L. petite rue que je n'avais jamais vue
| devant une vieille masure.
l Oh! que c'était noir et triste là-
ë dedans! Pas de feu, pas de lits
| blancs, rien! Tous les petits frères,
ñ appuyés sur les genoux de la grand’
; mère, pleuraient amèrement en lui
L demandant du pain. Marie (c’est le
| nom de la mendiante) avait ses
‘| bras autour du cou de son aïeule,
{ Jacques tira de dessous le siège de
| ‘l y è fl
LE REVE D’ANYOINETTE 67
la voiture un grand panier qu'il emporta dans la maison.
Figurez-vous que maman y avait entassé des robes, des bas, des gâteaux, du vin, du pain, des poulets, des bonbons... Je donnai tous les miens aux petits frères, qui me faisaient rire aux larmes en les avalant tout ronds.
Je prêtai aussi ma poupée à Marie.
Elle osait à peine y toucher, et disait avec admiration à la vieille aveugle:
— Oh! grand’mère! situ voyais comme elle est gentille. Un vrai bébé vivant !
La pauvre grand'maman pleurait, elle... C’est drôle comme les vieilles gens pleurent toujours, même quand
ils sont heureux.
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Elle tenait les mains de maman et disait en secouant sa tête blanche :
— Que le bon Dieu vous bénisse, bonne petite dame! Que le bon Dieu vous bénisse!
Elle répétait constamment les mêmes paroles en sanglotant.
Mais les orphelins étaient bien heureux.
Ils dévoraient les tartines que Marie leur distribuaïit, et allaient tous en offrir un morceau à leur bonne vieille
maman.
— Ne sois pas triste, grand’mère,
nous n'avons plus faim! criaient-.!s tous ensemble, sans toutefois perdre
l'occasion d’enlever d'énormes bou-
chées à leurs gâteaux ébréchés.
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PS RÉ © Cd D A MER de
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