‹ Contes de La FontaineChapitre 72 sur 93 · LA COUTURIERE · texte numérisé non relu

LA COUTURIERE

La nuit vint : c’étoit grand dommage, Quand on a le coeur à l’ouvrage.

11 fallut le quitter : Adieu, ma Soeur, bon soir.

— Couturière, jusqu’au revoir.

Et ma Sœur fut au réfectoire Un peu tard, et c’est là le fâcheux de l’histoire. L’Abb esse l’apperçut, et lui dit en courroux : Pourquoi donc venir la derniere ?

— Madame, dit la Sœur, j’avois la Couturière.

— Vos guimpes ont donc bien des trous, Pour la tenir une journée entière ?

Quelle besogne avez-vous tant chez vous,

Où jusqu’au soir elle soit nécessaire?

— Elle en avoit encor, dit-elle, pour veiller.

Au métier qu’elle a fait on a beau travailler,

On y trouve toujours à faire.

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