‹ Contes de Noël [microforme]Chapitre 1 sur 24 · EEE TE PERRET RES EU · texte numérisé non relu

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Voici notre petite bibliothèque canadienne qui s'enrichit aujourd'hui d'un nouveau volume; et, chose assez insolite chez nous, ce volume est signé d'un nom de femme.

La signature était-elle bien nécessaire cependant pour accuser cette particularilé ?

Non.

Car, autant le pseudonyme de Josette

voile peu la gracieuse personalité qu'il a

la prétention de couvrir, autänt la fémi-

near, nité— pour me servir d'un néologisme mis

à la mode par les psychologues du jour — autant la féminité de l'auteur se trahit à chaque page, je pourrais dire à chaque Lhrase, dans des légèretés de dessin et des fraicheurs de teintes, que l'homme au Pinceau le plus délicat ne parvient Îresque jamais à atteindre.

Tournures câlines, sous-entendus discrets, colloques semés d'incohérences en- J'antines, petits mots doux et tendres comme des baïsers, tout révèle la femme, la femme jeune et aimante, dont — pour des bébés surtout — la main est une caresse, de bras un oreiller, la voix une chanson

d'amour.

En lisant ces bluettes, — car il s'agit de simples bluettes, de contes Si vous aimez mieux, — on s'arrête malgré soi devant tel détail suisi sur le vif, telle nuance finement observée, telle vague ébauche dont les contours perdus laissent deviner quelque délicieux profil; et l'on s'avoue in petto qu'un doigt de femme pouvait seul crayonner avec cette souplesse, qu'on dirait inconsciente.

En effet, ce qui caractérise peut-être plus quetoute autre chose le style de l'intéressant petit volume que je Suis chargé de présenter au lecteur, c'est une absence de

toute recherche, une facilité naturelle, une

allure indépendante et prime-sautière, qui

donnent l'impression de quelqu'un loissant couri sa plume sur le papier sans le moindre effort, sans aucunement s'inquiéter de bien dire, et — sans s'en douter le moins du monde — racontant merveilleusement des choses charmantes.

Car ils sont tout pleins de choses charmantes, ces petits Contes de Noël gui respirent tant de suavité naïve, et qui

évoquent autour de vous tout un essaim

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de Souvenirs ailés papillonnant à votre

oreille avec les échos des vieux chants d'église et des joyeux carillons d'autrefois.

ÎIs vous bercent.

ÎIs vous rajeunissent.

Ts ressuscitent sous vos yeux mille figures lointaines, mille horizons oubliés.

JTs vous chuchotent je ne sais quelles ressouvenances qu'on écoute le cœur attendrti, et quelquefois même avec une larme

tremblante au bout des cils.

Pour ma part, j'ai passé une heure bien douce à parcourir ces pages toutes vibrantes d'émotions intimes, et je suis heureux que l'auteur me permette de lui en offrir ict même mon remerciment sin-

cère avec mes confraternelles félicitations.

Toute jeune encore, depuis trois ou quatre ans déjà, la charmante conteuse

s'était fait remarquer dans la presse; et

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Dius d'une fois ses jolies nouvelles, toutes empreintes d'un rare cachet de distinction, avaient attiré l'attention de ceux qui, Parmi nous, cultivent les lettres ou s'occupent des choses de l'esprit.

Il y a quelques mois à peine, à Québes, elle révélait son talent pour la scène dans

une petite pièce dont le succès fut éclatant.

Ces débuts pleins de promesses, elle Les confirme aujourd'hui par un premier volume, qui n'est sans doute que La pre:

mière perle de tout wn écrin.

Les qualités d'écrivain dont elle y fait

preuve lui donnent droit à une place mar-

guante dans notre petit monde littéraire ;

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et, s'ils me permettent de me faire ici leur interprète, je crois pouvoir lui offrir, au nom de mes confrères de la plume, la plus sympathique et la plus cordiale bienvenue.

Tous s'empresseront même, j'en suis sûr de lui céder un siège d'honneur, à une condition cependant — et cette condition, la voix du patriotisme l'impose — c'ést que ce premier ouvrage soit bientôt suivi de plusicurs autres.

Pour ma part, je lui dirai en lui tendant la main :

— Madame, vous êtes maintenant dé-

bitrice d'un créancier qui a le droit d'être

impitoyable, parce qu'il parle au nom de

tous, le Public.

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ER

de ie nt LS Vous avez écrit les Contes de Noël.

Tant pis pour vous :

Noblesse oblige.

LOUIS ZRECHETTE.

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