SCÈNE X
les Précédents, MARGUERITE accourant au bruit.
marguerite.
Sire!... sire!... qu'y a-t-il?
François i"1', avec exaspération.
S'il croit, en me tenant captif, tenir la France enchaînée, s'il espère lui imposer des sacrifices pour ma rançon, il se trompe, il n'aura rien. Son prisonnier lui échappera. marguerite.
Comment !
FRANÇOIS Ier.
Attends, attends! (// se met à la table à droite.)
MARGUERITE
Sire, que voulez-vous faire?
HENRI
Quel est votre dessein? (Écoutant près du tableau de saint Pacôme.) C'est singulier!... derrière ce tableau j'ai cru entendre .. Non, non!...
François Ier, après avoir écrit avec agitation, se lève et dit en passant entre eux :
Henri!. .. ma sœur !... veillez bien sur cet écrit, dérobez-le à tous les yeux. Défendez-le, au prix même de votre sang , car il faut qu'il parvienne entre les mains de ma mère , de Louise de Savoie, régente de Franco ! . . .
Je vous le jure... Mais qu'est-ce donc?
FRANÇOIS Ier.
Tiens!... tiens!... je te le confie.
marguerite, le regardant, et poussant un cri.
Ah! votre acte d'abdication'.'
FRANÇOIS 1er.
En faveur de mon fils, le Dauphin, et maintenant Charles- Quint aura beau faire, le roi n'est plus à Madrid, il est en France.
HENRI
Sire!... sire!...
FRANÇOIS Ier.
Non... François Ier n'est plus rien... qu'un simple gentilhomme, qu'on pourra torturer peut-être, mais dont la main ne peut plus signer de traité, et qui, du fond de sa prison, peut s'écrier encore : Que Dieu sauve la France !
{Le roi est debout. — Henri et Marguerite sont tous les deux à ses genoux-)