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62 CONTES DE NOEL tn ends ne on a a
pas pour acheter un morceau de pain lorsqu'elles se sentent mourir d'inanition !
Cela me parut absurde, et je résolus d'aller tout de suite rendre son méchant bonnet à la demoiselle, afin de rapporter les sous à la pauvrette.
Après avoir couru longtemps, cherchant en vain le magasin aux bonnets, je m'arrêtai, désolée, haletante, à bout de forces; puis, à la pensée de celles qui m’attendaient làbas, le cœur palpitant d'espérance, je
repris ma course stérile. …
Le matin, à mon réveil, petit frère gazouillait dans son berceau, non loin
de moi, etje voyais les vitres, toutes rouges et d’or, étinceler à travers le rideau de mon lit.
En ouvrant bien les yeux, je découvris à mes pieds une ravissante poupée !… Le plus joli bébé, avec une masse de cheveux bruns, frisés comme une toison !
Folle de joie, je me mis à courir pour montrer dans toute la maison le
cadeau du Petit Jésus.
J'embrassais tout le monde; je berçais mon joli bébé en chantant ; — je caressais ses boucles soyeuses en lui contant toutes sortes de choses,
Ah! j'étais bien heureuse!
En regardant les yeux bleus de
Mimie (ma poupée avait été baptisée tout de suite, naturellement), certain souvenir qui me revint me rendit toute triste.
— Papa, dis-je, en jetant mes bras autour de son cou, veux-tu me faire un bien grand plaisir ?
— Mais oui. On ne refuse rien à sa petite fille le jour de l'an, répondit ce cher petit père, qui me gâte beaucoup, paraît-il, que désires-tu ?
Je racontai alors tout ce qui s'était passé, et, joignant mes mains avec ferveur, comme pour prier lebon Dieu, je le suppliai de nous amener les deux mendiantes pour les réchauffer et me laisser partager mes bonbons avec la douce enfant.
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— Mais nous ne les connaissons pas, cher ange, objecta mon père en m’embrassant avec tendresse.
— Oui, oui, reprit maman, je crois les connaître. Cette pauvre aveugle €st l’aïeule et le seul support de six orphelins, dont la mère est morte de privations l’automne dernier.
— Veux-tu, petite mère ? répétai-je tout bas.
Elle me prit sur ses genoux et me pressa sur son cœur, en promettant de m'accorder tout ce que je deman-
derais.