‹ Contes de PerraultChapitre 10 sur 20 · LA PETITE PANTOUFLE DE VERRE · texte numérisé non relu

LA PETITE PANTOUFLE DE VERRE

L était une fois un gentilhomme (|ui épousa en secondes noces une femme, la ])lus liautaine et la plus fière qu'on eût jamais vue. Elle avait deux filles de son humeur, et qui lui ressemhlaient en toutes choses. Le mari avait de son côté une jeune lille, mais d'une douceur et d'une honte sans exemple : elle tenait cela de sa mère, (pii était la meilleure personne du monde.

Les noces ne furent pas plus tôt faites, que la helle-mère fit éclater sa mauvaise humeur : elle ne put souffrir les honnes qualités de cette jeune eid'ant. qui rendaient ses filles encore plus haïssahles. Elle la chargea des plus viles occupations de la maison : c'était elle (pii nettoyait la vaisselle et les montées \ qui frottait la chamhre de madame et celles de mesdemoiselles ses filles ; elle couchait tout an haut de la maison, dans un grenier, sur une méchante paillasse, pendant que ses sœurs étaient dans des chamhres parquetées, où elles avaient des lits des plus à la mode, et des miroirs où elles se voyaient depuis les pieds jusqu'à la tète. La pauvre fille ; ouffrail tout avec patience, et n'osait se plaindre à son père, (pii l'aurait grondée, parce (pie sa femme le gouvernait entièrement.

Lorsqu'elle avait fait son ouvrage, elle allait se mettre au coin de la cheminée, et s'asseoir dans les cendres, ce (|ui faisait (pi'ou l'appelait communément dans le logis

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