‹ Contes de la Mer BaltiqueChapitre 10 sur 33 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LISETTE, GUEUSAUDIN.

GUEUSARDIN.

Monsieur Pelfeu est-il ici?

LISETTE^ mystérieusement.

Chut ! ne troublez pas le ministre !

GUEUSARDIN.

Que me chantez-vous là? Le ministre? Je vous parle do monsieur Pelfeu, qui me doit de l'argent, où est-il?

LISETTE

Heureux, mortel I (Le preuaut à part.) Vous parlez de monsieur Pelfeu? l'.h bien! (Regardant de tous côtés pour voir si personne

ne peut entendre.) oh bien 1 c'cst un ministre! Il est ici incognito! — Chut! je vous le dis en secret!

GUEUSARDIN.

Serait-il vrai?

LISETTE

C'est aussi vrai qu'à nous deux, nous faisons trois! — Non, je veux dire qu'à nous trois, nous faisons deux... c'est-à-dire que tous les deux, nous sommes deux! Je suis si contente que je ne sais plus ce que je dis !

GUEUSARDIN.

Voyons, voyons, ma petite fille, en es-tu bien sure au moins ?

LISETTE

Sans doute! Le préfet est venu !o voir et l'a embrassé

sur les iiiains, alors il a dit au préfet, qui éiait toul tremblant : — Monsieur, je suis incognito, et j'espère qu'on ne peut pas voir le puissant niinistre dans ma personne 1

GCEUSARDIN.

En vérité I — (a part.) Il y a qnelque chose à faire!

LISETTE

Il a dit ensuite qu'il connaissait déjà beaucoup de mystères de la ville, mais qu'il démasquerait les méchants et sauverait l'innocence pour la récompenser.

GUEUSARDIN.

Mais je suis l'innocence^ moi! Parbleu! je suis innocent!

LISETTE

Chut ! N'en dites rien à personne! c'est un grand secret. — Je cours dans la ville pour le raconter secrètement ! (eiu

sort eu courant.)

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