‹ Contes de La FontaineChapitre 53 sur 93 · LE BAT · texte numérisé non relu

LE BAT

Un peintre étoit, qui, jaloux de sa femme, Allant aux champs, lui peignit un baudet Sur le nombril, en guise de cachet.

Un sien confrère, amoureux de la Dame,

La va trouver, et l’âne efface net,

Dieu sait comment ; puis un autre en remet Au même endroit, ainsi que bon peut croire. A celui-ci, par faute de mémoire,

Il mit un bât; l’autre n’en avoit point. L’époux revient, veut s’éclaircir du point : Voyez, mon fds, dit la bonne commere ;

L’âne est témoin de ma fidélité.

— Diantre soit fait, dit l’époux en colere,

Et du témoin, et de qui l’a bâté !

Page 1