‹ Contes des fées [microforme]Chapitre 26 sur 50 · À = NN · texte numérisé non relu

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maître, il déclara publiquement son mariage, et alla en grande cérémonie quérir la reine sa femme dans son château. On lui fit une en.

trée magnilique dans la ville capitale, où clle entra au milieu de ses deux enfants. Quelque temps après, le roi alla faire la guerre à l’empereur Cantalabutte, son voisin. Il laissa la régence du LE à la reine sa mère, et lui recommanda fort sa femme et ses enfants.

11 devait être à la guerre tout l'été ; et, dès qu'il fut parti, la reine-mère envoya sa bru et ses enfants à une maison de campagne dans les bois, pour pouvoir plus aisément assouvir son horrible envie. Elle y alla quel ues jours après, et dit un soir à son maitre d'hôtel :— Je veux manger demain à mon diner la petite Aurore.—Ah ! madame ! dit le maitre d’hôtel.—Je le veux, dit la reine (etelle le dit d’un ton d’ogresse qui a envie de manger de la chair fraîche), et je la veux manger à la sauce Robert. Ce pauvre homme, voyant bien qu'il ne fallait pas se jouer à une ogresse, prit son grand couteau et monta à la chambre de la petite Aurore: elle avait pour lors quatre ans, 2t vint en sautant et enriant ge Jeter à son cou, et lui demander du bonhon. Il se mità pleurer; le couteau lui tomba des mains, et il alla dans l& basse-cour couper la gorge à un petit agneau, et lui fit une si bonne sauce, que sa maîtresse l’assura qu'elle n’avait jamais

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rien mangé de si bon.Il avait emporté en même temps la petite Aurore, et l'avait donnée à sa femme pour la cacher dans ie logement qu’elle avait au fond de la basse-cour. Huit jours après, la méchante reine dit à son maitre d'hôtel:—Je veux manger à mon souper le petit Jour. li: ne répliqua pas, résolu de la tromper comme l’autre fois. Il alla chercher le petit Jour, et le trouva avec un petit fleuret à la main, dont il faisait des armes avec un gros singe ; il n'avait pourtant que trois ans. Il le porta à sa femme, quil gacha avec la petite Aurore, et donna, à la pläce du petit Jour, un chevreau fort tendre, que l’ogresse trouva admirablement bon.

Cela était fort bien allé jusque-là ; mais un soir, cette méchante reine dit au maître d'hôtel :—Je veux manger la reine à la même sauce que ses enfants, Ce fut alors que le pauvre maître d'hôtel désespéra de la pouvoir encore tromper. La jeune reine avait se ans passés, sans compter les cent ans qu’elle avait dormi ; sa peau était un peu dure, quoi-

ue belle et blanche; et le moyen de trouver os sa ménagerie une bête aussi dure que cela! 11 prit la résolution, pour sauver sa vie, de couper la gorge à la reine, et monta dans sa chambre dans l'intention de n’en pas faire à deux fois. Il s’excitait à ls fureur, et entra le poignard à la main dans la chambre de la

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