‹ Contes de La FontaineChapitre 76 sur 93 · LA CH UC ILE · texte numérisé non relu

LA CH UC ILE

Quel bruit va faire sa Maîtresse,

De sa nature très diablesse!

Comment éviter son courroux ?

Quel emportement! Que de coups!

Oserais-je jamais me r’offrir à sa vue ?

Aon, non, dit-elle; enfin il faut que je me lue : Tuons-nous. Par bonheur un voisin près de là Accourut, entendant cela ;

Et, pour consoler l’affligée,

Lui chercha les raisons les meilleures qu’il put Mais pour bon orateur qu’il fut,

Elle n’en fut point soulagée ;

Et la belle, toujours s’arrachant les cheveux, Faisoit couler deux ruisseaux de ses yeux ;

Enfin vouloit mourir; la chose é toi t conclue.

Eh bien ! veux-tu que je te tue ?

Lui dit-il. — Volontiers. Lui, sans autre façon, Vous la jette sur le gazon,

Obéit à ce qu’elle ordonne ;

A la tuer des mieux apprête ses efforts,

Leve sa cotte, et puis lui donne D’un poignard à travers le corps.

On a grande raison de dire Que pour les malheureux la mort a ses plaisirs

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