‹ Contes des fées [microforme]Chapitre 32 sur 50 · VV · texte numérisé non relu

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qe

ter : lorsqu’ou sacrifie tout à la vertu, les

irux savent en récompenser. Allez, j'aurai soin que votre toilette vous suive partout ; en quelque lieu que vous vous arrêtiez, votre cassette, où seront vos habits et vos bijoux, suivra vos pas sous terre, et voici ma

aguette que je vous donne; en frappant la

terre quand vous aurez besoin de cette cassette, elle paraîtra devant vos yeux; mais hâtez-vous 3 partir, et ne tardez pas.

L'infante embrassa mille fois sa marraine, la pria de ne pas l’abandonner, s’affubla de cette vilaine peau, après s’être barbouillée de suie de cheminée, et sortit de ce riche palais sans être reconnue par personne,

L'absence de l’infante causa une grande rumeur. Le roi, au désespoir, qui avait fait pes une fête magnifique, était inconsoable. 11 fit partir plus de cent gendarmes et plus de mille mousquetaires pour aller à la quête de sa fille; mais la fée qui la protégeait la rendait invisible aux plus habiles recherches : ainsi il lui fallut bien s’en consoer.

Pendant ce temps l’infante cheminait. Elle alla bien loin, bien loin, encore plus loin, et cherchait partout une place ; mais quoique nd charité on lui donnât à manger, on la

uvait si crasseuse, que personne n’en voulait. Cependant elle entra dans une belle ville,

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à la porte de laquelle était une métairie, dont la fermière avait besoin d’un souillon pour laver les torchons et nettoyer les dindons et lauge des cochons. Cetie femme, voyant celle voyageuse si malpropre, lui proposa d'entrer chez elle, ce que l’infante accepta de grand cœur, tant elle était lasse d’avoir tant marché. On la mit dans un coin de la cuisine, où elle fut les premiers jours en butte aux plaisanteries grossières de la valetaille, tant sa peau d’âne la rendait sale et dégoûtante.

Enfn on s’y accoutuma ; d'ailleurs elle était si soigneuse PA remplir ses devoirs, que la fermière la prit sous sa protection. Elle conduisait les moutons, les faisait nr au temps où il le fallait; elle menait les dindons paître avec une telle intelligence, qu'il semblait qu’elle n’eût jamais fait autre chose ; aussi tout fructifiait sous ses belles mains.

Un jour qu'assise près d’une claire fontaine, où elle déplorait souvent sa triste condition, elle s'avisa de s'y mirer, l’effroyable peau d’âne qui faisait sa coiffure et son habillement l'épouvanta. Honteuse de cet ajustement, ella se décrassa le visage et les mains, qui devinrent plus blanches que l’ivoire, et son beau teint reprit sa fraicheur naturelle. La joie de se trouver si belle lui donna envie de s’y bai gner, ce qu’elle exécuta ; mais il lui fallut remettre son indigne peau pour retourner À ls

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