leur chevance, Lorsqu’on les vient prier d’une autre danse. En contr’échange un pauvre malheureux S’en va périr selon toute apparence,
Quand sous la main lui tombe une beauté Dont un Prélat se seroit contenté.
Il recouvra son argent, son bagage,
Et son cheval, et tout son équipage,
Et, grâce à Dieu et Monsieur Saint Julien, Eut une nuit qui ne lui coûta rien.
P. Martin L sr
•at/oruji