‹ Contes de la Mer BaltiqueChapitre 8 sur 33 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PELFEU, LISETTE, un panleir de linge au bras. LISETTE, comptant sur ses doigts.

Vingt et vingt font trente-huit, et six devants de chemise à deux sous chaque font cinquante sous ; plus trois bas, à un sou chaque, font cinquante-quatre sous! — Il ne me payera peut-être pas encore aujourd'hui î Ah! le voilà! 11 parle tout seul, il ne sait pas que je suis là I (Faisant la révérence.) Bonjour, monsieur !

PELFEU, sans la voir, déclamant.

(I Je suis incognito, et j'espère qu'on ne peut pas voir le puissant ministre dans ma personne ! »

LISETTE, à part.

Tiens! tiens! tiens! c'est un ministre! Ahl si je Tâtâls su, j'aurais été plus polie avec lui!

P EL FEU, déclamant.

0 Je suis incognito! — Mais si, après quelques jours, je

jctle mon masque, je punirai le vice et récompenserai la vertu ! »

LISETTE, émue, s'essuyant les yeux avec îon tablier.

Le grand homme I Mais voyez doue ! quel air de dignité î

PELFEU, déclamant.

c Je connais déjà un grand nombre de mystères de cette ville, mais je démasquerai les méchants: je vais sauver l'innocence et la récompenser ! »

LISETTE, pleurant.

Ahl Eicellence! que Dieu vous bénisse!

PELFEU, éternuant.

Merci, mon enfant! — Mais je n'ai pas le temps maintenant; revenez demain! — (Déclauiant.) — « Je suis incognito, et j'espère qu'on ne peut pas voir le puissant ministre dans

ma personne! u (ll rentre en déclamant dans sa chambre.)

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