PRÉFACE
Baltique, mes compatriotes, comme ils sont en réalité, comme ils vivent, comme ils aiment, comme ils marchent, comme ils boivent, comme ils mangent et comme ils dorment!
C'est bien hardi! dira-t-on. Quoi! un homme inconnu se fait le représentant d'autres inconnus? — C'est vrai, j'avoue ma hardiesse, mais j'ai compté sur la complaisance habituelle des Français pour les étrangers; et puis, d'ailleurs, cliers lecteurs, n'avez-vous pas toujours la faculté de nous mettre à la porte, moi et mes compatriotes ? N'ignorant pas votre pouvoir à cet égard, j'ai donc fait mon possible pour vous plaire.
C'est pourquoi j'ai commencé par une petite histoire de ma vie, dans la doul)le intention de donner quelques détails sur moi-même et de suivre le précepte du proverbe doré : « Votre vie doit être un Uvre que tout le monde puisse feuilleter ! » Je ferai en même temps le portrait des personnes que j'ai rencontrées jusqu'ici ; peut-être alors trouvera-t-on qu'une histoire véritable est meilleure qu'une histoire, de fantaisie, et j'espère aussi que généralement on voudra bien y voir quelque morale, même dans les erreurs elles fautes. La morale ne serait-elle que celle-ci : « Evite les fautes, imite ce que tu trouveras bon ! »
Les Contes de la mer Baltique ne sont pas réellement des contes, ce sont des histoires, des nouvelles, des épisodes, des études dramatiques, etc. J'ai choisi ce titre pour pouvoir, à mon gré, servir à mes lecteurs, suivant