‹ Contes de MadagascarChapitre 48 sur 75 · L’HOMME ET LE MOUSTIQUE · texte numérisé non relu

L’HOMME ET LE MOUSTIQUE

FABLE BAR A

Recueillie à Befandriana ( province de Tulear).

Jadis Raolombelona et Rekehitsa étaient amis ; même ils firent ensemble le faticira, et, en buvant le sang de Raolombelona, Rakehitsa trouva qu'il était exquis. Il alla vers les autres moustiques et leur dit : « Nous nous donnons beaucoup de mal pour trouver du sang. Pourquoi négliger celui de notre frère, car il est très bon. » Et un autre moustique dit : « Nous lui rendrons visite et nous en profiterons pour boire son sang ; de cette manière il n’aura pas à nous faire cuire du riz, ni à prendre de l’eau pour le préparer, ni à chercher du kitay, ni à acheter du Iaoka ; c'est un repas très frugal que nous lui demanderons. »

Raolombelona était endormi et ronflait quand ses visiteurs arrivèrent ; ils firent le haody habituel (demandèrent la permission d’entrer), mais

T. II

Raolombelona ne les entendit pas et ne répondit rien. « Bzz, Bzz ! firent les moustiques, [cela tombe bien ( i ),] entrons! » Ce disant, ils entrèrent, se posèrent sur l’homme et burent son sang. Mais Raolombelona se réveilla en sursaut, fort en colère, et s’écria : « Je vais vous écraser ! Est-ce ainsi qu’on se conduit à l’égard d’un frère de sang ?» Etpaf ! paf ! paf! les moustiques furent aplatis.

Depuis ce temps, dit-on, l'homme et les moustiques ne sont plus frères. Si l’homme 'trouve un moustique, il l’écrase ; si le moustique rencontre un homme, il le pique pour boire son sang.

(i) Nous avons traduit par « cela tombe bien »un proverbe malgache ainsi conçu : « Nous cherchons des toUo (pierres pour faire destrépieds) et nous trouvons des pierres » [c’est à dire nous cherchons ce dont nous avons besoin et nous le trouvons précisément].

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