LA CH UC ILE
Quel bruit va faire sa Maîtresse,
De sa nature très diablesse!
Comment éviter son courroux ?
Quel emportement! Que de coups!
Oserais-je jamais me r’offrir à sa vue ?
Aon, non, dit-elle; enfin il faut que je me lue : Tuons-nous. Par bonheur un voisin près de là Accourut, entendant cela ;
Et, pour consoler l’affligée,
Lui chercha les raisons les meilleures qu’il put Mais pour bon orateur qu’il fut,
Elle n’en fut point soulagée ;
Et la belle, toujours s’arrachant les cheveux, Faisoit couler deux ruisseaux de ses yeux ;
Enfin vouloit mourir; la chose é toi t conclue.
Eh bien ! veux-tu que je te tue ?
Lui dit-il. — Volontiers. Lui, sans autre façon, Vous la jette sur le gazon,
Obéit à ce qu’elle ordonne ;
A la tuer des mieux apprête ses efforts,
Leve sa cotte, et puis lui donne D’un poignard à travers le corps.
On a grande raison de dire Que pour les malheureux la mort a ses plaisirs